Cl. Bernard, Phtjsiologie opératoire, 1879, page
mailles du tissu, et entraîne avec lui les globules blancs qui s’y développent incessamment. On trouvera dans les traités d’histologie les détails de structure qu’affecte ce tissu pour constituer et les corpuscules de Mcilpighi et la substance de la pulpe de la rate, mais on reconnaîtra toujours au milieu de ces variétés, grâce aux travaux de Gray, de Billroth, de Schweigger-Seidel et de W. Müller, on reconnaîtra toujours le tissu connectif adénoïde (lymphoïde), c’est-à-dire un amas de ganglions lymphatiques plus ou moins fusionnés et dans lesquels les conduits lymphatiques sont remplacés par des vaisseaux sanguins : en un mot, la rate est une glande lymphatique sanguine (H. Frey).
Aussi, lorsque la rate est détruite ou enlevée, on constate une hypertrophie générale des autres glandes lymphatiques, qui semblent se mettre en état de suppléer la rate dans la formation des globules blancs : cette hypertrophie des ganglions lymphatiques a été constatée chez les animaux après l’ablation de la rate, et chez l’homme après sa dégénérescence ou sa destruction (Fuhrer).
Ce rapide aperçu anatomique concorde d’une façon très précise avec les fonctions que quelques auteurs ont attribuées à la rate. Sans parler de son influence indirecte et encore bien énigmatique sur les fonctions de la digestion, influence que nous aurons à étudier plus tard, la rate devrait être essentiellement considérée comme un lieu deformation des globules blancs , au même titre que toutes les glandes lymphatiques : aussi le sang veineux splénique estil singulièrement riche en globules lymphatiques ; tandis que le sang artériel qui y entre en contient 1 sur 320 rouges, le sang veineux qui en sort en contient 1 sur 60 (His) et même 1 sur 5 ou 4 (Yierordt, Funke). Quant à son action sur les globules rouges, elle est encore si difficile à déterminer que pour les uns la rate est un lieu de destruction de ces éléments (Béclard, Külliker), tandis que pour les autres elle serait un atelier de formation des globules
rouges (Funke, J. Bennett).
On invoque en faveur du rôle destructeur des globules rouges les faits suivants : un animal auquel on extirpe la rate supporte plus longtemps l’inanition qu’un animal intact.