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VOIES DE L'ABSORPTION

c'est qu'en effet, la graisse que l'on trouve dans ce sang c'est pas dans le mémo étal que dans le chyle; ehez les mammifères, cen'esl jamais delà graisse libre ; ce sont des graisses saponifiées. Elles ont sans doute été saponifiées par le choléate de soude de la bile.

i plupart des substancestoxiques sont absorbées par la voie des veines : l'intoxication étant très rapide, les poisons ne peuvent avoir passé par la voie des lymphatiques.

Les métaux absorbés à l'état de sels métalliques s'accumulent dans le foie. Ce fait est très important en ce qu'il nous montre le foie comme retenant une forte proportion de matières alimentaires pour les modifier. Et, en effet, l'albumine est transformée en arrivant par la veine porte au contact des cellules hépatiques.

Nous voyons, en somme, que les notions précises sur l'acte intime de l'absorption sont encore incomplètes. Nous nous sommes attachés ici à étudier ces phénomènes au point de vue de l'action qu'exercent les ce-// w/es vivantes^ travers lesquelles se fait l'absorption. Pour nous, ce travail d'absorption est essentiellement le fait de ces cellules. Aussi nous sommes-nous peu arrêtés sur les théories physiques de l'absorption et les expériences pratiquées avec des membranes privées de vie. Nous avons dû insister davantage sur les voies (vaisseaux sanguins et lymphatiques) de l'absorption digestive. La figure 110 résume, sous une forme schématique, la disposition de ces voies et leur rapport avec certains viscères (foie).

Résumé. — Absorption, bile et foie. — Les phénomènes d'absorption sont essentiellement, au point de vue physique, des phénomènes de diffusion et d'endosmose; mais ces phénomènes sont régis par la nature même de l'épithélium, qui doit être traversé pour que les substances arrivent à se diffuser dans l'organisme, ou à y être entraînées par la circulation.

Uétat\du sang (richesse ou pauvreté en principes à absorber) et Y état de la circulation (pressions fortes ou faibles) influent beaucoup sur la rapidité et l'intensité de l'absorption.

Pour Yabsorption intestinale, la clef de tout le phénomène doit être cherchée dans le rôle de Yépithélium cylindrique qui recouvre les villosités. Les aliments dissous, dédoublés, émulsionnés par les sucs digestifs, sont saisis par les cellules épithéliales qui les incorporent à leur propre substance, pour les transmettre ensuite au milieu intérieur sous-jacent (lymphe et sang du chylifère central et des capillaires périphériques). Cette manière de voir nous dispense de chercher des théories compliquées pour expliquer l'absorption des corps gras : ceux-ci, dans cet acte d'absorption intestinale, comme dans tous les cas où ils sont déposés, puis repris, par le sang dans l'intimité des tissus, se combinent avec les substances albuminoïdes des cellules.

11 y a environ 1300 grammes de bile sécrétée en vingt-quatre heures. Cette bile renferme comme matières en solution : 1° les sels biliaires

(choléate et cholate de soude); la cholestérine (de la classe des alcools); la matière colorante ou bilirubine.

La bile est destinée à être en partie résorbée dans l'intestin ; sa perte amène un grand état de souffrance du système pileux de l'animal (perte du soufre qui est contenu dans la taurine du taurocholate ou cholate de soude).

On a attribué à la bile des rôles divers : neutraliser le chyme acide que fournit l'estomac ; émulsionner et dédoubler les graisses ; s'opposer à la fermentation putride du contenu intestinal ; cette dernière opinion trouve une certaine confirmation dans les expériences. On peut aussi, se basant sur un grand nombre de considérations, émettre l'hypothèse que le rôle de la bile serait de favoriser la desquamation épithéliale qui se produit dans la muqueuse intestinale après chaque absorption digestive.

Le foie représente une seule glande, à la fois biliaire et glycogénique, c'est-à-dire que les cellules hépatiques sont le siège de deux phénomènes simultanés, la sécrétion de la bile et la production de la matière glycogène.

Le foie produit donc du sucre qu'il verse dans les veines sus-hépatiques ; il le produit aux dépens d'une matière glycogène (ou amidon animal) et d'un ferment diastasique (analogue à la diastase salivaire) qui transforme cette matière en glycose, comme la ptyaline ou la pancréatine le font pour l'amidon végétal. Non seulement le foie produit du sucre, mais il emmagasine, transforme et livre de nouveau sous forme de glycose le sucre absorbé dans l'intestin.

Cette fonction glycogénique est réglée par le système nerveux, comme le montre la célèbre expérience de la piqûre du quatrième ventricule et le diabète artificiel qui en résulte, ce diabète étant produit par l'excitation de certains nerfs qui sont au foie ce que la corde du tympan est à la glande sous-maxillaire. Sous l'influence de ces nerfs il y a hyperémie de foie, qui verse dans le sang une plus grande quantité de glycose: d'où glycémie, qui a pour conséquence la glycosurie (le sucre passe dans les urines toutes les fois que le sang en contient plus de 3 pour 100).

Les voies par lesquelles sont transportées les substances absorbées sont représentées: 1° par les chylifères (surtout pour les graisses); 2° par la veine porte (pour les autres substances).

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