BENS DE L'AUDITION TYMPAN
démontrer que le nerf masticateur Bcrait la source d'innervation de ce muscle. (Test ce que nous montrent les expériences dePolitzeret de Fich, expériences dans le détail desquelles nous ne saurions entrer ici1. Ficha montré que toute contraction un peu énergique des muscles masticateurs s'accompagne d'une contraction «lu muscle interne du marteau, tenseur du tympan, qui recevrait donc, comme les muscles masticateurs, son innervation de la racine motrice du trijumeau. Cette manière de voir serait confirmée par les recherches de Vulpian (Acad. des sciences, "JS avril 1879), qui a constaté que, dans les cas de section intracrânienne du facial, les rameaux nerveux du muscle interne du marteau n'étaient pas dégénérés, taudis qu'ils étaient altères toutes les fois que la racine motrice du trijumeau avait été coupée. Nous avons vu (p. 48) que cette manière de voir est confirmée encore par l'embryologie.
A la membrane du tympan fait suite la chaîne des osselets, qui la met en rapport avec la membrane de la fenêtre ovale (base de Tétrier). Chez les animaux inférieurs, cette chaîne est simplement représenté par une tige droite et rigide (tels sont certains batraciens anoures, les pipa, par exemple) : chez les grenouilles, elle -a la forme d'une ligne brisée, d'un osselet unique long et recourbé, nommé columelle ; enfin chez l'homme elle est formée par la â^éunion de quatre petits os (marteau, enclume, os lenticulaire et Strier) articulés, mais que. pour la transmission du son, on peut considérer comme ankylosés, car il est démontré que ces articulations ne servent pas directement à la transmission des sons.
La chaîne des osselets, par laquelle se fait essentiellement le passage des ondes sonores, traverse une caisse remplie d'air, la caisse du tympan, aplatie de dehors en dedans, et présentant, comme la membrane du tympan, un plan oblique relativement au conduit auditif externe. On admet que, outre la transmission par la chaîne osseuse, l'air de la caisse peut encore servir à transmettre les ondes à la fenêtre ronde ; cela est possible, mais peu probable, et en tout cas ce mode de transmission doit être fort secondaire, car la fenêtre ronde fuit pour ainsi dire les ondes sonores, se trouvant cachée au-dessous An promontoire (saillie de la paroi interne delà caisse du tympan): de plus cette fenêtre ronde, correspondant à une des ouvertures du limaçon, qui communique, d'autre part, avec le vestibule, semble destinée à permettre un libre jeu aux ondes liquides qui parcourent cet appareil si compliqué. Enfin, le son étant mieux transmis par les solides que par les tluides, la chaîne des osselets doit remplir un
i V. notre article Ouïe, du Xouv. Dit de médec. et de chirur. prat., t. XXV, 1878,
rôle bien plus important que cet air, qui ne lui sert sans cloute que d'appareil isolant.
Cependant la destruction de la membrane du tympan, ainsi que celle des osselets, à l'exception de rétrier, n'abolit pas complètement l'ouïe; elle ne fait que troubler plus ou moins les fonctions de ce sens. Mais la perte de l'étrier est beaucoup plus grave ; elle entraînerait toujours la surdité, d'après Bonnafont. Ce fait s'explique facilement : l'étrier adhère par sa base à la fenêtre ovale, qu'il ferme complètement. Comme ses adhérences y sont très intimes, il ne saurait être enlevé sans déchirer la membrane de la fenêtre ovale, et sans donner issue au liquide de l'oreille interne ; ce n'est donc pas, à proprement parler, la perte de l'os qui occasionne la surdité, mais bien la fuite du liquide qui s'échappe par l'ouverture résultant de cette ablation.
A l'oreille moyenne se trouvent annexés deux organes : en arrière, les cellules mastoïdiennes , cavités irrégulières, espèces de sinus creusés clans l'apophyse mastoïde du temporal ; en avant, c'est la trompe aV Eustache, qui va de la caisse du tympan à la partie nasale du pharynx.
Cellules mastoïdiennes. — On regarde généralement les cellules mastoïdiennes, pleines d'air, comme un appareil de résonance ; mais cette hypothèse ne s'appuie que sur l'idée que l'air de la caisse vibre, et par suite, renforce ses vibrations par celles de l'air des cellules mastoïdiennes. Or, nous venons de voir que les vibrations de l'air de la caisse sont tout à fait insignifiantes ; les maladies des cellules mastoïdiennes n'ont également fourni aucune indication sur le rôle de ces cavités. Nous accorderions volontiers la préférence à l'opinion qui ne voit dans les cavités mastoïdiennes que des espaces destinés à augmenter la cavité tympanique, sans rôle spécial. Nous allons voir, en effet, dans un instant que le tympan est, à l'état normal, fermé de tous côtés. Or, le tympan n'étant qu'une cavité fort petite, les changements trop brusques dans la tension de cette mince couche d'air appliquée à la face interne de la membrane tympanique auraient sans doute une influence fâcheuse sur cette membrane, influence qui sera palliée par la présence d'une nouvelle cavité, ajoutant sa capacité à celle de la chambre tympanique proprement dite ; et en effet, plus les animaux sont exposés à de brusques et considérables changements de pression atmosphérique, comme les oiseaux qui s'élèvent très haut dans les airs, plus leurs cellules mastoïdiennes sont développées et même «n communication avec d'autres cavités osseuses surnuméraires.
Trompe d'Eustache. — La trompe d'Eustache, placée en avant