‹ Cours de physiologieChapitre 180 sur 260 · SENS DE L'AUDITION - UTRICUI.K. ETC · texte numérisé non relu

SENS DE L'AUDITION - UTRICUI.K. ETC

châtre épaisse d'environ 0mm,A (Kolliker), large de 2 à 3 millimètres, désignée sous le nom *\v taclic auditive (macula acousfica). Dans la cavité du Baccule, <>n trouve aussi une tache auditive, située également en dedans et correspondant à la terminais.m du nerf sacculaire, comme la précédente correspond à celle du nerf utrieulaire. Enfin, au niveau de la face postérieure de la surface interne de chacune des ampoules des canaux semicirculaires on trouve une saillie en forme de repli, dite crête auditive.

Les taches auditives et les crêtes auditives sont recouvertes par des cellules cylindriques qu'on nomme cellules de support, parce qu'entre leurs faces latérales il existe des espaces au niveau desquels s'engagent de petits prolongements en forme de longs cils ou baguettes, qui dépassent le niveau de la surface épithéliale. En effet, au-dessous de la couche des cellules cylindriques on trouve une couche de cellules fusiformes, munies à chaque extrémité d'un prolongement ; l'un de ces prolongements se dirige vers la surface, c'est-à-dire vers la cavité du saccule, de l'utricule ou de l'ampoule ; l'autre se dirige en dehors dans l'épaisseur de la membrane sous-jacente, et parait se mettre en continuité avec les fibrilles nerveuses terminales des nerfs utrieulaire, sacculaire, ampullaire. Ce mode de connexion des nerfs avec des cellules épithéliales ou sous-épithéliales n'est pas sans analogie avec ce qu'on trouve dans d'autres organes des sens, et notamment dans la muqueuse olfactive (V. Olfaction, p. 557). Nous pouvons donc dire que les branches du nerf auditif, autres que la branche cochléenne, viennent se terminer au niveau des taches et crêtes auditives en se mettant en connexion avec de longs cils qui, d'après les études de Max Schultze, peuvent être comparés à des crins très fragiles et très élastiques. Ces crins sont, par suite, éminemment propres à participer aux mouvements des liquides de l'oreille interne, et à imprimer ainsi une excitation mécanique aux filets nerveux correspondants. On trouve, de plus, au niveau des parties que nous venons de décrire, des corpuscules cristallins de formes variables, qui adhèrent à la surface interne de ces cavités, et qui remplissent probablement, en vibrant par influence, le même rôle que les crins sus-indiqués. Ces corpuscules cristallins, dits otolithes ou otoconies, atteignent, chez les reptiles et les poissons osseux, un volume considérable, tandis que, chez les oiseaux, les mammifères et l'homme en particulier, ils forment de petits cristaux microscopiques; par leur abondance au milieu des taches acoustiques, ils donnent à ces parties une couleur blanche caractéristique. Nous devons faire remarquer que ces formations cristallines ne sont pas

libres au milieu de l'endolymphe, comme le pensait Breschet : elles sont adhérentes aux parois, au niveau des crêtes et des macules, par l'intermédiaire d'une sorte de formation fenêtrée, de nature spéciale, étudiée par Hasse chez la grenouille. D'après quelques auteurs, des terminaisons nerveuses s'enrouleraient autour de ces otolithes; mais ce fait a besoin, pour être admis, de nouvelles démonstrations.

Nous n'avons que peu de chose à dire sur les fonctions de ces appareils. Nous avons déjà trouvé dans le limaçon membraneux des dispositions suffisantes pour nous rendre compte de la perception de l'intensité, de la hauteur et du timbre des sons. Evidemment les terminaisons nerveuses, dans les taches et les crêtes auditives, ne sont point de nature à être le siège d'impressions aussi délicates et aussi nettement définies. Les longs crins et les otolithes doivent entrer en vibration, mais rien ne permet de supposer entre eux des différences régulières et sériées dans la rapidité de leurs mouvements. Ils doivent donc communiquer aux nerfs des excitations qui ne présentent rien de la continuité, de la régularité, de la périodicité qui caractérisent les impressions musicales : en un mot, ces appareils ne paraissent aptes à recueillir les mouvements que sous la forme de bruits, dont ils permettent d'apprécier X intensité seulement.

On a encore émis l'hypothèse que les trois canaux semi- circulaires, vu leur triple orientation, seraient aptes à juger de la direction des sons, mais nous avons déjà vu que le pavillon de l'oreille n'était pas lui-même étranger à cette orientation.

Quel que soit le rôle spécial de chaque partie de l'oreille interne, toujours est-il que l'ébranlement des organes terminaux des nerfs nous permet de distinguer dans les ondes sonores plusieurs conditions spéciales que la physique nous indique comme causes de la différence des sons. C'est d'abord Y amplitude de ces vibrations, ce qui constitue la force, Y intensité des sons ; puis c'est la rapidité de ces vibrations, leur nombre dans l'imité de temps, ce qui constitue Vacuité ou la gravité des sons depuis les plus bas (32 vibrations par seconde), jusqu'au plus hauts (40.000 vibrations par seconde). Enfin les sons nous laissent encore distinguer en eux une qualité toute spéciale, le timbre, qu'il est plus difficile de définir, et que la physique parait devoir attribuer à la production de plusieurs sons qui se combinent de manière à produire un son résultant qui, selon les variétés de la combinaison, présentera tel ou tel timbre (Y. Phonation, p. 4SI). Toujours est-il que, par un effet de l'habitude, le timbre nous permet déjuger de la nature du corps vibrant ; il constitue ce que nous pourrions appeler, au point de vue physiologique, la saveur des sons : c'est lui qui nous

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