‹ Cours de physiologieChapitre 211 sur 260 · ÉJACULATION · texte numérisé non relu

ÉJACULATION

ne parait pas fournir do liquide spécial, ni jouir d'un rôle important . C'est mi rudiment de l'utérus de la femme, un reste embryonnaire(V. plus haut p. 635), dont la cavité est, comme l'utérus de la femme, tapissée par un épithélium à cils vibratiles; aussi

a-t-on pu parfois, étant donné dos produits de végétation prostatique (polypes delà prostate), reconnaître que ces néoformations avaient Jour origine dans l'utricule, en y constatant des éléments d'épithélium cylindrique vibratile.

Le sperme, mêlé au produit des vésicules séminales, arrive donc, par les contractions de ces vésicules et des canaux déférents, dans la région prostatique de l'urètre. Là, sa présence détermine par réflexe une action mécanique qui le projette au dehors avec force et par saccades, qui Xèjacule en un mot.

On attribue généralement la force et la forme saccadée de l'éjaculation aux contractions du muscle bulbo-caverneuœ, qu'on a appelé accelerator seminis et urince ; mais si l'on tient compte de ce qu'en ce moment ce muscle est séparé du canal de l'urètre par toute l'épaisseur du bulbe en érection, et que par conséquent il ne peut agir sur le contenu du canal ; de ce que, d'autre part, il est situé bien en avant de la prostate, c'est-à-dire du point où est déversé le sperme, et que, par suite, il ne peut qu'ultérieurement agir sur lui, pour l'accélérer peut-être, mais non pour lui imprimer lo premier mouvement, on a peine à comprendre comment ce muscle pourrait produire l'éjaculation.

Nous nous rendons bien mieux raison de ce mécanisme en tenant compte des dispositions particulières que présente la région prostatique du canal et spécialement le muscle de Wilson, que nous avons vu déjà jouer un rôle si important dans la rétention et l'excrétion de l'urine. Au moment où le sperme vient se déverser dans la prostate, cette portion du canal est isolée delà vessie par l'érection du verumontanum (fig. 186, p. 661), petit tubercule de tissu érectile situé sur la paroi postérieure du canal, et qui à l'état de turgescence s'élève et vient en contact avec la paroi antérieure de façon à oblitérer toute communication entre la vessie et le canal urétral ■ et tout le monde sait, en effet, que la miction est impossible pendant l'érection *. Le sperme, au contraire, par les canaux dits improprement

i « Derrière le sperme, l'urètre est complètement fermé par l'action du sphincter prostatique, d'après Sappey; et d'après Kobelt par l'érection du verumontanum qui s'applique étroitement à la paroi supérieure ; mécanisme qui, d'après mes propres recherches, me paraît être le véritable mode de fermeture du canal en arrière des orifices ejaculateurs. Pendant l'érection, chacun le sait, la miction est difficile ou impossible; la fermeture momentanée de la partie profonde de l'urètre, par emboîtement passager de ses parois, explique ce fait ». (F. Guyon, Leçons cliniques sur les maladies des voies u> inaires, 1Ï85, p. 745.)

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éjaculateurs, qui s'ouvrent en avant et un peu sur- les côtés du vérumontanùm, peut arriver dans le canal de l'urètre et en envahir toute la portion prostatique, mais il ne peut aller plus loin, parce qu'en ce moment le muscle de Wilson se contracte et oblitère la partie membraneuse (fie-. 180, 2). La liqueur séminale s'accumule donc dans l'étroite portion du canal comprise entre le verumontanum et le sphincter urétral ou muscle de Wilson (fig. 186 de 1 à 2); il s'y accumule avec une grande force, car les contractions des muscles lisses qui l'y chassent (canal déférent et vésicules séminales") sont très énergiques, quoique lentes. Il ne peut refluer vers la vessie, à moins de destruction du verumontanum, et ce fait, qui s'observe dans quelques cas pathologiques, explique pourquoi dans ces cas le sperme est ultérieurement rendu avec les urines ; il ne peut non plus s'échapper tout d'abord en avant, vu l'état de contraction du sphincter urétral. Mais ce muscle ne peut rester longtemps dans cet état de contraction : il se relâche, et aussitôt, sous l'influence de la haute tension qu'il a acquise, le sperme se précipite et se projette avec force ; aussitôt le muscle se contracte de nouveau et arrête l'éruption spermatique, pour la laisser bien vite se reproduire en se relâchant encore, et ainsi de suite tant que dure l'ejaculation.

Nous voyons donc ainsi a quoi tiennent et le rythme et la puissance de l'éjaculation : la puissance du jet spermatique est due à la haute tension qu'ont donnée les muscles lisses des canaux excréteurs au liquide accumulé dans un étroit espace : le rythme est dû à des relâchements rythmiques du sphincter urétral. qui forme comme une écluse livrant par saccades passage au liquide retenu en arrière d'elle.

Ainsi la région prostatique du canal de l'urètre, si importante déjà au point de vue de la miction, ne l'est pas moins relativement aux fonctions génitales : c'est encore ici le contact du sperme avec cette muqueuse qui détermine cette sorte de tétanos intermittent du sphincter urétral. Aussi les altérations de la muqueuse prostatique ont-elles une grande influence sur le fonctionnement de l'appareil génital, et l'on voit ses affections causer tour à tour, et selon leur nature, le satyriasis, ou l'impuissance, ou les pertes séminales. Depuis longtemps, la chirurgie, reconnaissant le rôle prépondérant de cette région, a trouve dans les modificateurs de cette surface et particulièrement dans la cautérisation (sonde de Lallemand) un. des plus puissants moyens de reagir contre cette dernière affection.

La quantité de sperme rendu par une éjaculation varie entre 1 et, C grammes : mais il y a. sous ce rapport, de grandes variétés individuelles, et même pour le même homme, dans des circonstances diverses, les différences peuvent être comme 1 est à 8.

La destinée ultérieure du sperme sera étudiée avec les organes génitaux de la femme. Nous verrons que ce liquide, et particulièrement les spermatozoïdes qu'il contient, sont destinés à aller donner à l'élément femelle correspondant, à l'ovule, l'impulsion fécondante qui en déterminera le développement.

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