II. APPAREIL GÉNITAL DE LA FEMME
L'appareil génital de la femme se compose d'une glande [Yovaire) et de canaux excréteurs (trompe, matrice, vagin, etc.!. qui présentent un intérêt tout particulier, les uns comme organes de la copulation (Vagin et
ses annexes), les autres comme lieu de développement du produit de la fécondation (matrice).
1° Uovaire provient de ce germe que nous avons vu situé sur le bord interne du corps de \Yolif ( V. p. 633) et rester
indifférent iusqu'à la fin du deuxième FiG. 191. —Développement de Fovi- . , , .7 , • v-
sac ou vésicule de Graaf \ rnois dela vie embryonnaire. Nous avons
vu comment cet organe se développait pour devenir testicule: comment, lorsqu'il devenait ovaire, les tubes de Pluger femelle s'étranglaient en chapelets, puis s'égrenaient en nombreux grains [p. 635) qui forment autant de petites vésicules closes.
' 00, surface de l'ovaire avec son épithélium,qui en 1 forme un bourgeon profond,
une sorte de glande en t'ibe; — celte glande tend à s'isoler de plus en plus en 2. 3.
4. 5: en 6, elle est complètement isolée et forme une cavité close tapissée d'un épi-
.um qui s'est hypertrophié en un joint (d, disque proli;.' ère et dont une des
.es est devenue l'ovule (o .
CANAUX EXCRETEURS
iuJC
dont les éléments proviennent de Pépithélium germinatif. (p. 635). On peste, chez quelques mammifères, la formation des ovaires se poursuit pendant la période adulte, et a pour source l'épithélium péritonéal qui recouvre l'ovaire et qui est L'homologue de l'épithélium germinatif. On voit alors cet épithélium de la surface de l'ovaire envoyer dans la profondeur de l'organe des végétations en cul-de-sac (fig. 191) qui forment de véritables glandes en tubes (fig. 191, l, 2, 3); mais bientôt l'orifice de ces glandes en tubes (tubes de Pfluger) s'oblitère (ni., 4, 5) et il ne reste plus qu'une petite cavité (id.% 6) tapissée d'épithélium et parfaitement ■close. Ces cavités très nombreuses constituent les vésicules de Graaf ou ovisacs (fig. 191, en 6) ; leur épithélium est donc un produit de l'épithélium péritonéal; c'est lui qui donne naissance à l'ovule.
2° Les canaux excréteurs se forment par le développement des conduits de Millier (p. 633) : la partie supérieure de ces deux conduits constitue la trompe de Fallope en restant isolée de chaque côté : la partie inférieure se soude avec la partie correspondante du côté opposé pour former l'utérus, et cette soudure souvent incomplète constitue chez les animaux les utérus bicornes ou les matrices doubles et indépendantes, comme chez les rongeurs. Ainsi chez la femme, à l'inverse de l'homme, c'est essentiellement l'organe de Muller qui se développe pour constituer les organes génitaux; le corps de Wolff s'atrophie; on en retrouve comme trace quelques restes Fig. 192. — Schéma de l'homologie <ie canaux borgnes situés dans le repli des organes génitaux internes du
péritonéal qui unit la trompe a l'ovaire, ?â,cîl(A/u eb* droit] J* de la
,, . . femelle B, cote gauchej *
et désignes sous le nom de parovaire ou
organe de Rosenmùller : parfois son canal excréteur persiste à l'état rudi-
mentaire chez la femme, et presque toujours chez la vache, sous le nom de
canal de Gartner.
Pour bien fixer toutes ces questions d'homologie des organes génitaux
internes mâle et femelle, homologie dont nous avons parlé à plusieurs
reprises, à propos de chaque organe (V. p. 635, 660), nous donnons ici
* O, Ovaire. — T, testicule. — W, «anal de Wolff; chez la femelle il s'atrophie; chez le mâle il forme le canal déférent. La partie génitale (i) du corps de "\VolrT est représentée chez le mâle par l'épididyme, chez la femelle par Yépoopliore corps de Rosenmùller). La partie urinaire du corps de Wolff (2) forme chez le mâle le paradidyme (corps de Giraldès) et chez la femelle le paroophore (ou parovaire); elle forme de plus chez le mâle le vas aberrant («). — M, canal de Muller : il disparaît chez le mâie. Son extrémité lihre, qui forme chez la femelle le pavillon ' P', forme chez le mâle Vhydalide de Morgagai (h). Son extrémité inférieure forme chez la femelle l'utérus (O) et chez le mâle Putricule prostatique P
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une figure qui résume tout ce que nous avons indiqué à ce sujet (V. l'explication de la figure 192).
Quant aux organes génitaux externes, ils résultent, comme chez l'homme, d'une fente périnéale, qui se met en communication avec la muqueuse des organes profonds ; seulement, tandis que cette fente se forme chez l'homme de façon à constituer un canal (portion membraneuse et spongieuse de l'urètre) qui n'est ouvert qu'à son extrémité antérieure et supérieure (méat urinaire), chez la femme cette fente reste ouverte, b ruée par les deux repris cutanés (grandes lèvres), qui ne se sont pas rejoints et qui circonscrivent ce que l'on appelle l'orifice vulvaire. Ainsi toutes les parties de la femme ont en général leurs homologues dans les parties de l'homme. Le canal de l'urètre de la femme correspond;! la partie du canal de l'homme qui va depuis le col de la vessie jusqu'au verumontanum (au sommet et en avant duquel s'ouvre l'utricule prostatique ou utérus mâle *).
Nous étudierons : 1° les phénomènes qui se passent dans l'ovaire (ovulation)) 2° ceux qui les accompagnent dans les voies génitales femelles (menstruation).
A. Ovaire et Ovulation.
En somme, l'ovaire est un organe constitué, au point de vue physiologique, par des culs-de-sac devenus vésicules closes et tapissés d'un èpithèlium dit membrane granuleuse (ou granulosa). Nous trouverons, du reste, trois formes épithéliales bien distinctes dans les trois grands segments de l'appareil génital de la femme : la forme globulaire dans l'ovaire ; l'épithélium cylindrique vibratile dans l'utérus: et enfin l'épithélium pavimenteux stratifié dans le vagin.
Dans l'étude de la physiologie de ces organes, nous verrons que ces épithéliums doivent être considérés comme les éléments les plus importants. Presque sans vie pendant l'enfance et l'adolescence, ils se réveillent presque subitement au moment de la puberté; c'est Y èpithèlium ovarique qui donne le signal et produit l'ovulation? l'épithélium utérin prend alorsen même temps une vie plus active, soit dans la simple menstruation, soit dans la gestation ; enfin l'épithélium du vagin lui-même ne reste pas indifférent, ainsi que ses organes annexes (organes génitaux externes).
Nous commencerons cette étude par celle de l'ovaire, qui est le point de départ de la plupart des réflexes physiologiques et pathologiques.
Ovulation. — Les ovisacs, ou vésicules de Graaf, sont constitués par une petite poche de tissu connectif à la face interne de laquelle
1 Voy. notre article Ovaire (Nouv. Dict. de médecine et de chirurgie).