III. PHÉNOMÈNES CONSECUTIFS A LA FECONDATION
L'ovule fécondé subit des métamorphoses que nous étudierons dans un instant: niais si nous le suivons dans son trajet, du pavillon de la trompe vers la matrice, nous voyons que les organes qu'il parcourt ne se comportent plus de la même manière qu'ils le faisaient pour l'ovule non fécondé. Sous l'influence excitante de ce corps en voie de développement, l'épithélium utérin entre dans un état de vie tout particulier ; la muqueuse forme de vastes bourgeons, et lorsque l'ovule arrive dans la matrice, il se loge dans la cavité, dans le fond de l'espèce de vallée circonscrite par deux bourgeonnements ou villosités de ce genre; celles-ci continuent à se développer de tous côtés autour de l'ovule, qu'elles finissent par entourer, de manière à lui constituer une enveloppe continue, que l'on nomme la caduque (fig. 201. c. ee. f, k).
Toute la muqueuse utérine prend alors le nom de caduque ; la partie qui tapisse l'utérus se nomme caduque utérine (fig. 201, c); la partie qui est venue former à l'œuf une enveloppe complète se nomme caduque fœtale (ee. k); la surface par laquelle cette dernière se continue avec la première (c'est-à-dire le point même où l'œuf est venu s'attacher à l'utérus) porte le nom de caduque sèrotine (fig. 201, ee), d'après des idées erronées que l'on avait conçues autrefois sur son mode de développement. Cette caduque sèrotine n'en est pas moins importante à considérer, car c'est à son niveau et en partie à ses dépens que se formera le placenta (fig. 201 et 202 1.
Xous avons déjà (p. 032) vu comment l'organe que l'œuf vient de quitter subit, par sympathie, une hypertrophie temporaire sem-
ENVELOPPES DE IAEUF
blable, comment, en un mot, se forment les vrais corps jaunes, ou corps jaunes de grossesse.
La partie musculaire de l'utérus B*hypertrophie également; il se forme
<le nouveaux éléments musculaires (lisses), en même temps que les fibres préexistantes prennent des dimensions énormes. Enfin les vaisseaux eux-
Fig. 201. — Matrice, œuf et caduque*.
mêmes participent à ce développement, et la richesse nouvelle de l'utérus en artères et veines est en rapport avec la nécessité de la nutrition du nouvel être qui va se développer. Quant à sa richesse en éléments musculaires, elle est en rapport avec le phénomène d'expuhion (parturition) qui -doit se produire quand le nouvel être sera complètement développé (fœtus
* Coupe verticale de la matrice contenant un œuf développé; — a, col plein d'un bouchon gélatineux; — />>/, ouvertures des trompes; — ce, caduque utérine; — rf, cavité utérine que l'œuf remplit presque entièrement; — ee, points où la caduque utérine se continue avec l;i caduque fœtale; — /, caduque dite seroline et placenta ; — <j, allan-
toide ; — /i, vésicule ombilicale avec ton pédicule clans Je cordon ombilical ;
». amnios; — k, caduque fœtale et cliorion.
à terme). Nous n'avons pas à faire ici la physiologie de l'accouchement. Indiquons seulement que cet acte est, comme tous ceux que nous avons étudiés jusqu'ici, sous la dépendance du système nerveux ; nous retrouvons ici des réflexes analogues à tous ceux qui ont pour Lut les actes d'expulsion ou d'excrétion. Le point de départ de ces réflexes est normalement dans l'utérus lui-même; mais des excitations très diverses peuvent y donner lieu, même dans des points éloignés des organes du bassin. Il résulte des recherches de W. Schlesinger (sur des lapines) que, lorsqu'on excite le bout central des nerfs rachidiens, il se produit des contractions utérines. On obtient le même effet pat' l'excitation du bout central du pneumogastrique ; du reste, l'observation clinique montre que l'excitation mécanique du mamelon favorise les contractions utérines, et que l'involution du l'utérus s'accomplit plus facilement chez les femmes qui allaitent. Schlesinger, excitant, chez les animaux, les mamelons, a également obtenu des contractions utérines, démontrant ainsi une corrélation entre le mamelon et l'utérus, corrélation qui avait été fort exagérée chez les anciens, et peutêtre trop facilement dédaignée chez les modernes.