‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 26 sur 66 · III . on IJL BBSMUAnON · texte numérisé non relu

III . on IJL BBSMUAnON

Lei eipériaoces si préeiaes de ces derniers démontrent que la proportion varie un peu saiyant l'espèce animale (Fait déjà anmmcé'par Dulong et par M. Despretj) et suivant le régime.

Le déficH est plus- grand chez le^ carnivores que chez les herbivores. Le poids de Toxygëne enlevé étant représenté par 1,000, celui de Toxygène contenu dans raclde carbonique n'était que de 0,746 (moyenne de sept expériences sur les chiens) (1); tandis que la moyenne, pour 6 lapins, s'élève à 0,919 (2). Le chiffre est encore plus élevé chez les oiseaux. Il est de 0,927 chez les poules (3) , et je vois même que , dans une des expériences, Toxygène contenu dans l'acide carbonique expiré, 0,998, représentait presque entièrement l'oxygène absorbé* Chez les petits oiseaux, qui enlèvent une si énorme quantité d'oxygène, la proportion d'acide carbonique n'est pas aussi graade que chez les poules , elle ne s'élève qu'à 0,700 ou 0,800, La proportion pour les grenouilles est 0,698 , et pour les infectes, 0,79 If

L'espèce et la quantité d'alimentation ont ici une influence très-marquée. Déjà vous ayez vu l'opposition entre Therbivore et le Carnivore, La nourriture féculente augmente la proportion de l'acide carbonique expiré , eu égard à Toxygèue enlevé. Pour les lapins nourris avec des carottes , le chiffre est 0,950 ; pour les lapins nourris avec le pain et Tavoine , il est 0,997 (4). Des résultats analogues à ceux-ci ont été observés chez des chieas nourris comparativement avec des féculents et avec de la viande (&). Mais la différence entre l'acide carbonique expulsé et l'oxygène enlevé reste tonjours plus grande chez les carnivores, Il y a moins d acide carbonique formé chez les poules nourries avec de la viande.

La privation d'aliments agit dans le sens de l'alimentât ion

(1) RfgnauU et Reinet. loc, cit., p. 426.

(2) Loc.cU.,p.A\%

(3) lo€, eU., p. 4âO.

(4) loc. cit., p. 4\i ei as

ALTÉRATIOlf M L'AIE FAR LA mESPIRATlON. 360

ayec la viande : ces résultats se coaçoiyent fiicilement. L*aiiimal qui ne prend pas d'aliments hit- l'acide carbonique aux dépens de sa substance , c'est-à-dire aui dépens d'une substance animale, comme fait celui qui mange de la viande; tandis que l'animal, mis au régime féculent, introduit dans son sang une notable quantité de principes ternaires riches en carbone. Chez des lapins mfs à ilnanitiou, la proportion de l'acide carbonique n*estplus que de 0,690; le chiffre tombe aussi chez les poules à 0,707, et même à 0,639. Les chiens éprouvent la même influence.

On voit , d'après ce qui a été dit jusqu'ici , que la privation de nourriture a le double résultat de diminuer la quantité absolue d'oxygène absorbé et la proportion d'acide carbonique, eu égard à Toxygène enlevé.

Pour compléter cette partie intéressante de mon sujet, je vais rappeler quelques-unes des évaluations faites avant MM. Regnault et Reiset sur les rapports entre l'oxygène enlevé et l'acide carbonique expiré. Ce rapport varie de deux tiers à l'unité, suivant M. Edwards. II est tel, suivant M. Despretz, que sur 100 parties d'oxygène absorbées, il y en a de 22 à 38 qui ne se trouvent pas dans l'acide carbonique, et la proportion d'acide carbonique est relativement moindre chez les jeunes animaux. Suivant M. Dulong , chez les lapins , les cabiais, les pigeons , l'excès de volume de l'oxygène enlevé sur l'acide carbonique formé est, terme moyen, de 1 dixième de ce dernier, et ne s'élève jamais au cinquième, tandis que chez les chiens, les chats, et les crécerelles, le chiffre ne reste jamais au-dessous du quart ; il est le plus souvent du tiers, et quelquefois même de la moitié au-dessus de l'acide carbonique expiré. On a vu, p. 357 de ce vol., l'opinion d'Allen etPepys.

Dans un milieu riche en oxygène, mais qui reste cependant composé d'oxygène et d'azote, la quantité absolue d'oxygène enlevé, et le rapport entre cet oxygène et l'acide carbonique exhalé, ne changent pas sensiblement (1). Déjà La voisier avait

(1) Regnault et Rtitet, p. 491

360 PE LA BBSmATION.

VU que Tacide carbonique n'était pas plus abondant quand un animal respirait dans l'oxygène por. Allen et Pepys ont cru que celle quanlité élait plus considérable.

De Vexltalation d'azole.

I/cxhalalion d'azote dans la respiration est un fait très-général et bien constaté aiyonrd'bui. Par ces mots , exhalation d'azote, j'entends dire que la somme d azof c expulsée dans Texpiration dépasse celle qui a été introduite dans le poumon. Avant qu'on fût fixé sur cette question, les expérimentateurs lui avaient donné des solutions bien variées.

1^ Les uns ont dit qu'il y avait moins d azote dans lair expiré que dans l'air inspiré: tels sont Priestley (I), Abcrnethy (2), Ilenderson (3), qui évalue. la quantité absorbée à 3 ou 4 pouces cubes par minutes; Davy (4), qui porte à 5 pouces cubes par minute la quantité d'azote enlevée; Allen et Pepys (6), qui tout en établissant que la proportion d'azote reste la n\Hx\t dans Tair expiré, c'est-à-dire de 79 centièmes , admettent cependant qu'il y a absorption, parce que la quantité absolue de Tair a diminué; Humboldt, et Provençal (6), d'après leurs expériences sur les poissons; llermann (7), d'après ses expériences sur les oiseaux.

2^ D'autres chimistes, parmi lesquels il faut citer Lavoisier (8), disent que la proportion d'azote inspiré et expiré reste la même, de sorte qu'il n'y aurait ni exhalation ni absorption.

3'' D'autres disent que l'azote de l'air expiré est tantôt en plus, tantôt en moins, tantôt en même quantité , que l'azote de l'air

(1) Philosophicai transactions, 1776, p. 220.

(2) Surgieal and phjrsiological essays, P* Il , p. 142.

(3) Kicliolion's Journal ofnaiural phitosophx, vol. VII , p. 10.

(4) Researches Chemical and phxsiological , p. 434.

(5) PkUosophical transactions, 1808, p. 280.

(6) Mémoires de fa Société d'Jrcueil, X. Il , p. 454.

(7) Gilbert** jinnalen derPh/sk, i. CVIII, p. 303.

(8) Mémoires de l'Académie des sciences, 1777, p. 1W.

ALTÉàATION DB L'AIR FAR LA RESPIRATION. 961

inspiré : tels sont Nysteo (1), Doknif; (2), qui pourtant n'a gnère va que par eiception la diminution d'azote ; Trevira- Diis(3),etc.

4"* La vérité est , comme je l'ai dit , que Fair expiré entraîne avec lui pins d'azote que n en contenait l'air iaspiré. Cest la règle , et nous y trouverons peu d'exceptions. Gela a été constaté par Bertholet (4) , par M. Gollard de Martigny (5) , par M. Despretz, dans plus de deux cents expériences (6), par MM. Lassaigne et Yvan , sur des souris et des cochons d'Inde (7) , par M. Marchand (8) , par M. Boussingault , qui est parvenu par nrie indirecte à reconnaître lexhalation d'azote (9) , par M. Barrai (10), qui a opéré sur l'homme , comme M. Boussingaull Tavait fait sur les animaux; par MM. Regnault et Reiset, qui ont porté ici la même rigueur que daus les autres parties de leur Iranil(ll),c(c.

6^ Il semblait difficile d'introduire une cinquième opinion sur ec qui concerne l'azote; cependant, elle a été proposée. M. Edwards (12) a essayé de prouver qu'il y avait à la fois absorption et exhalation d'azote; que tantôt rcxhalalion l'emportait sur l'absorption, que tantôt c'était le contraire, et que parfois , l'exhalation et l'absorption se faisaient équilibre. Je dirai, à propos des théories de la respiration, comment il font envisager ce phénomène en ce qui concerne l'azote.

(1) Nysten, Rech. dephysioL et de chimie paihol., p. 187 el suiv.

(2) Journal de physiologie, t. Ul, p. 61.

(3) ZeUschrtfl far Physiologie, B. IV, S. 30. (D Mén. de la Sociélé d'Jrcueii, r. Il , p. 35».

(5) Journal de physiologie » t. X , p. M f .

(6) jinnales de chimie el de phyxigtte, t. XXVI , p. 34îl.

(7) Journal de chimie médicale ,U Vlll , p. 273. (8} Journal fur praklische Chemie, t. XLIV, p. 1.

(9) Ce moyen indirect consistait à peser comparativement la quintité d*azote cootrniie dans les aliments et les eicrétions de direis anmiaux ( Tacbe , cbe- ?al, et tourterelle;.

(10) annales de chimie et de physique, y série, t XXV, p. 129.

(11) /bid., 3« série, t. XXVI, passim.

(12) Influence des agents physique f, p. 120.

301 OE LA RMnRATiOlf .

Veieèà d^aioie exhalé n^esl pas aussi considérable que l'ont préteodo M. Deipreli et Dahms. Oet eicès pourrait s'élever, suivant Dulong, jusqu'à 28 centièmes du volume de 1 oxygène enlevé à l'air. M. Liebig a fait observer très-judicieusement qu'à ce compte, l'animal exhalerait en quelques jours plus d'azote que n'en contient aon corps (1). Cette critique est applicable aussi aux résultats de M. Marchand (2). Celui-ci a comparé le vcdume de l'aiote en excès an volume de l'acide carbonique expiré. L*acide carbonique étant représenté par le chiffre 100, la moyenne de dix expériences sur des cochons d'Inde a été pour l'azote 0,94 ; la moyenne de trois expériences sur un pigeon a été 0,85.

Nous accepterons les chiffVes de MM. Regnault et Reiset, établis sur des analyses très-rigoureuses. La moyenne de six expériences faites sur des lapins a é(é, par rapport à Foxygène consommé, 0,0041 (3); la moyenne de sept expériences imites sur des chiens a ét^0,0066 (4) ; la moyenne de huit expériences faites sur des poules a été 0,0075 (5).

La quantité d'aaote exhalée par les petits oiseaux est trèsconsidérable : elle s'est élevée une fois jusqu'à 0,04 du poids de l'oxygène consommé , et Ton sait que les petits oiseaux absorbent beaucoup d'oxygène , eu égard à leur poids. Ce chiffre de 0,04 est tout à fait exceptionnel , car l'azote exhalé ne s'élève presque jamais au delà de 0,02 du poids de l'oxygène total consommé, et le plus souvent le chiffre reste au-dessous de 1 cenlième. I^s grenouilles, les lézards, les salamandres, les insectes , exhalent aussi de l'azote.

I^s frugivores exhalent plus d*azote que les carnivores, dans les expériences de M. Dulong aussi bien que dans les expériences de M. Despretz , et je vois , même dans certaines expériences de

(1) Journal de pkmrmacie, S* ter., t. Vlll, p. 24.

(2) Journnl fur praktische Chenue, B. XLIV,.p. 1.

(3) Mémoire cité ; Jnn. de ckitn. H de phys., 9* série , t. XXVI, p. 412.

(4) Pa^e 425.

(5; Page 459.

DB LA TIAMPIIIATKMV HUIOlfAIlIG.

MU. Rei^aliet Retoel, des poules nourries de viande abàorber de Taiote. Cependant les chiens en fournissent plus que les la^ pins (ToyeE plus haut).

Lorsque les oiseaux sont à V inanition, ils ab$orbeni^fett{m constamment de Tazote ; il est rare que la même chose ait lieu cbei les mammiftres.

De 1» transipiratioii pulmoiaiiire*

L*air expiré sort chargé d'une notable quantité de vapeur aqueuse , entraînant elle-même une petite proportion de ma-^ tière animale , et accidentellement des substances volatiles , lonr» que celles-ci ont élé introduites dans la circulation.

Lorique la température extérieure ne dépasse pas 40 ou 43^ Far., on voit cette vapeur, oondensée tout k coup au sortir de la bouche ou du nez , apparaître sous forme d'une sorte do nuai^e. Dans l'air plus dense de quelques souterrains profonds i Haller (1) a vu cette vapeur se condenser alors que la température n'était pas plus base que ôS** Far. Cette vapeur ternit momentanément une glace ou les métaux brillants sur lesquels on la reçoit (2).

11 n'y a point dVgaaes spéciaux pour séparer cette vapeur. Elle transsude au travers des parois des vésicules pulmonaires et des vaisseaux capillaires excessivement minces qui se rami<* fient sur ces cellules. Ce serait une erreur de croire que les vésicules pulmonaires seules laissent échapper la vapeur dont nous parlons; tout le tuyau aérien, sans en excepter le larynx, le pharynx , la bouche , ni les fosses nasales (suivant qu'on respire par le nez ou par la bouche), abandonne une ample quantité d'humidité au courant d'air qui le parcourt. Le nuage qui décèle cette exhalation devient plus épais et plus considérable

(I ) Elem. physiol, t. \\\ , p. 353.

(2) Dan» les cas où la mort est douteuse, on a corneille de plaoer une glace à Teiitrée des voies aérrnne» , puis d'observer si elle est ternie ou non. Cette épreuTc peut tromper^

964 * M LA «vftpmATHnv.

qaaud on ouvre largement la bouehe pendant Texpiration. Si, à Texemple de M. Magendie (I), on adapte ane seringue à une plaie faite à la trachée d'un animal , et si on pousse de Tair dans la trachée, dans le sens de Texpiration, cet air, qui n'a pas tra- Tersé le poumon, entraîne cependant une vapeur aqueuse facile à démontrer. Certains cas de fistules de la trachée ont permis de constater chez Fhomme ces origines multiples de la vapeur dite pulmonaire.

II est difficile d'en déterminer la quantité. Calculant sur une goutte par minute , Floyer (2) l'évalue à 3 onces par vingtquatre heures; Sanctorius la porte à une demi-livre dans le même espace de temps, et son commentateur Lister donne un chiffre plus élevé encore. Pour apprécier la quantité de la vapeur pulmonaire, Haies a examiné de combien elle augmentait le poids de cendres excessivement chaudes sur lesquelles elle était exhalée : il Festime à 1 livre 39 centièmes (3). Enfin Tévahiation donnée par Home dépasse toutes les précédentes (23 onces). J'indiquerai ailleurs comment Séguin a défalqué la perspiration pulmonaire de la perspiration totale faite par la peau et le poumon. Il conclut à 15 onces pour la perspiration pulmonaire.

Cette vapeur est presque entièrement composée d'eau. Ce fut de l'eau, qu*un alchimiste crédule recueillit dans de grands vases où il avait soigneusement rendu son haleine pendant un long temps (4).

A cette eau, il se joint une très-petite proportion de matière animale. Cette matière subit la décomposition putride dans les vases où on a renfermé l'air expiré. MM. Brunner et Valentin démontrent par un autre procédé rexlstencc d'une matière organique dans la vapeur expirée. «L'acide carbonique au travers

(1) MémoTe lu , en 1811 , à rAradéroie des sciences ( Nouveau bulletin de la Société philomaiique j t 11, p. 253).

(2) llaller, S.tm. physîoL, 1. 111, p. 333.

(3) UaHer, loc, ciL, p. 353.

(4; Haller, loc» cit., p. 354.

DB U TBANSPI&ATIOIV PHUfORAHIE. 865

daqoel nous avons expiré , diseot-ils , devient rougeàtre , mais la qaancité de matière organique est si petite , que nous n'avons pu lui donner un cbifFre certain» (1).

Eventuellement , Texhalation pulmonaire se charge de principes que les absorptions digestives ou d'autres absorptions encore out introduits dans le sang. Le poumon partage avec les reins le rôle d'émunctoire par rapport à ces diverses substances » mais le poumon n'élimine que les matières volatiles. Pendant un certain temps après le repas, Tair expiré entraîne au dehors Talcool et le bouquet des vins. Celui qui a fait un excès de boissons alcooliques ne peut , même en se gargarisant scrupuleusement , empêcher que son haleine n'exhale Todeur de l'alcool, car cet alcool sort du poumon avec l'air expiré.

L'odeur de l'ail mélangé aux aliments pénètre l'haleine. Il en est de même du musc et du c:imphre introduits dans le tube digestif, ou soumis à Fabsorption cutanée (voyez page 627 du tome II). On peut rendre apparent pour le sens de la vue le passage de certaines substances volatiles dans la vapeur que l'air de l'expiration emporte du poumon. Si on io|jecte du phosphore dissous dans l'huile dans la veine crurale d'un chien , on verra , immédiatement après l'injection, s'échapper des narines de l'animal des nuages d^une vapeur épaisse et blanche , composée ù' acide phosphoreux (2). Lorsqu'on opère dans l'obscurité, suivant le conseil donné par M. de Montgarni, l'air expiré entraîne des flots de lumière.

La force aspiratrice par laquelle la poitrine attire l'air dans les voies aériennes , parait , en même temps , exercer une influence sur la perspiration pulmonaire. MM. Breschet et Milne- Edwards (3) ont supprimé cette force aspiratrice en ouvrant la poitrine d'animaux vivants, auxquels ils établissaient la respiration art iflcielle; ils ont vu alors que les substances volatiles (alcool camphré, essence de térébenthine, etc.) qu*ils introdui-

(1) Gaz. méd., 1814, p. 7. '

(2) Maceiidie, Précis élémentaire de phydologie^l U, p. 318.

(3) Jrcli. gén, de méd ^ t. XI , p. 642.

siie&t dit» là poitrine ou bûeetaimt dans la veioe crurale ne panrenaient pas dané la i>ersplratkm pulmonaire, ou qu*elles n> arrivaient pas si promptement ni si abondamment que chez les animaux qui , respirant naturellement, subissaient l'espèce de succion que le moufement Inspiratoire exerce sur la muqueuse des voies aériennes.

La perspifation pulmonaire a plusiears usages : elle nous débarasse , concurremment avec Im reins et la peau , de Texcès de Feau introduite dans le sang, et de diverses matières volatiles qui peuvent y avoir pénétré; elle eutrétient la souplesse et rbumidité de voies aériennes que le courant d'air dessécherait; elle Avorise les mouvements d'endosmose et d*exosmose des fpn ; elle entretient dans le larynx et le tuyau vocal des conditions pBysiques fevorables à la phonation ; elle modère i comme nous le démontrerons ailleurs, Télévation de la température du éorps.

Les cib vibratiles qui couvrent la membrane muqueuse des toies aériennes dirigent les humidités des tuyaux bronchiques de la périphérie vers la trachée. La direction de leur mouvement a été fort bien étudiée par M. Biermer (1) chez Thomme, le lapin et le chien. Ce mouvement persiste assez longtemps après la ces« , sation de la vie de Tindividu , surtout dans les cas de mort vio-^ knte. Le mouvement vibratile sera étudié ailleurs.

(1) GoM. méd., 1852, p. 126.

AGTtOll PS tA MtflHtAttOfl StR LE SANG. SUT

Il rJHI H I ■• ,11 m,- II! ^MJ— M^

QUATRE'VINfiT'IlNIÊlE LEÇON.

DK LA RESPIRATION.

(Suite.) M^Umn de Uk resplratton mur le Miiiff.

Messieurs ,

Le saog que les artères pulmanaires conduisent au poumon st veineux, celui que les veines pulmonaires ramèneni au xeur est artériel. CTest dans les capillaires du poumon que cette iiansformation s'est opérée. Quelles sont les diFférences entre M deux sangs ?

Cest une chose qui mérite d'6tre notée dans Thistoire de la cience , que la découverte de la circulation du saog ait conduit I nier qu'il existât des différences entre le sa&g contenu dans tas artères et le sang contenu dans les veines. Les anciens étaient tombés dans un excès contraire , au moment où ils avaient dis* tingué les artères des veines. Ërasistrate mettait des esprits laos les premières, et du sang dans les veines. Le ventricule gauche avait reçu de Rufus le nom de ventricule pneumati*pte, et le ventricule droit, celui de ventricule sanguin.

Galien, qui le premier démontre que les artères contiennent lu sang, dit qu'il y est plus subtil et plus vaporeux que dans les veines (t); que ce sang est d'une teinte jaune et éclatante [floridum)j que seul il entretient la vie dans les parties du corps, tandis que le sang veiueux, privé de ces qualités, contribue à les nourrir (2).

La découverte du mouvement circulaire du sang eut le ré*

(1) ûe Usu partUun, lib. iv, cap. 4 , p. 140. \l) An sanguis nalura in arlerUs contineatar.

368 DE hX AfiSMRATlOlir.

sultat que j'ai d^à fait pressentir. Après avoir démontré que k sang entraîné dans un mouvement circulaire passait incessam ment et comme un torrent des artères dans les veines, Harve] fut porté à conclure qu'il n'y avait qu'un seul et même sang conservant les mêmes caractères dans toute la carrière qui parcourt. On revint à des idées plus saines lorsque Lower Mayovir, etc., signalèrent la mutation de couleur provenant d< Tadjouction d'un principe aérien au sang. Mais, qui le croirait! Haller (1) se refusa aussi à reconnaître des différences entre U sang artériel et le sang veineux ! non qu'il n'eût vu leur différence de couleur dans ses nombreuses vivisections , mais parce qu'il attacha trop d'importance à des faits exceptionnels dont il sera parlé plus tard. Davy, parmi les modernes, n'a vu entn les sangs artériel et veineux qu'une différence de couleur /et encore y dit-il, est-elle purement accidentelle.

Tirons un enseignement de ce coup d'œil historique. Sans au cun doute, nous reconnaîtrons que le sang a pris des qualité nouvelles en traversant le poumon, mais nous devons reconnaître aussi que Harvey a rendu un service immense en prouvant que les artères et les veines ne contiennent pas , comme oi le croyait encore de sou temps, chacune un liquide à part, d'une nature tout à fait différente , et confiné l'un et I^uln dans des vaisseaux qui ne communiqueraient point entre eux. J'ajouterai que le cours du sang est si rapide , et que la masse de ce liquide devient si promptement et alternativement artérielle et veineuse, qu'on ne peut s'attendre à ce que l'analyse chimique signale des différences considérables et fondamentales entre le sang qui vient de prendre les qualités artérielles dan! le poumon et celui qui les a perdues dans les capillaires gênéraux. Je dirai encore que les différences sur lesquelles on dispute ne sont pas celles qui donnent au sang artériel des propriétés si différentes des propriétés du san^; veineux. Qu'importe qu'il y ait un peu plus ou un peu moins d'eau, de globules,

( I ) Elcm . p/irw'a{j^ 1 1 1 , p. 6. Le s ^ a pour titi e : IVeque cnim arUhoius San gui s a vcfiOSQ éifftrl , etc.

ACTION 0E La nfiSMUATiovr dtn lg sang. 369

de flbrine, etc.? Ne voit-on pas tous les jours, entre des individus jouissant tous d'une bonne santé , des difFérences bien plus grandes dans les proportions des globules, de l'eau, etc., que telles qu'à grand'peine on constate entre les sangs artériel et veineux? Les modifications Vraiment intéressantes portent sans doute sur la couleur du sang artériel et sur la proportion, la nature des gaz que contiennent ces deux sangs.

Je vais passer en revue les difFérents points du parallèle qu'on peut établir entre le sang artériel et le sang veineux.

■.e MMis «rlérlel • la Biênie coinpMlito» dmmm ««aiei les 41- #■ ujÊ^éme wmmmmMmire^ Il MMère par là ûm muik ▼«■- 4k%mt la canif Itltn ▼arle beanaaap dana la« dlvanMa

iMurMea 4a carpa. J'ai prouvé, 1. 111, p. 135, X hëlérogénéité du sang veineux ; quant aux qualités du sang artériel , on peut dire a priori qu'elles sont les mêmes dans toutes les divisions du système aorliqoe. On ne croit plus aujourd'hui que les artères conduisent un sang spécial pour chaque glande , pour chaque organe. Aux glandes linguales et salivaires, un sang plus léger qu'aux reins qui recevraient un sang chargé de sels {Uxiviosus) au cerveau, un sang plus subtil qu'aux viscères du ventre ! ! etc. Ce que l'on pouvait établir a priori, comme je l'ai dit , Texpé* rience l'a confirmé. M. Béclard (1) a analysé comparativement le sang des artères carotides, temporales, occipitales, crurales, aorte abdominale , épigastriques d'un même animal; il n'a pas trouvé de difFérence. Ses expériences out été Faites sur des chevaux et des chiens vivants , et il avait soin de ne prendre qu'une hible quantité de sang à la fois pour ne pas changer la constitution de ce liquide.

Caaiear daaa les deax «ans*. C'cSt là la diFFéreuCC la pluS

saillante. Les auteurs qui ont écrit en latin l'expriment en termes pittoresques : sanguinem arteriortim flobidum , pulchre ru- BRUM ; vhiarum obscuri coloris esse ; et ailleurs : Inde san^ gais arieriosus floridior et splmididior fit venoso. Le sang artériel est rutilant, écarlate, d*une teinte beaucoup moins foncée

(I) Jrch, gén. de méd,, 4* ter, U XVlll , p. 123.

370 PE LA USfUATIOU.

que la teinte du sang veineux. Ces différences sont on ne peut plus tranchées chez les anioiaux à respiration aérienne et à double circulation. Le mélange des deux sangs chez les reptiles efFace presque complètement ces différences. Dans les capillaires, les deux teintes se confondent peu à peu; le sang qui y entre rouge en sort noir. Lorsque, dans les cas de blessure artérielle, on a pratiqué la ligature du bout supérieur et qu'une bémorrhagie se déclare par le bout inférieur, le sang, qui , avaqt d'être ramené à la plaie , a traversé un réseau artériel presque capillaire , a quelquefois pris la teinte veineuse. Il y a là une cause d'erreur de diagnostic que les chirurgiens ne doivent pas igporeri La pratique des grandes opérations de la chirurgie permet de constater assez souvent que dans certaines affiections graves le sang qui sort des artères divisées n'a pu la teinte écarlate du sang artériel ; il est plus ou moins foncé , bien qu'il sorte par sac* cades. J'ai plusieurs fois fiiit cette remarque lorsque je divisais les artères honteuses externes dans l'opération de la bemie étran^ i^ée ; cette circonstance est en général d'un assez flkchenx présage. D'une autre part, on voit quelquefois le sang conserver sp teinte vermeille après avoir traversé les capillaires, et sortir d'une veine avec les qualités de sang artériel ; cela s'observe parfois vers la fin de la saignée. Je professe depuis longtemps qu'il ne faut pas tirer de sang lorsque ce liquide n'éprouve plus dans les capillaires la conversion qui doit le rendre veineux. M. Brown Sequard (1) dit avoir observé que la section des troncs nerveux d'un membre arrête cette transformation , qu'on peut réublir en galvanisant le membre. Je rechercherai plus loin la cause et les conditions du changement de couleur que la respl<* ration imprime au sang veineux.

pr«f«r«toM dPa«« 4mmm 1m êma ■— g» La vapeur aqueuso que l'expiration entraîne sort du sang qui traverse le poumon et les capillaires de la muqueuse des voies aériennes ( voy. t. III, p. 363). Il y a lieu de penser, d'après cela, que le sang artériel contient moins d'eau que le sang veineux. Cette opinion est assez

mu

(1) BulleHns de la Soç/éié d$ biologie.

Acnofr DB u t«afiiuiviei« êUk le sang. I7t

dkiMimmt admise. M. U Caau dit (1): «Le M09 irtériel parait difKrav da sang vemeui par une plus fiiible proportim d^a.» D dûune aUleors la résallat de deui expériences foitea sar des obevaai. Dans Tune , Teau du sang veineui s-tieTait 1^ 0,796, et celle du sang artériel à 0,783; dans Tautre, Teau du sang veineux étant à 0,8M , celle du sang artériel n'éuit que 0,736. Les eipériences de M. Denis (9) concordent avec celles-ci t il en en de même des expériences d*Autenrieti) , de Pal}as, eta.

Mais d'autres expérimei^tateors sont arrivés à des résullata bien différents. Et d'abord , on ne voit pas trop oomnent cooa ailier oe qui précède avec' les expériences qui auraient montai que la pesanteur spécifique du sang veineux remporte sur çdli du aang artériel. Le sang veineux pesant 1064 environ chez les tarebis, les veaui , les chiens , les bœufs, le sang artériel pèses rait seulement 105Q suivant Davy; ce qui a fait soupçonnera ees physiologistes que le sang veineux contenait moins d*eau que le sang artériel. M. Lassaigne a trouvé moins d'eau d^ns le sérum du sang veineux que dans le sérum du sang artériel (84,3 pmyr le premier, 89,8 pour le second). Le résidu sec du sang veinem était dp 33 centièmes dans les expériences d'Abilgaard , celui du sang artériel n'était que de 18 centièmes. Enfin plus récemment M. Clément (3; , entraîné peut-être par des idées théoriques , a soutenu qu'il y avait dans le sang artériel un excès d'eau provenant de la combustion de Thydrogène d'une certaine quantité d'albumine dans le poumon; l'eau formée serait entraînée avec le sang artériel.

Je ne puis prendre au sérieux cette hypothèse, en ce qui tpyche la formation de Teau. La proportion d'oxygèpe qui n'pst pas employée à la formation de l'acide carbonique, et qui pourrait donner de Teau avec l'hydrogène, est si peu considérable , qu'elle ne suffirait pas pour augmenter, d'une manière appréciable, la proportion de l'eau daus le sang artériel.

(I) Études chimiques sur le sang humain, p. 126. 2) Recherches expérimentales sur le sang humain. (3) L'Union médicale, 1851 , p. 183.

372 M tA mssnmATiaïf .

On Ut dans le traité de M. Dumas (1) que , si on prend la précaution d'opérer des saignées légères sur des animaux Forts , et de recueillir les deux sangs simultanément, on trouve que la proportion d'eau est sensiblement plus forte dans le sang veineux que dans le sang artériel.

Il faut tenir compte aussi de l'époque des repas. Suivant M. Schuize, le sang artériel des chevaux à jeun ne contenait que 16,5 pour 100 de matériaux fixes, tandis que leur sang veineux en renfermait 18,6 pour 100. Un cheval bien nourri présenta un résultat tout contraire : 22,9 pour cent de matières fixes dans le sang artériel , et 19,5 seulement dans te sang veineux. Est-ce faute d'avoir eu égard à ces conditions, que M. Hering et Franz Simon , cités par M. Dumas , ont trouvé moins de matériaux fixes dans le sang artériel que dans le sang yeineux?

Je terminerai en donnant les résultats d'expériences faites par M. Béclard, sans aucune préoccupation théorique (2). Yoîci quelques-uns de ces résultats (la première expérience est faite sur un cheval , les deux dernières sur des chiens ) :

Saog de Ttrlère carotide. Seog de la reine jognlaire.

Eau 772,87 783,84

Albumine et sels . . . 90,62 SS 72

Globules ....... 132,31 122,94

Fibrine 4,2 4,5

Sang de la carotide. Sang de la jagnlaire.

Eau 787,53 793,48

Albumine et sels .* . 81,46 81,12

Globules et fibrine. . 131,01 125,50

Sang de la carotide. Sang de la jognlaire.

Eau 791,52 800,00

Albumine et sels. . , 71,81 70,45

Globules et fibrine. . 136,67 127,74

(1) T. VIII, p. 504.

(2) Jrch. gén. de méd., 4" fér., t. XVUl, p. 133.

ACnOBT DE L^ RESPIRATION SUR LE SANG. 373

é^m stofcviM émmm iMdeax mbch. Presque tous les espérimentateurs s accordent à reconnaître que la proportion de ces corpuscules est plus considérable dans le sang artériel. On peut voir cette proportion dans les tableaux ci-dessus. M. Le Ganu (1) avait aussi vu cette augmentation du nombre des globales. Leur poids, qui était de 0,106 dans le sang veineux d'un cheval, s'élevait à 0,132 dans le sang artériel du même animal. Les globules du sang veineux d'un autre cheval formaient les OJU de son sang veineux, et les 0,125 de son sang artériel. L'augmentation du nombre des globules dans le sang artériel est leoonnue aussi par MM. Prévost et Dumas (2) , Wedemeyer (3) , Bénis (4) , et autres.

Le phénomène capital de la respiration portant sur les globales, au dire de quelques physiologistes, il était naturel de rechercher si ces corpuscules diffèrent dans le sang artériel et le sang veineux. La couleur du sang pris en masse résulte bien oertainement d'une modification subie par les globules en particulier, mais le microscope n*a point confirmé les espérances qu'on aurait pu fonder ici sur son emploi. Doellioger (o), examinant la circulation capillaire, a cru voir que les globules artériels différaient des globules veineux en ce qu'ils avaient leurs bords plus nettement circonscrits, en ce qu'ils s'accolaient plus facilement entre eux et nageaient dans une proportion relativement moindre de sérum. SchuUz (6) dit que lesvésiculcs respiratoires (c'est ainsi qu'il nomme les globules) sont plus épaisses, plus renflées, plus riches en matière colorante dans le sang veineux que dans le sang artériel ; mais les meilleurs micrographes reconnaissent qo'iln'y a pas de différences appréciables entre les globules artériels et veineux. Toutefois je regarde comme un effet très-carac-

(1) Éludes chimiques sur le sang humain , p. 83.

(2) Jnnales de chimie et de physique , t. XX lU, p. 67.

(3) Untersuchungen uber das Kreislauf, p. 246.

(4) Recherches expérimentales sur le sang humain, p. 266.

(5) Journal des progrés des sciences médicales, t IX , p. 1.

(6) Pas Srstem des Circulation, 1â36.

gt4 m tA ABsmiATidBr.

téristicpie de la respiintion ftnr les globales ce qiii a été exposé 1 la page 37 de ce volttine.

PHip«irHélia et 4«liUtéii dto 1* IkHiié émmm les devs «ansfl.

Sig^rt (1) ^ qui a professé que le sang renfermait d'autant plus de fibrine chez les diffélnents animaux que leur respiration était plus ample, a cependant écrit que le sang veineux, recevant la fibrine des muscles ^ où elle se forme suivant lui , en contenait plus que ie sang artériel. Une expérience de M. Lassaigne (2), sur un chien , donne aussi l'avantage au sang veineux ; mais cela est complètement en désaccord avec les résultats obtenus par Mayer(3), MM. Prévost et DUikiaé(4), M; Denis(d), et Berthold {«h sur différents animaux (chevaux , brebis, chiens, chèvres); toitt ont trouvé plus de fibrine dans le sang artériel que dans le sang TtBideux (7). Quant aux qualités de cette fibrine, on dit vaguement que la respiration les développe, qu'elle perfectionne la fibrine ^ que celle-ct est plus molle (fi), plus hachée ^ plus intimement unie an cruor dans le sang veineux que dans le sang artériel , où elle se réunit en plus gros ftiisceaux séparables du el^uor. Suivant M; Ghevréul (9), la fibrine du sang veineux cokitient moins d'eau, ou bien elle la retient mieux que la fibrine ^U sang artériel , puisqu'elle perd moins de son poids |Nir la dessiccation Au grand air ou dans la machine pneumatique.

Gomme le sang se coagule peu ou pas chez le foetus , chez les individus atteints de maladie Meue, chez les asphyxiés , on enadù conclure que le sang artériel était plus coagulable que le sang vei^

(1 ) «eîrg ArcUv fur Physiologie, B. X» , S. 3

(J) Journal de chimie médicale^ 1. 1 , p. 34.

(3) Meckel'i Deuslche Jrchiv fur Physiologie , B. Ul, S. 537.

( \) annales de chimie et de physique ^ t. XXHi , p.

(ô) Rech. expénm. sur fe sang humain, p. 284 et passtm.

(6) Beylrage znr Jnatomie ,^. 251.

(7) Dans certaines expériences de M. Denis , la proportion était la même.

(8) Emmert , Beil*ii Archiv fàr Physîoiogie , B. XI , p. 424.

(9) Dictionnaire des sciences nétùreUeM, art. Sang, t. XLVIl.

ACTION DE LA RESMHATlOBr SUR LE SANG» S76

oeux. Les expériences de Schrœder Yati der Koik sar des pigeons D*ont pas donné de résultats bien décisif (1), et cependant il dit : Respirationi multum In coagulando sanguine esse at- Mbuendam. Je pense que la différence consiste plutôt dans la fermeté du caillot que dans l'époque assez difficile à préciser où h coagulation commence. Toutefois je vois dans un passage de BoMach que a la différence a été d'une à quatre minutes chez des agneaux selon J. Davy, d'une demi-minute chez des veaux et des chèvres d'après Berthold , d'une minute et demie chez des moutons et des chiens, et de deux minutes chez Thomme suivant filundell. Thackrah seul dit aVoir observé un rapport inverse » (3)* Suivant MM. Leblanc et Trousseau (3) «le sang veineux est plus disposé à laisser séparer les globules rouges que le sang artériel. » Sur un même cheval, ils ont pris le sang veineux de la jugulaire et le sang artériel des artères coccygiennes. Six éprouvettes ont été remplies , trois de sang veineux et trois de sang artériel ; deux heures après Textraction , le caillot cruorique veineux était beaucoup plus foncé en couleur que celui du saog artériel, qui était d'un rouge vermeil. La couenne An saog veineux était presque entièrement décolorée et très-nettement séparée du cruor; celle du sang artériel était assez fortement colorée en rose quoique transparente; déjà il y avait de la

sérosité libre autour des caillots artériels , et il n'y en avait pas dans les éprouvettes à sang veineux , qui n'en ont même pas présenté six heures après la saignée , tandis qu'à celte époque, il y en avait une grande quantité autour du sang artériel (4). Les mêmes résultats se sont offerts, disent les auteurs, dans d*autres expériences. On voit que le caillot veineux plus mou expulse moins énergiquement la sérosité que ne le fait le caillot do sang artériel.

Quant à la proportion du sérum au caillot desséché, elle est

(1) MistorUt sanguinis coagulantis, p. 77.

(2) Burdach, Traité dt physiologie , t. VI , p. 415.

(3) Reckerches expêtimeniales, etc., p. 55.

(4) loc. cit.j p. 83.

plus considérable dans le sang veineux que dans le sang artériel. Je trouve dans Burdach les chifFres suivants, emprunics à divers auteurs. «La proportion du caillot au sérum a été, clicz un chat, de 1163 : 8837 pour le sang veineux, et de 1 184 : 8816 pour le sang artériel ; chez une brebis, de 861 : 9131 pour le sang veineux, et de 935 : 9065 pour le sang arlériel ; chez uu chien , de 970 : 4300 pour le premier , cl de 995 : 9005 pour le second (1).

Suivant J. Davy(2), la pesanteur spécifique du sérum du sang veineux surpasse légèrement celle du sérum du sang artériel.

ne la proportIoB d^albamlne daB« le* deux tutunrn. 11 y a ici

plus de dissidences encore que relativement aux principes immédiats dont il a été question précédemment ; cependant lopinion la plus accréditée est qu'il y a un peu plus d'albumine dans le sang veineux que dans le sang artériel. M. Denis ,3) a trouvé tantôt la prédominance de Talbumine dans lesang veineux, tantôt la même proportion de ce principe immédiat dans les deux sangs. Ceux qui pensent qu'il y a de Talbumine brûlée dans le poumon

admettent naturellement qu'il y en a moins dans le sang artériel que dans le sang veineux.

De la fteMpératnre ûmmèm lefl deux «anKi». Je montrerai, CU

traitant de la chaleur animale, que le sang artériel est plus chaud que le sang veineux. Quant à la capacité de ces deux liquides pour le calorique, Davy (4) a démontré qu'elle n'otfre point la différence que Cravirford (5) avait admise comme base de la théorie de la chaleur animale ; cela sera ex|)osé ailleurs.

De la proportloB de* élémeata (earboBey «aele, hydronéne) oxyséBe) daiui lee prinelpee ImiiiédUita de* deux nancM Je vais

reproduire ici le tableau dressé par M. Michaelis(6).

(1) Traiié de physiologie, t VI, p. 446.

(2) Tentam, inau g. de sanguine ;tdimh., 1814.

(3) Kech,expérim, sur le sang humain, p. 28 f.

(4) loccit

(5) Expérimenté and observ. on animal heat, 1788.

(6) De Pariibus conslilutivis singulamm partiuni sangulnis arleriosi el venosi, iii-8*»; Bcrol, 1827.

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