Chambre claire de l/%^oliaston
— On remédie au premier inconvénient par deux réflexions suc cessives, la seconde redressant l'image que renverse la première ; on remédie au second en substituant à la glace de verre un miroir métallique ou un prisme h réflexion totale. La chambre claire de Wollaston se compose d'un prisme de
Fig. 147.
verre à base de quadrilatère dont un angle, C (fig. 148), est droit, un autre, E, égal à 135*, et les deux derniers, D et F, égaux chacun à 67° 30'. Les rayons émis par un objet tel que AB entrent par la face CD placée verticalement, se réfléchissent totalement sur DE, puis sur EF et ressortent par la face CF. Si r est Tangle de réfraction
dans la première face.
Tangle d'incidence DE sera
sur
Fig. 148.
Tangle d'incidence surEF
et l'angle d'incidence sur CF
F— JB — (D — 7-)j
c'est-à-dire — r, car E
est égal à D H- F; donc '^ i l'angle d'émergence en
CF est égal et de signe contraire à l'angle d'incidence en CD et, comme ces deux faces sont rectangulaires, il en est de même du rayon émergent et du rayon incident; tout point de l'objet sera donc vu dans une direction perpendiculaire à celle dans laquelle on le verrait directement. La
réfraction dans la face plane CD donne de AB une image AjB, plus
éloignée dans le rapport ^ (84); la réflexion sur DE donne de A,B,
l'image symétrique AgBj,; la réflexion sur EF donne de AjBj l'image redressée A3B3; enfin la réfraction dans la face plane CF donne
de A3B, l'image A'B' plus rapprochée dans le rapport q et située,
par conséquent, à la même distance que l'objet si on néglige l'épaisseur du prisme. On place l'œil très près de l'arête F, de telle sorte qu'on puisse recevoir, par la moitié de la pupille, des rayons contribuant à former l'image A'B', et, par l'autre moitié, des rayons venant directement d'une feuille de papier; on voit ainsi à la fois la feuille de papier et A'B' et, avec un peu d'habitude, on trouve pour l'œil une position qui donne à peu près la même intensité aux deux images ; on facilite la recherche de cette position en recouvrant
INSTRUMENTS d'oPTIQUE 159
la face CF d'une lame métallique percée d'un petit trou divisé en deux parties égales par Taré te F.
Ainsi disposée, la chambre claire présenterait encore le troisième inconvénient que nous avons signalé : elle pourrait servir à dessiner des objets placés à de petites distances, mais serait incommode quand il s'agirait de reproduire un paysage ou de lever un plan. WoUaston y remédia en plaçant en F une lentille divergente destinée à rapprocher l'image A'B' quand celle-ci est trop éloignée et à la placer à une distance où l'on puisse mettre une feuille de papier. M. Laussedat remplace cette lentille par une entaille sphérique faite dans la face CF; si Ton fait abstraction des réflexions, la chambre claire se comporte alors comme une lentille plan-concave et son point nodal d'émergence est au sommet de la face sphérique (139) ; en plaçant l'œil très près de ce point, on verra donc l'image définitive sous le diamètre apparent qu'aurait l'objet vu à l'œil nu.
Depuis l'extension considérable prise par la photographie, la chambre claire n'est plus guère employée qu'à la reproduction des images fournies par le microscope. Nous verrons, en traitant de cet instrument, les dispositions qui ont été imaginées pour cette application particulière.