SI
dit, au Borlir des prismes la direction des rayons est exactement la môme que s'il y avait devant l'objectif B un spectre V infiniment grand, situé à l'infini, dont le violet serait du côté du sommet du prisme, le rouge du càU' de la base : c'est un spectre virtuel. Or, après ftvoir traversé la dernière surface du prisme, les rayons violets sont, au contraire, déviés du côté de la base du prisme, les rayons rouges du côté du sommet; par coneéijuent, les faisceaux des diverses couleurs qui semblent émaner du spectre virtuel V s'entrecroisent suivant une certaine sur-
face U plane ou à pou près, et on peut les considérer comme provenant de cette surface U.
Si l'on forme une image réelle de U, cette image sera blanctie, puiscju'en chaque point des rayons de toutes couleurs se couperont. Or, celle surface U est dans le voisinage des prismes, et l'objectif B en est placé assez près pour en donner une image virtuelle; cette image est mise au point avec la lu*
620 LIVRE V. — CHAPITRE VJJI
nette astronomique L. L'ensemble des objectifs B et G donne donc de U une image réelle U' se formant dans le plan I, qui sera parfaitement blanche si aucune couleur n*est interceptée. C'est cette image blanche qui est regardée avec l'oculaire : l'oculaire et Tœil en donnent une nouvelle image réelle blanche sur la rétine.
Mais si Ton intercepte par un écran placé en H une portion du spectre V qui s*y trouve, et qui est Timage réelle du spectre virtuel V, il est évident que c*est comme si Ton supprimait la portion correspondante de ce spectre, et la surface U' deviendra colorée.
La teinte de U' doit être parfaitement plate, ce qui indique que le mélange des couleurs du spectre qui sont conservées est parfait; il faut pour cela que la fente du collimateur soit éclairée par une source S vue de chacun des points de la fente sous un angle assez grand, pour que chaque partie de Tobjectif du collimateur soit également éclairée par un même point de la fente. En plaçant assez près de celle-ci la flamme d'une lampe, on réalise convenablement ces conditions. Aloi*s un point du spectre virtuel V éclaire autant chaque partie de la surface de U : un point du spectre V, image réelle de V, éclaire autant chaque partie de la surface U', image réelle de U. Par conséquent, si Ton vient à intercepter une fraction quelconque du spectre V, on diminue dans un même rapport Tintensité lumineuse d'une couleur simple dans chaque partie de U' : la teinte colorée est plate. En outre, comme la fente du collimateur est à bords bien parallèles et est éclairée par une flamme ayant sensiblement le même éclat dans toute la portion qui éclaire la fente, des parties de même longueur prises à différentes hauteurs dans la fente émettent autant de lumière. Il en résulte que, si Ton suppiime une portion de la hauteur totale d'une couleur du spectre V, de façon à ne laisser découverte que la fraction n de la hauteur primitive, on réduit dans le rapport de 1 à n Tintensité lumineuse de celte couleur pour la surface U'.
Dans le plan H, où se trouve le spectre V, il existe une glissière, qui sert à mettre en place les écrans. Ceux-ci sont formés par une lame de verre (fig. 184) qui est recouverte d'un vernis
MESURES optiqup:s
6il
os»'
FiG. f8i.
opaifue dans la région qui correspond à la partie du spectre
qu'on veut supprimer. Ainsi, sur la figure 184, pour la couleur
du spectre V qui tombe
suivant CABD, Tinten- Le E
site lumineuse se trouve
réduite par Técran dans
le rapport — .
Par conséquent , les courbes qui limitent la
l)artie opaque de l'écran doivent être construites d'après la position qu'occupent les raies du spectre solaire (quand on éclaire la fente avec les rayons du Soleil), et d'après la loi qui donne la fraction de chaque couleur qui doit être prise.
Pour pouvoir comparer la teinte ainsi obtenue à une couleur simple ou composée produite d'une autre manière, la face d'ua prisme à réflexion totale R (i\^. 182) par où sortent les rayons réfléchis, couvre la moitié de l'ouverture du diaphragme, qui se trouve dans le plan I où se forme l'image U'. Une ouverture latérale du tube de la lunette K (1\q. 18.i) permet aux rayons de la source colorée de pénétrer dans l'instrument et de subir la réflexion totale sur la face hypoténuse du prisme R. On voit ainsi à travers l'oculaire, dans une des moitiés de l'ouverture (lu diaphragme, la teinte donnée par le chromatoscope et, dans l'autre moitié, la teinte qu'on veut lui comparer; ces deux teintes étant juxtaposées, l'œil saisit la moindre différence qui existe dans leur nuance ou dans leur intensité.