‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 2)Chapitre 19 sur 60 · VD P'F — FF · texte numérisé non relu

VD P'F — FF

pour le rapport des masses de vapeur Y'D', YD , saturant les deux volumes Y et Y' aux températures / et i\

314 GOVAB DE PHYSIQUE.

Cette valeur conduit aux conséquences suivantes. 1® Si PF' » P'Fy YD' sera égal à VD, .en sorte que , pour passer du premier état au second y le gaz conservera la même quantité de vapeur; la formule (1) peut donc être appliquée alors, quand même il n'y aurait pas de liquide en excès. 2» Si l'on a PF '< PT, on aura V'D' < VD, le gaz pour passer du premier état au second devra précipiter de lavapeur, d'où il suit que l'excès primitif du liquide sera inutije; la formule (1) pourra donc toujours être employée dans le cas présent. 3^ Mais si l'on a PF' > PT, on en déduira V'D < YD, et le gaz devrait absorber de la vapeur pour rester saturé; la formule (1) cessera donc d'être vraie s'il n'y 0paB en présence un excès de liquide. Dans cette dernière circonstance, il faudra se servir de la formule relative aux gaz seuls ou mélangés, qui est :

On conçoit que la formule (2), trouvée pour les gaz permanents dont la cohésion est nulle, puisse n'être pas applicable aux vapeurs à leur état de saturation : car, dans cet état, la moindre augmentation de pression ou la moindre diminution de température déterminant la précipitation d'une portion de liquide, on peut admettre qu'alors la cohésion ou l'attraction réciproque des molécules de la vapeur, qui est sur le point de donner un signe aussi sensible de son existence que celui de la liquéfaction, n'est réellement pas nulle. H. Dulong, par des expériences dont il n'a pas encore publié les résultats, a en effet reconnu que la formule (2) n'est pas exacte pour les vapeurs à saturation.

Manomètre 328. Si dans un manomètre fermé, rempli d'un gaz connu, et BerthoUet. muni d'uu thcrmomèlre et d'un baromètre indiquant la tempéra- FiG. 176. ture et la pression intérieure , on introduit une substance animale ou végétale et de l'eau , il peut se faire qu'au bout d'un certain temps il y ait eu absorption ou dégagement de gaz, par suite d'une décomposition de la matière organique. Or pour reconnatlre lequel de ces deux effets a été produit, il suffit d'observer la température et la pression intérieure. En effet , soient P la pression et t la température constatées au commencement ; P' et t' celles indiquées à la fin de l'expérience ; enfin F et F' les forces élastiques de la vapeur d'eau à ^ et /' degrés; s'il n'y avait eu ni absorption ni dégagement de gaz, la pression P' devrait être égale à (P — F) Hy^ -h F'; suivant qu'elle sera plus grande ou plus petite, il y aura eu dégagement ou absorption. On néglige ici les variations de la capacité du vase, a

TuraTdsvB lbçov. 315

cause de la petitesse du coefficient de dilatation du verre, et de la faible différence des températures i et f. L'appareil dont on se sert dans ce genre d'expériences est connu sous le nom de Manomètre de Berihollet

vvvvvv\ivvv\ivv\\iv\ivvvwvvvvvivvwv\;vvvv^^

YnrGT-UNIÈME LEÇON.

Densités des vapeurs. — Chalear latente et chalear sensible. — Chalear latente de

fusion. — Chaleur latente des Tapeurs.

Meiure 329 On DC pcut 86 scrvir , pour déterminer ia densité des va-

de? vapeurs, peurs , du procédé que l'on suit pour obtenir la pesanteur spécifique d'un gaz permanent : car lorsqu'on place une lame de verre dans la vapeur d'eau, la température étant plus que suffisante pour la maintenir à l'état de fluide élastique , il arrive toujours cependant qu'une portion se liquéfie au contact de la lame; ainsi en faisant arriver de la vapeur d*eau dans un ballon de verre y elle se condenserait en partie sur les parois , et il serait par conséquent impossible d'avoir exactement sa densité. H. Gay-Lussac a résolu la question en la renversant : au lieu de chercher le poids de la vapeur contenue dans un volume donné, il s'est proposé de déterminer au contraire le volume qu'occuperait un poids connu de vapeur.

Proc^d^ 330. .Pour cela on renferme le liquide qui doit fournir la vapeur *^*Lu«fc'^* dans une enveloppe trés-mince, ou une ampoule de verre, qui puisse se briser par Télévation de la température. Cette ampoule se compose d'un petit réservoir sphérique terminé par un tube effilé en pointe; on le remplit de liquide, par une opération semblable à celle employée dans la construction du thermomètre à alcool ; on ferme ensuite la pointe à la lampe. La différence des poids de l'ampoule pleine et vide donne le poids du liquide qu'elle contient; des tâtonnements préliminaires ont dû indiquer les limites entre lesquelles doit être compris ce dernier poids , pour que l'expérience puisse réussir.

On fait passer l'ampoule, pleine et fermée , dans la partie supérieure d'une éprouvetle , graduée avec soin et renversée sur un FiG 177. ^^'" ^^ mercure. Ce bain placé au-dessus d'un foyer sert de chaudière ; on entoure l'éprouvette d'un manchon de verre où l'on verse de l'eau. Tout le système s'échauff^e à la fois; la vapeur qui se forme,

TIliaT-UHIEHE LEÇOir. 317

on plutôt qui tend à se former daos Tampoule , la brise ; il y a alors dépression du mercure dans TéprouYette, et tout le liquide de l'ampoule se gazéifie. On chauffe jusqu'à ce que la vapeur formée ait évidemment une densité moindre que celle maxima^'Correspondante à la température du baio; ce qui a lieu lorsque la pression supportée par la vapeur est moindre que la tension correspondante à la température observée , et qui est donnée par les tables des forces élastiques.

Lorsque cette condition est remplie, on mesure la température au moyen d'un thermomètre plongé dans l'eau du manchon ; soit / cette température. On observe ensuite le nombre de divisions de l'éprouvette dont la capacité est connue , et qui sont occupées par la vapeur; on en déduit facilement son volume Y exprimé en litres. Il ne reste pins qu'à déterminer la pression qu'elle supporte : cette pression est mesurée par la hauteur barométrique , diminuée de la différence des niveaux du mercure dans Véprouvette , et dans la chaudière en dehors du manchon.

Pour mesurer cette différence on se sert d'une tige métallique taillée en vis, maintenue verticale par un cadre qui s'appuie sur le bord horizontal de la chaudière, et que cette tige traverse dans une ouverture taraudée. On abaisse cette tige en la faisant tourner, jusqu'à ce que sa pointe touche la surface nue du mercure dans la chaudière, ou jusqu'à ce que cette pointe se confonde avec son image. Un disque métallique horizontal, percé en son centre d'un trou taraudé, est mobile comme un écrou sur la partie supérieure de la tige ; on l'élève au niveau du mercure dans l'éprouvette. La distance qui le sépare alors de la pointe inférieure est la différence de niveau cherchée; or on peut facilement mesurer cette distance, en transportant tout le système de la tige parallèlement à une règle divisée en millimètres.

On réduit cette longueur à ce qu'elle serait si la température du mercure était 0° au lieu de ^ , et le retranchant de la hauteur du baromètre ramenée aussi à 0^, on obtient la pression H supportée par la vapeur. Pour déduire sa densité des nombres ^, V, H , il faut remarquer d'abord que le volume Y est évalué d'après la capacité de chaque division de l'éprouvette correspondaole à 0° , en sorte que le volume réel de la vapeur à la température t est Y ( 1-4-i/), k étant le coefficient de la dilatation du verre. D'après cela, fyi^j^A sci^a le poids d'un litre de la vapeur proposée, à la température t et sous la pression H. Il faut maintenant trouver quel serait le poids d'un litre d'air dans les mêmes circonstances.

cVeau.

S18 GOUaS Dl PHYSIQUE.

Or un litre d'air à 0<», sous la pression normale 0%76 pèse 1,3 ; un litre d'air à r» sous k pression H pèsera donc—^ --^^ 1**^|3- Ainsi la densité cherchée , celle de l'air étant prise pour unité , sera

H • 267 ' iS'-a.V (14-*/?

On trouve de cette manière, pour la densité de la vapeur d'eau 0,6235, pour celle de la yapeur d'alcool 1,6138, poiir celle de l'éther sulfurique , 2,5860.

Poids derair 331. On pcut admettre saus erreur sensible que la vapeur d'eau d^v»^ pèse les f seulement du poids de l'air dans les mêmes circonstances de Tolume, de température et de pressioo. Ce résultat permet de déterminer facilement le poids d'un Tolume Y d'air, saturé de vapeur d'eau à la température / et sous la pression H. Soit F la force élastique raaxima de la vapeur d'eau à ^ ; on aurait l5'-,3 . V. ô^ . 2^7 +t P^^^ ^® poids du volume proposé, s'il n'était rempli que d'air sec; mais il y a une portion de cet air, laquelle pèserait 1«*"",3 .V. 5^^. 2^^> qui est actuellement remplacée par de la vapeur ne pesant que les f de ce poids; on aura donc pour le poids cherché

Imr Q \r 267 H — F4-f F ^„ u:^-. Ibt ^ V ^67 H — fp 1«%3 . V. 2ô7:n • ÔJt^> ®" ^^^^ ^^'y^ • V • 267 + i • 0:76 •

Si l'air atmosphérique est saturé de vapeur lors de la détermination du poids d'un corps , l'expression précédente donne la correction qu'il faut ajouter à la pesée obtenue, pour en déduire le poids du même corps dans le vide. Mais l'air n'étant presque jamais saturé de vapeur, il faut encore une autre donnée, dans les circonstances ordinaires , pour évaluer exactement la correction du poids.

La formule précédente indique que sous le même volume et la même pression, une portion d'air atmosphérique doit être d autant moins pesante qu'elle contient plus de vapeur d'eau. Il suit de là que si, par des circonstances particulières, une partie limitée de l'atmosphère vient à se saturer de vapeur, son poids devenant moindre, la pression barométrique observée au-dessous d'elle doit diminuer; ainsi, toutes choses égales d'ailleurs, le baromètre doit être d'autavt plus bas, dans un lieu donné, que l'air est plus chargé de vapeurs; d'autant plus haut au contraire que l'air est plus sec. Mais plusieurs causes très-différentes peuvent occasionner des va* riations dans la pression atmosphérique, et c'est ce qui ne permet pas de prédire, avec certitude, de la pluie quand le baromètre baisse, ni du beau temps lorsque le baromètre monte.

YUIGT-UKISHE LBÇO|l.

382. Quand la vapeur dont on veut mesurer la densité est celle d'un liquide qui ne bout qu a une température de beaucoup supérieure à 100®, le procédé de M. Gay-Lussac exige que le manchon contienne une huile fixe. Mais au delà de 200** ce liquide se colore, et Ton ne peut plus voir ce qui se passe dans^réprouvetle ; il faut alors avoir recours à un autre procédé, imaginé par M. Dumas. Uappareil se compose d'un ballon de verre, dans lequel on met. une certaine quantité de la substance solide ou liquide qui doit former la vapeur; après en avoir effile le cola la lampe, on le dispose dans un bain d'huile, de mercure, ou d'un alliage fusible si l'on a besoin d'une température trés-élevée, afin qu'elle soit supérieure à celle (le l'ébuUilion de la matière introduite. Cette matière entre alors en ébullition; sa vapeur chasse l'air, et quand il n'y a plus de liquide en excès, ou que le jet de vapeur cesse d'être aperçu, on ferme louverture à la lampe, et on laisse refroidir le ballon.

La température t du bain est connue. Le baromètre donne la pression atmosphérique H ; Y étant le nombre de litres qui représente la capacité du ballon à 0<*, et qu'un jaugeage préliminaire a fait connaître, cette capacité doit être V (1 -4- kt) à r; k étant le coefficient moyen de dilatation du verre entre 0® et^^ Eufin en retranchant du poids du ballon refroidi, celui du même vase vide de toute matière pondérable déterminé par des pesées antérieures, on obtient le poids P de la vapeur qui occupait le volume Y (1 + i/}, à la température / et sous la tension U. On a ainsi toutes les données nécessaires pour évaluer la densité cherchée , au moyen de la formule du $ 330. Parmi les i^ombreux résultats que M. Dumas a obtenus au moyen de ce procédé, et qui l'ont conduit à des découvertes importantes en chimie, il convient de citer ici la densité de la vapeur de mercure, qui est 6,976, celle de l'air étant prise pour unité.

333. Il est facile de déduire de la densité de la vapeur d'un liquide, rapportée à celle de l'air, le volume que doit'occuper un poids donné de cette vapeur à une certaine température. Soit proposé, par exemple, de trouver le volume d'un gramme de vapeur d'eau à 100^, ayant sa tension maxima. Puisqu'un litre d'air sec, sous

la pression de 0™,76, pèse 1«%3 à 0», et par suite j- l«'^-,3 à 100% un litre ou mille centimètres cubes de vapeur d'eau à lOO"", et au maximum de tension pèseront les ^' du dernier poids ou 7.3Ô7 ^^'>^*

s 367 lOOOO

On conclut de là qu'un gramme de cette vapeur occupe r.^gf

Vd

Proche

de i. Damas.

Fi«. 178.

Yolome d'un poids

donn^ de vapeur.

OU à très-peu près 1700 centimètres cubes. Ainsi un gramme d'eau,

COURS DB PHTSIQUB.

Variation de la densité des Tapears.

Cîialenr

latente et

chaleur

sensible.

qui à la température du maximum de condensation de ce liquide occupe un centimètre cube, peut saturer, à l'état de Tapeur â 100^, un espace 1700 fois plus grand.

334. Si les formules relatives aux gaz étaient rigoureusement applicables aux vapeurs à saturation , il suffirait d'avoir déterminé la densité de la vapeur d'un liquide, à une température et sous une pression particulière,, pour pouvoir conclure de la table de ses tensions , la densité de cette même vapeur saturant un espace limité à toute autre température. Hais il y a de fortes raisons de croire que les vapeurs suivent dans ces circonstances des lois particulières et encore inconnues (§ 327). D'après cela on ne doit voir que des résultats plus ou moins approchés, dans les nombres obtenus par les physiciens, pour représenter constamment les densités des vapeurs de différents liquides , en prenant pour unité celle de l'air à la mémo température et sous la même pression. Il peut se faire que la densité de la vapeur d'un môme liquide , exprimée de cette manière , soit réellement variable. La découverte de la loi que suit cette variation est une lacune qui reste à remplir dans la théorie physique des vapeurs; complétée par cette découverte, elle parviendra sans doute à démêler complètement les circonstances qui limitent ou accélèrent la formation delà vapeur, et qui produisent des phénomènes dont ou n'a pu encore se rendre compte, tels que les explosions des chaudières.

335. Lorsqu'un corps change d'état , il y a toujours disparition ou dégagement d'une certaine quantité dechaleur, sans que la température du corps augmente ou diminue. La portion de chaleur absorbée ou cédée dans ces circonstances est appelée chaleur latente^ on conserve le nom de chahur êenêible à celle qui peut agir sur les sens ou faire varier la température. Ainsi la chaleur latente est exclusivement employée à exercer des actions mécaniques sur les particules pondérables, qui les déplacent et modifient leurs conditions d'équflibre. On doit admettre, en parlant de ce point de vue général, que la chaleur qui pénètre ou abandonne un corps , lorsqu'il passe d'une température à une autre, se compose de deux portions distinctes, l'une sensible qu'exigerait la variation de température sans changement de volume, et l'autre latente qui produit les dilatations ou les contractions observées.

Les chaleurs spécifiques des solides et des liquides, mesurées ou comparées par les procédés que nous avons. indiqués, ne sont relatives qu'à la somme de ces deux portions ; on ne possède pas encore de moyen direct de les évaluer séparément. Si cette séparation pouvait

▼nraT-umiaB isçoir. 321

élr« faite par des recherches expérimentales , on parviendrait sans doute à démêler les lois réelles de la dilatation par la chaleur des corps solides eHiquides. U est probable que la loi d'égalité deschaleurs spécifiques des atomes y trouvée par MM. Dolong et Petit , ne s'applique rigoureusement qu'à la portion de chaleur sensible , et que celle latente varie avec les masses des dernières particnles , et avec les intervalles qui les séparent.

La théorie physique des fluides élastiques est plus avancée, sens le point de vue dont il s'agit , que celle des solides et des liquides ; car des moyens indirects , que nous exposerons par la suite, ont permis d'évaluer séparément les quantités de chaleur sensible et latente qu'exige le changement de température des gaz. En effet ^ le calorique spécifique sous volume constant d'un gaz est uniquement composé de chaleur sensible; celui sous pression constante comprend à la fois la chaleur sensible et la chaleur latente; or certaines expériences sur le son donnent le rapport des deux caloriques spécifiques d'un même gaz; le second étant mesuré directement, on peut conclure facilement le premier, et par suite leur différence.

336. La chaleur latente absorbée ou dégagée lors du changement , ciioiear d'état d'un corps , est plus facile à cooatateret à mesurer directement ''nuion'*'^ que celle qui se trouve mélangée avec la chaleur sensible, lors des variations de densité. Lorsqu'on fait fondre de la glace, delà cire, des métaux ou leurs alliages, en exposant ces corpsà un foyer trèsactif, si l'on a soin d'agiter les liquides qui se forment jusqu'à ce que toutes les parties solides soient fondues, oo observe toujours que la température du bain reste constante pendant toute la durée de cette opération. La chaleur que fournit alors le foyer, et qui est employée à produire le changement d'état, est ce qu'on appelle chaleur latente de fusion.

Si Ton expose à la température ordinaire, de 10 à iô*' , deux vases égaux , l'un rempli d'eau à 0®, l'autre de glace fondante, et que l'on plonge un thermomètre dans chacun d'eux, on observe que la tempe* rature du matras rempli d'eaus élève graduellement jusqu'à celle des corps environnants, tandis que le thermomètre du vase qui contient laglace fondante indique toujours 0''. Si la température à laquelle deui[ vases égaux sont exposés , est de quelques degrés au-dessous de zéro, et que l'un d'eux contenant de l'eau pure à 0<*, l'autre soit rempli d'eau pareillement à 0^ mais tenant en dissolution des 8ub«> stances salines qui puissent empêcher sa congela tiop., on observe que le thermomètre placé dans le premier vase reste constamment à zéro et qu'il s'y forme de la glace, tandis que la température du

822 aoufts db physique.

second s'abaisse progressivement. Ces faits prouvent évidemmeat qu'il y a absorption de chaleur sensible lorsque le corps passe de Téiat solide à l'état liquide, et inversement qn'il y a dégagement de chaleur lorsqu'un liquide se solidifie. îl aJaTeur ^^^- ^" P®"* évalucr la quantité de chaleur qui est alors absorlatente }^^ qu dégagée, en mêlant le corps dans lequel on observe ce phénomène avec une autre substance, dans des circonstances telles et avec un tel rapport des masses qu'il ne puisse en résulter pour ce dernier corps aucun changement d'étal. Nous prendrons toujours pour unité de chaleur, celle capable d'élever d'un degré centigrade la température de l'unité de poids d'eau pure. Pour obtenir la chaleur latente de fusion de l'eau solide, on pourra plonger la glace dans une masse d'eau assez grande, et d'une température assez élevée , pour qu'elle puisse fournir toute la chaleur nécessaire à la fasYon delà glace , sans s'abaisser au degré de congélation.

Supposons , par exemple , qu'en mélangeant 2 kilogrammes d'eau à 50^ avec 1 kilogramme de glace pilée à 0^, on ait obtenu, après la fusion de la glace, 3 kilogrammes d'eau à 10® seulement, en sorte que 100 des unilés de chaleur contenues dans le mélange aient été réduites h 30, lorsque toute la glace aufa été liquéfiée, on en conclura que les 70 unités de chaleur sensible perdues auront été absorbées par le passage de la glace à l'état liquide. Quand cette opération est faite avec soin et précision, et corrigée delà chaleur communiquée au vase et de celle perdue par le rayonnement , on trouve 75 unités pour la chaleur latente absorbée pendant la fusion de l'unité de poids de glace. On n'a pas encore obtenu des résultats exacts qui fassent connatlrela chaleur employée à Tétat latent lors de la fusion d'autres substances.

Généralement : soit H une masse d'eau , à une température primitive T, que l'on mélange avec une masse m de glace pilée à zéro ; et soit 0 la température finale du mélange, après la fusion de la glace. On peut faire abstraction du vase qui contient le mélange, en remplaçant dans le calcul la masse du vase par une masse d'eau correspondante. M(T — 6) sera la quantité de chaleur cédée par l'eau à la masse m de glace, laquelle est remplacée après la fusion par une masse m d'eau à 0 degrés, ayant conséqucmment gagné fn& nnités dé chaleur. S'il n'y avait eu aucune absorption , les quantités M(T — 6) et mS seraient égales; mais on trouve toujours que la première surpasse de beaucoup la seconde. Soit alors L le nombre d'unités de chaleur latente absorbées par la fusion de l'unité de glace, on aura, M(T-«6) = m0+mL, équation au moyen de

VIVGT-UVIEIIE LEOOV.

hquelle on détermine L. On peut par le tâlofinement augmenter la masse d'eau M , prise à une teinpérature T supérieure de a degrés à celle des corps environnants , de telle manière que la température finale 6 soit inférieure de 2a degrés à T, ce qui annulera les pertes par le rayonnement.

Lorsque Tcau pure est dans un état parfait de repos et de limpidité, sa température peut s'abaisser de quelques degrés au-dessous de zéro , descendre à — 10^ , — 12** , par exemple , sans que la con* gélation ail lieu. Gela tient sans doute à Tinertie des molécules do Teau y qui ont besoin d'un certain mouvement pour se disposer dans Tordre favorable à la cristallisation; en effet, à la moindre agitation imprimée au liquide, une portion se congèle rapidement, et la température remonte à zéro. Soit alors m la masse d'eau qui s'est abaissée de t degrés au-dessous de zéro ; en remontant à cette dernière température, elle gagnera ml unités de chaleur , qui proviendront de la chaleur dégagée par la formation d'une certaine masse fn' de glace ; on aura donc fni = mLy équation qui peut servir à déterminer m' ou L.

338. Par une expérience analogue , MM. Clément et Desormes ont déterminé la capacité (c)dela glace pour la chaleur. Celte expérience consistait à refroidir artificiellement une masse m de glace jusqu'à — 10^, — 12^, soit — $ degrés, et à la plonger dans une masse d'eau à zéro, dont elle prenait rapidement la température en occasionnant la formation d'une masse m' de glace, qui se joignait à elle , et que l'on mesurait en pesant le morceau de glace avaat et après l'opération. On en concluait facilement l'équation suivante, m.ic^=15m' , d'où 0-=^-^^'

339. La limpidité de. l'eau est une condition essentielle pour réussir à l'abaisser de quelques degrés au-dessous de zéro sans qu'elle se congèle; car lorsque l'eau est impure , les corps légers qu'elle tient en suspension ayant à peu près la même densité qu elle, mais non le même coefficient de dilatation , se contractent plus ou moins qu'elle par le refroidissemient , el le changement du rapport des densités détermine les particules en suspension à se mouvoir dans le liquide , à l'agiter , et la congélation s'ensuit.

M. Despretz , dans une série d'expériences qu'il a entreprises pour constater que le maximum de condensation de l'eau a lieu entre les températures de 4° et 4^ j^, a observé des abaissements de températurc plus considérables encore que ceux cités plus haut, au-dessous de zéro degré, sans que l'eau se congelât, quoiqu'il ne prit aucune précaution pour éviter toute agitation dans ses appareils. Ici tout

Mesure de

la cbaleur

spécifique

de la glace.

Causes qui

déterminent

ou retardent

la oongéla-

tioa.

324 COURS DE PHTSIQVC.

mouTcmeDt intérieur de la masse liquide, nécessaire pour déterminer la congélation , était sans doute gêné par les parois des tubes trés-élroits qui la contenaient. Il paraît queTeau ou le liquide qui circule dans les vaisseaux des végétaux peut s'abaisser à quelques degrés au-dessous de zéro sans se congeler ; il est vraisemblable d*ailleurs, d'après le fait qui vient d'être cité, que Teau peut se refroidir d'autant plus sans se solidifier, que le diamètre des tubes qui la contiennent est plus petit. Voilà sans doute ce qui le plus souvent empêche le froid de désorganiser les végétaux. cbaicur 340. La chaleur qui passe d'un foyer dans un liquide en ébulli-

ripeurs. tiou , dout la température reste nxe tant que la pression extérieure ne varie pas, est absorbée par le changement d'état du liquide, ou employée à le gazéifier. Pour évaluer la chaleur lateote qui disparait tiaos cette circonstance , on recherche la quantité de chaleur qui peut être restituée par la vapeur , lorsqu'elle retourne à l'état liquide.

Rumford employait à cet effet un moyen analogue à celui qui sert à mesurer la chaleur spécifique des gaz. Au milieu d'un calorimètre rempli d'eau , à une température inférieure de a degrés , à celle r de l'air extérieur, on fait circuler la vapeur d'un liquide •ayant une température primitive T, dans un serpentin où elle se liquéfie, cède sa chaleur latente à l'eau environnante, et sort de l'appareil à Tétat liquide avec une température variable , mais dont la valeur moyenne est t, car on arrête l'expérience lorsque la température du calorimètre ^st (^-4- a). Soient alors c le calorique spécifique du liquide formé par la vapeur; H la masse d'eau du * calorimètre , le vase étant converti dans le calcul en une masse d'eau correspondante; m la masse de vapeur entrée dans le serpentin à T*, et sortie liquide à la température moyenne t; enfin L la chaleur latente qui était contenue dans l'unité de masse de cette vapeur. La différence 2I!ifa — me (T — /), entre la quantité de chaleur sensible gagnée par le calorimètre , et celle perdue par la vapeur liquéfiée, différence qui u'cst jamais nulle, sera égale à iiiL; cette relation donnera L.

H. Dulong a perfectionné l'appareil de Rumford en plaçant dans FiG. 179. l'instrument une caisse destinée à recevoir la vapeur liquéfiée , qui prend alors la température de l'eau du calorimètre. La caisse a un fond incliné vers un orifice pour faciliter l'écoulement du liquide. Le calorimètre renferme un volant , au moyen duquel on mélange • tontes les couches d'eau , afin qu'un thermomètre ordinaire puissis indiquer exactement la température du réfrigérant. On peut faire

TinGT-IIinEMB LBCOtr.

Lots

Tapeurs.

communiquer Tapparetl ainsi modifié avec une machine pneumatique et une machine de compression , et mesurer ainsi la chaleur latente de la vapeur à diverses pressions. C'est ainsi que M. Dulong a déterminé le nombre 543 pour la chaleur latente de la vapeur d'eau ; c'est la moyenne de plus de quarante expériences. M. Desprelz a trouvé pour la vapeur d'alcool 208 unités de chaleur latente , pour celle de Télher 91 , pour l'essence de térébenthine 77 ; ces nombres expriment les unités de chaleur latente absorbées par l'unité de poids de la Tapeur de chaque liquide, formée à la température de son ébuHition.

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