SIMULTANÉITÉ DU PHÉNOMÈNE ÉLECTRIQUE, ETC
Hloiidlot (*) ont eu Tingénieuse idée d'élridier la polarisation rotatoire magnétique produite par des décharges électriques. Entre un polariseur et un analyseur à l'extinction, ils ont placé un corps transparent (flint lourd ou sulfure de carbone) dans une bobine à fil long et On reliée aux armatures d'une batterie. Dans le circuit de celle-ci se trouve un excitateur dont on règle d'avance la distance explosive. Au moment de chaque décharge, on constate une vive réapparition de lumière. Ainsi le plan de polarisation est dévié par les décharges électriques.
Pour analyser le phénomène, on dispose devant l'appareil optique un miroir auquel on imprime un mouvement de rotation rapide autour d'un axe vertical : le polariseur est muni irune fente également verticale dont on observe l'image dans le miroir au moyen d'une lunette. Par une disposition convenable, on force l'étincelle à éclater au moment môme où, <lans son mouvement de rotation, le miroir renvoie l'image lie la fente dans le champ de la lunette; on observe que celte image se compose d'une série de larges bandes lumineuses séparées par des bandes obscures plus étroites; si l'on tourne Tanalyseur dans un certain sens, toutes les bandes de rang impair disparaissent; il faut le tourner en sens contraire pour éteindre celles de rang pair. 11 est donc établi que le plan de polarisation de la lumière qui a traversé le tube oscille de part et d'autre du plan de polarisation de l'analyseur. Il doit en être ainsi si la décharge de la batterie est oscillante.
Pour savoir ce qu'il en est, il suffirait de regarder l'image lie l'étincelle dans un miroir tournant. Mais MM. Bichat et Rlondlot ont voulu aller plus loin : à l'aide d'un miroir fixe auxiliaire, ils ont ramené l'image de la décharge sur le même miroir tournant qui reçoit la lumière polarisée, et ils ont ainsi obtenu deux systèmes d'images disposées verticalement les unes au-dessus des autres. Ils ont constaté que, quelle que soit la vitesse communiquée au miroir tournant , les bandes brillantes de Vun des systèmes forment exactement le
(') IticHAT et Blondlot, Journal de Physique, V série, l. I, p. 3<)'î ; 1SS2.
4{a LES AIMANTS.
prolongemeiil des baades lumineuses de Tautre. Us en eoo- <*luent, avec une certitude parfaite, que les deux phénomèmi iflectrique et optique sont simultanés^
M. Blondlot (*) a récemment étendu cette conclosiOD u phénomène de Kerr, ou de la double réfraction électrique, <|ue nous décrirons un peu plus loin.
BOTATIOI PAl LES GOlPS UÊiMKL — M. Kundt (>) a décoavert que le fer» le cobalt , le nickel, déposés sur le t€iK par voie électrolytique, en couches assez minces pour être transparents, présentent à un haut degré le phénomène deb polarisation rotatoire magnétique. Dans une expérience, nie lame de fer de o^'^'^ooooSS a fourni une rotation de i%A plus de Soooo fois plus grande que celle que donnerait one lame de verre de même épaisseur; le cobalt donne une rotation voisine de celle du fer, le nickel une rotation envinm moitié moindre. II est à remarquer que toutes les rotaliois aÎDsi observées sont positives, contrairement à ce qui a lies pour les sels de fer.
La variation de la rotation électromagnétique du fer avec rintensité du champ présente une analogie étroite aveeli variation de son aimantation : la rotation crott d'abord proportionnellement à l'intensité du champ, puis atteint un maximum dans un champ d'environ 20000 unités. Pour une épaisseur de fer d'environ i*^™, la rotation maxima peut être évaluée à 200000®; elle est donc environ i3Soo fois celle i\\\ sulfure de carbone.
La dispersion (les plans de polarisation dans le fer est anormale; la rotation pour les ravons rouges est notablement plus grande ([ue pour les rayons bleus.
M. Kerr (M a annoncé que, lorsque la lumière pola-
(') Ulo.ndlot, Journal de Pfiysûjue. *i' série, t. Vit, p. 91; 1888.
(') Ki:\i)T, Sitzungsberichte (1er k. p. Akademie der Wnsenscha/ten zii /ferii/t, l. WXIV, p. 761 ; i88'|: cl I. XLVIII; i885. \oït Journal de Physique, a* série, t. UI, p. 4i)*N c^ *-• V, P« 7^*
{') Knnn, Assoc. Hrit, (1876); Philosophical Afagazine, 5« série, t. HI. p. 321, cl i. V, p. i(Ji. Voir aussi sur le mt^mc sujet Fitiobrau). Pi^ ieedingx of tlie Jioyal Society, t. X\V, p. V'i7; 1876; Riaiii, Annale* d( f.'lu'mie et de P/tysifjue, <>' série, l. IV, p. '|33: i885.