‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 2)Chapitre 75 sur 211 · ÉTAT SENSITIF DES DÉCHARGES · texte numérisé non relu

ÉTAT SENSITIF DES DÉCHARGES

de peine à constater, à l'aide d*un téléphone, que le fiJ qui relie le conducteur au sol est le siège d'un mouvement électrique intermittent au même degré que la décharge sensible qu'il influence.

Le résultat le plus curieux de l'étude de MM. Spotliswoode et Moulton est l'imitation arlificielle des stratifications, obtenue à l'aide des décharges sensitives. Supposons d'abord que la petite étincelle à laquelle est due la sensibilité du tube éclate du côté de l'électrode positive, et qu'on relie cette électrode à un anneau étroit d'étain entourant une section du tube. Aussitôt une langue lumineuse, qui semble partir de la surface intérieure du tube située sous l'étain, se dirige vers Téleclrode négative, tandis que du côté positif la colonne lumineuse primitive est déprimée et souvent presque coupée en deux, hdi Jig, 171 montre l'une des apparences que l'on

Fig. 171.

peut ainsi obtenir. Prenons maintenant une série d'anneaux tous reliés entre eux et à l'électrode positive {fig» 17^) et séparés l'un de l'autre par une dislance un peu moindre que le

diamètre du tube; nous verrons chacun des anneaux servir de base à un cône creux lumineux à l'extérieur, c'est-à-dire vers l'électrode négative, et se limitant à l'espace obscur qui

sert de hase à J'anneau lumineux suivant. Si Ton approche le doigt du tube, chacune de ces colonnes lumineuses se meut individuellement dans le mùme sens où se déplacerait la colonne entière si les anneaux n'existaient pas. 11 est impossible de méconnaître Tanalogie d'apparence et de propriétés de ces stries artilicielles avec les stratifications précédemment étudiées. Si celte analogie est réelle, n'y aurait-il pas lieu de chercher l'origine des stratifications dans un partage de la décharge s'effectuant entre le gaz raréfié intérieur et la paroi du tube? On conçoit qu'un tel partage puisse s'effectuer quand la résistance du gaz devient très considérable et dans une proportion d'autant plus forte que le gaz est plus raréfié. La discontinuité du phénomène lumineux pourrait alors résulter d'une alternance régulière entre les deux décharges gazeuse et vitreuse. L'expérience seule permettra de savoir ce qu'il en est.

EFFLUVE ÉLEGTRICtUE. — Quand une machine de Holtz demie entre ses deux pôles un courant d'étincelles, si Ton met ces pôles en relation avec les deux armatures d'un condensateur à lame d'air, les variations de potentiel qui se produisent aux divers points de la masse gazeuse donnent lieu à des décharges par influence connues sous le nom de décharges obscures ou (V effluve électrique. Leurs effets sont les mêmes à l'intensité près, soit que les potentiels conmiuniqués aux deux armatures conservent toujours le même signe et changent seulement de grandeur, comme cela a lieu dans le cas de la macliiiiede lloilz, soit (|ae ces polentiels changent périodiquement de sigïic. On réalise celte dernière condition en mettant les deux armatures du condensateui" en relalion avec les extrémités (lu (il induit d'une bobine de Hubnikorff.

Les effets chimiques de l'eninve sont extrêmement remar- (|uables et méritent d'èlre étudiés avec quehjue détail. Voici la disposition expérimentale adoptée par aM. Berlhelot ('). Dans une éprouvette E, contenant.de l'acide sulfurique {Jig^ 173), plonge une lame de platine (|ue l'on mot en rela-

(*) lÎERTiiELOT, Essai de Mecanàjuc cliimi<jue, t. Il, p. 367. Paris;

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