II
ii,53o
iS,o
fi
28, Ml
•iS.fri 29.7SÎ 3o,tM| 3i ,3)8
2° Mesure du poids de la vapeur formée, — Dans toul ce qui procède, nous n'avons fait rien autre chose que de mesurer raugmenlalion de pression qui survient dans un gaz quand on y met un liquide qui s'y vaporise. En voyant que cette augmentation est précisément égale à la tension maximum deU vapeur, Dalton a admis qu'il se forme une quantité de celte vapeur absolument égale à celle qui prendrait naissance dans le même espace s'il était vide, et qu'elle se mêle purement et
MELANGE DES GAZ ET DES VAPEURS. ajS
aplement au gaz sans aucune condensation, en ajoutani sa ession à la sienne. Ce raisonnement est incomplet. n ne suffit pas d'avoir constaté que l'augmentation de presm produite par l'évaporalion dans un gaz est égale à ta ten- >n maximum de la vapeur dans le vide, il faut encore comparer J poids de la quantité de vapeur qui salure un espace donné, it quand il esl vide, soit quand il contient un gaz : c'est ce l'a fait M. Regnault {') de la manière suivante, l'n courant d'air, déterminé par l'aspiralion d'un flacon qui vide, traverse d'abord un ballon A rempli d'épongés mouilis [fig. 80] ; il arrive ensuite sous une cloche BC; il (iltre à
FIf. 80.
ivers un manchon de toile métallique que l'on a couvert de .ges mouillés, et, saturé par ces contacts multipliés avec au, il s'échappe à travers le conduit BDER. Il traverse plu- (urs tubes à dessiccation, dépose son humidité dans le preier, arrive dans l'aspirateur M qu'il remplit, et là il se sature ■■ nouveau.
SoilTT le poids de la vapeur qui est condensée en D. Le lume V de l'air qui a traversé le lube D est égal à celui de
) KicucjiT, JiuuUt 4t Ckin
tt dm PhjiiqHi. 3< lérie, t. XV, p. 1 jg.
246 THERMOMÉTIUE. - DILATATIONS.
l*eau qui s'est écoulée du flacon M, volume qu*on a mesuré i Tavance.
Si l'espace V était vide, la tension de la vapeur qui le saturerait serait égale à la tension maximum F, son poids serait 7i, et en désignant par p la densité de la vapeur, qui est, pour i Teau, égale à ofiii, on aurait ,
• [i -i- at] 760
Or, en comparant ce poids calculé ri au poids tt, expériraenlilemenl trouvé, qui exprime le poids de vapeur saturant le mène espace plein de gaz, M. Hegnault a trouvé que tti = r. Voici quelques résultais de M. Regnault :
tempëbatir;:.
obsorTc.
POIDS :r
mlrul^.
ojifjo
wrrtKsa.
On voit par là (lu'un liquide produit, dans un espace Jonï* (|ui conlionl un gaz, une quantité de vapeur dont le poids eli* KMision sont les mrnies (jue si col espace était vide; endatt* très ternies, que la vapeur se forme dans les gaz comme datf le vide, et que sa force élasti(jue maximum s'ajoute à celle !• gaz.
LOI DE MARIOTTE APPLiaUÉE AU MÉLAHGE DES 6AX ET IB H^ PEUB8. — Nous avons admis que les vapeurs non salurétt suivent sensiblement la loi de Marioile et se dilatent aveck coefDcient o,oo3G6. Dès lors, quand on changera la tempén-
MÉLANGE DES GAZ ET DES VAPEURS. liy
re, la pression el le volume d'une masse donnée de vapeur, 1 aura les relations
Toutefois cette formule n'est applicable que dans les cas où a valeur calculée de/' est inférieure ou égale à la tension oaximum de la vapeur à la température t' ; si la formule douait une valeur plus grande, cela indiquerait que le point de Uuration a été dépassé et qu'une portion de la vapeur s'est mdensée en prenant la température t et le volume v . Jusqu'à 'tte limite, la vapeur est un véritable gaz; par conséquent, on la mélange avec un gaz permanent qui suit la même loi t compressibilité et de dilatabilité, il est probable : i" que la rce élastique totale H est égale à la somme des tensions/ H— /de la vapeur et du gaz; 2** que la tension H— /suivra ujours la loi des gaz; 3° que les pressions/ et H suivront issi ces mêmes lois tant que /ne dépassera pas la force élasîue maximum de la vapeur. Soient Vy H, t, f les données *ns un premier état du mélange, v'. H', /', /' les mêmes uantités dans un deuxième état; on aura pour l'air seul
l peut arriver que/' soit plus petit que la tension maximum de ^ Vapeur à /', ou bien qu'elle lui soit égale : dans ces deux cas
' fera connaître la véritable valeur de^la tension de la vapeur; *ïais, quand on trouvera pour /' un nombre qui dépasse la tension maximum, cela voudra dire que le mélange n'a pu Subsister et qu'une portion de vapeur a été condensée. Ces formules permettent de résoudre un grand nombre de problèmes sur les vapeurs ou sur les mélanges de gaz et de valeur.
Toutefois il serait inexact d'appliquer la loi du mélange des az el des vapeurs au cas des pressions excessives pour lestielles la loi de Mariotte ne représente plus rien. Ainsi M. An-
2{8 THERMOMÉTRIE. - DILATATIONS.
drews (*) a trouvé que Tacide carbonique se liquéfle à la lempéralure de 6*^,7, sous la pression de 4^*'">5, quand il est pur, tandis qu'un mélange de 3 volumes d'acide carbonique et de 4 d'azote a pu être soumis à une pression de ^83*'",9 qui a réduit le volume du mélange à jf^ ^® son volume primitif, sans qu'on soit parvenu à liquéfîer l'acide carbonique. On peut même dire, d'après l'auteur, qu'un tel mélange ne se liquéfiera jamais, tant que la température n'aura pas été abaissée à — lo*. Il suffit d'un dixième d'air ou d'azote pour abaisser de plusieurs degrés le point critique (-) relatif à l'acide carbonique.
BUT DE L'HTClROnËTBIE* — L'atmosphère terrestre, qui est toujours en contact avec l'eau par des surfaces considérables, contient évidemment des quantités de vapeur variables avec les temps et les lieux : c'est cette vapeur, transportée par les vents, qui détermine les météores aqueux, tels que la pluie, les brouillards, la neige. Nous n'étudierons pas ces phénomènes, qui sont du domaine spécial de la Météorologie; mais nous allons montrer comment on peut mesurer à chaque insiani la quantité d'humidité que l'air renferme : c'est le but de IHygromélrie.
On peut considérer le problème de Tllygrométrie à trois points de vue différents :
I** On peut se proposer de trouver quelle est, à un moment donné, la force élastique /de la vapeur dans l'air.
2° On peut chercher quel est le poids xn de la vapeur contenue dans ç'*'* d'air atmosphérique; ce poids gj est représenté par la formule suivante :
^"" (i-4-a^]7Go ^~ p -T- a^j 7^0*^'
11 est évident que cette dernière recherche revient à la pre-
( * ) Atidrews, ylniiaîes de Chimie et de Physique, 5* série, t. VUI, p. 555. (") Voir p. 237.
lière; car, si Ton connaît/, on pourra calculer gj; et récîprouement, si Ton a mesuré cr, on trouvera /par la formule nrécédente.
3' L'air étant plus ou moins humide, suivant qu'il est plus raij^oins rapproché de son point de saturation, ou suivant que a force élastique / de la vapeur qu'il contient est plus ou
Qoins près d'être égale à la tension maximum F, on peut se
f •TOposer de déterminer le rapport ^; ce sera une fraction
'autant plus petite que Tair sera plus sec, et d'autant plus approchée de l'unité que l'air sera plus humide; sa valeur îui être prise comme mesure de Y état hygrométrique ou de fraction de saturation de l'air.
Si l'air était saturé, le poids II de vapeur contenu dans un diurne V 2i t^ serait
(1 -+- xt] 700 Ton a, en divisant tt par n,
état hygrométrique représente donc à la fois les rapports
et :^- Il est égal au quotient de la force élastique existant
ms l'air par la tension maximum, ou bien au quotient du poids 5 vapeur contenu dans un volume v par le poids qui s'y trouerait si l'air était saturé.
On voit maintenant que, F étant donné à toutes les tempétures par les Tables de tensions de la vapeur d'eau, on pourra
ilculer -j si l'on a mesuré /ou tt, comme aussi l'on pourra
^tenir la valeur de /et de tt si l'on a déterminé •—•
En résumé, toutes les questions que l'on peut se proposer ins l'Hygrométrie pourront être résolues si l'on a déterminé cpérimentalement, ou la force élastique de la vapeur /connue dans l'air, ou le poids tt de vapeur contenu dans un vo-
aSo THERMOMÉTRIE. - DILATATIONS.
lume if, ou enfin le rapport „ = ^« c'est-à-dire Tétai hygroirf' trique ; dans les diverses méthodes expérimentales on mesM l'une quelconque de ces trois quantités /, r, ^; noussoii^ dans notre exposition Tordre historique des découvertes.
HTaROMâTBE DE SAUSSURE ( < ). — 11 y a, comme tout le moit le sait, des substances que Ton nomme hjrgrométri^ parce qu'elles absorbent dans Tair Thumidité qui s y troiff. Presque toutes les matières animales ou végétales sédMl possèdent celte propriété, et l'observation prouve en oM qu'elles augmentent de volume toutes les fois qu'elles se dtf gent d'eau. Ainsi le bois, les fanons de baleine» les cordesi boyau, se gonflent perpendiculairement au sens de leurs film et les cheveux, que Ton peut considérer comme étant foité par une suite de cônes emboîtés, s'allongent ou se racco» cissent suivant qu'ils sont placés dans Tair humide ou sec D'ailleurs, ces corps ne se dilatent pas sensiblement par Fcft de la chaleur, et, puisque leurs changements de volume soi exclusivement produits par Thumidité de Tair, ils peore* servir à la mesurer. Ayant reconnu cette propriété, de Sii» sure construisit de la manière suivante le premier hygw**' précis qui fut imaginé.
On prend une mèche de cheveux longs, lisses etsoyeuiiQ* doivent être coupés sur une tête vivante et saine. Co^ ils sont toujours revêtus d'une couche huileuse qullesp»' serverait de Taction de Thumidité, on commence parte* graisser. A cet effet, on les coud dans une enveloppe de M*» on les fait bouillir pendant trente minutes dans une ks# contenant jo ^^ carbonate de soude, et on les laisse refroi*'* les maintenant dans la dissolution. Cette opération suffit P^ les rendre propres à l'usage auquel on les destine. Sol* prolongeait davantage, on les altérerait.
Il faut ensuite choisir un de ces cheveux, le fixer par «o**
(») De SArucRi: (Hortce-Bcnédict), Essai sur V Hjrgrwmitne, p. i**^ chàtel, 1783.
aSi
a partie supérieure A ifig. 8i) d'un support ' sur une poulie C et terminer par un poids P fort pour le tendre, et y\z. 8i.
allonger; de Saussure o«',a. La poulie porte larcourt un limbe méicera tout à l'heure la pareil, et qui, étant en- )uvëments du cheveu, )ns de rélat hygroméquand il pleut et desst sec.
lentiquement tous les les couvre avec une que Ton dessèche d'asant une plaque de tôle »is fondu de carbonate it Tappareil se fixer en e qui indique la séchejue l'on marque zéro, ace la cloche sur une lau; l'air se sature, le et l'aiguille s'arrelc à I qui correspond à Thun y marque ioo°. Enfin on divise en loo paraile compris entre les deux points fixes, intenant dans l'air, cet instrument indique lidilé variables : c'est un hygroscope, mais il les problèmes que nous avons proposés préaussure le sentit, et il commença des expécher quel est l'état hygrométrique quicorresegré de la division empirique précédente, jestion fut reprise par Dulong (•), Gay-Lus- ('); mais ce n'est qu'après les expériences
jùque de Biot, t. H, p. 207.
Physique de Biot, t. II, p. 19g.
s de Chimie et de Physique, 3* série, t. XLHI, p. 39.
25a THERMOMÉTRIE. - DILATATIONS.
de M. Regnault ( * ) que Ton connut complètement toutes les circonstances qui influent sur l'hygromètre. Ces expériences sont les seules que nous rapporterons.
M. Regnault commença par préparer des solutions titrées d*acide sulfurique; elles avaient les compositions suivantes:
S0»-+-2H0, S03-h3HO, ..., SO»-MoHO, S0»-+-i2H0, S0»-+-i8H0.
Il introduisit ensuite une petite quantité de ces diverses Assolutions dans le baromètre à vapeur de l'appareil représemé [fig. 71, p. 208). Comme on le pense bien, les forces éiistiques de la vapeur produite furent d'autant moindres que il solution était plus concentrée; M. Regnault les mesura» el, opérant absolument comme il Tavait fait précédemment pour l'eau pure, il dressa les Tables de ces forces élastiques entre les températures de 5° et 35*». Ces Tables se trouvent dans les Annales de Chimie et de Physique, 3* série, t. XV, p. 1 79; nous y renverrons le lecteur.
Après ces recherches préliminaires, on verse au fond dun grand bocal en verre une couche peu épaisse de l'une des solutions précédentes; on suspend au-dessus rhygromèlre el un thermomètre, et, après avoir fermé le vase par un plateau de verre rodé, on attend que Thygromèlre s'arrête à une division {\\Q du limbe. Soient a celle division el / la tempéralure. On cherche dans les tables les tensions/ el F données à /*
f par la solution el par l'eau pure, et le quotient ^ exprime
l'état hygrométrique qui correspond à la division a marquée sur l'échelle de Saussure. On répète ensuite la même opéntion avec toutes les solutions préparées, ce qui donne autant de points de correspondance que l'on a fait d'épreuves. Par interpolation, on dresse enfin une Table qui fera connaître les • états hygrométriques pour chaque degré du limbe divisé. M. Regnault dressa celle Table de correspondance pour plu-
( * ) Regnault, Annales de Chimie et de Phjsique, Z* série, t. XV, p. i^i M suivantes.
HYGROMÉTRIE. a53
turs hygromètres qu'il plongeait à la fols dans le même bocal, avaient été préparés, les uns avec les mêmes cheveux lavés ns la même lessive, les autres avec des cheveux très-difféats par leur origine, leur finesse et leur couleur, que Ton ait dégraissés ensemble ou séparément; quelques autres ne BTéraient que par leur poids tenseur, et enfin Tun d'eux, qui ait très-ancien, lavait été construit à Genève par un artiste immé Paul, contemporain de Saussure. Cette comparaison appareils si divers fit voir qu'ils ne sont point identiques, >iDme on Tavait supposé sans preuve; toutes les circoninces qui établissent une difîérence entre les cheveux qu'on tiploie font changer la Table de correspondance qui leur nvient. Les résultats qui suivent mettent ce fait hors de ute contestation.
F bjgromèlre. hyfroinèlre. hyfromètre.
0,000 0,0 0,0 OyO
On ne peut donc plus songer à construire une Table de graualion unique applicable à tous les hygromètres, -comme avaient essayé Dulong, Gay-Lussac et Melloni ; il faut, au 3ntraire, après avoir adapté à chaque appareil la division arilraire de Saussure, le graduer spécialement en suivant la léthode de M. Hegnault. Celte obligation enlève à l'hygromètre )me sa simplicité, et même, quand on y a satisfait, toute inmitude n'a pas disparu ; car nous ne savons pas si la Table onsiruite pour une température donnée resterait exacte à 'autres degrés du thermomètre. Il est, au contraire, trèsrobable que, /et F changeant tous deux, les allongements du beveu ne resteront pas rigoureusement égaux quand l'état
rgrométrique -^ demeurera constant, et qu'il faudrait avoir
254 THERMOMÉTRIE. - DILATATIONS.
pour chaque température une Table spéciale. M. Regnaultavil commencé des expériences pour étudier cette influence de la température; mais un accident survenu à l'appareil qal employait ne lui a pas permis de les terminer. En résumé» riiygromètre de Saussure est un instrument fort incompieL Tel que le construisait son inventeur, il ne donnait quedesiodh calions empiriques; et, si Ton veut le graduer rationnellemeol, il faut exécuter pour chaque instrument une série d'expériences longues et délicates. Il faudrait même les répéter de temps en temps pour être certain qu'un appareil si altérable et si fragile ne se transforme pas. Enfin on manque de données pour savoir si la graduation peut être appliquée à toutes les températures.
MÉTHODE GHIMianE. — M. Brunner(') a imaginé de déterminer directement par une véritable analyse chimique le d'eau renfermé dans un volume déterminé c d'air. Cette thodc, qui ne laisse rien à désirer souîS le rapport de l'exacli — tude, se pratique de la manière suivante :
Un tube de caoutchouc fixé en A ( /î^. 8?.) va chercher l'i dans raimosphère au ])oinl que Ton veut étudier, etunaspi tour plein d'eau, (|ui s'écoule l(Milemenl, provoque un courai// d'air qui traverse trois tubes pleins de ponce sulfurique. Le pi dépose la pr(»s(|U(» lolalité de sa vapeur dans le preniitTtubf et achève de se dessécher dans le second ; le troisième pS destine à empêcher rhuniidité de ras[)iraleur de revenir «i sens inverse du courant f,'îizeu\, pour se fixcT sur la pierre ponce des premiers tubes. On a pesé ceux-ci avant roiiéraiion. on les pèse de nouveau (juand elle est terminée, et raiignientation (ju'ils <i»nt éprou\ée est le poids de la vapeur. On a
[\ -.- at • '-bo
X est la force élastique de la va|)eur contenue dans Tair, /e5l
(*) bRU^KLn, ylniialesdc Chimie et de P/iysit/u% 3* série, t. Ml, p. 3o j : /^ cription de quelques procédés pour Vanahsc de l'atmosphère.
HYGROMÉTRIE. a55
mpérauire moyenne pendant l'opération, v est le volume - écouté exprimé en litres.
our délerminer ce volume r, il faut avoir préalablement ^ l'aspirateur. Soit vn sa capacité à zéro; elle devient \->[-ht') àlaTm de l'expérience, quand la température est T; contient un volume d'air égal, qui est à la pression U' de
fig. %i.
losphère, qui est saturé d'humidité, puisqu'il est en conavec l'eau, et qui renferme de l'air sec à la pression H'— F'. olume de cet air sec serait, sous la pression jSo'"'" et à la lérature zéro,
('«[■ + A-/')fH'-F)
ar)76o
. l'air sec qui a traversé les tubes; mais, pendant l'expé- ;e, il était à une température moyenne t, et, comme il con-
THERMOMÉTRIE. - DILATATIONS.
tenait de la vapeur à une tension x^ il avait une presska (H — ^), H représentant la pression moyenne pendant Topération. Son volume i^ était donc
On peut maintenant remplacer v par sa valeur dans réqoition ( I ) et calculer x.
Les aspirateurs que Ton emploie aujourd'hui permettent à continuer l'opération pendant très-longtemps. Us sont €0Bposés de deux réservoirs placés Tun au-dessus de l'iuM [fis* ^'^) ^^ ^^^ tournent à frottement autour d'un axe ho^ zontal BF qui les supporte. Dans la position indiquée pirli figure, Tair est aspiré par le tube ABC ; il arrive en C au-desstf du niveau deTeau et la remplace dans le réservoir DC, pendtti qu'elle s'écoule par le conduit DD. En même temps le use inférieur s'emplit et l'air s'en échappe par un autre tube EF. Quand tout le liquide est tombé, on retourne les deux ^é9e^ voirs, et, comme ils sont construits d'une manière identiqtti ils ne font que changer de rôle en changeant de place.
La méthode que nous venons d'exposer ne s'appuie suriocun principe incertain; elle serait parfaite si elle n'exigeait une manipulation longue et délicate, qu'il serait fort difficile de recommencer plusieurs fois par jour à toutes les époques de l'année. Pour celte raison on a cherché un autre appareil qui pût réunir à la fois tout le degré de certitude de la méthode chimique et toute la commodité de l'hygromètre à cheveu : c'est le psychromètre, appareil fréquennnent employé par les inétéorologisles, cl sur lequel nous reviendrons plus tard (*), quand nous aurons acquis les notions sur lesquelles son emploi esl fondé.
HYGROMÈTRES A GONDENSATIOR. — Nous arrivons enfm à une dernière méthode, incomparablement préférable aux précédentes. Le Roi ('-), de Montpellier, a proposé le premier dere*
( ' ) Dans la deuxième Partie de la Chaleur,
(*) Le Roi, Mélanges de Physique et de Médecine^ MontpeUicr, 1771; w' aussi Da!(1£Ll, Meceorological essajrs and observations, p. 142. Londres, i%Ù*
NI
froidir dans l'air un vase plein d*eau en y jetant successivement de petits morceaux de glace, jusqu'au moment où un dépôt de rosée commence à se former sur sa surface. Il est évident que la couche d'air qui est en contact avec le vase en partage la tempéra ture, et si la rosée se forme à la température /', c'est qu'alors l'air commence a être sursaturé et que la force élastique X de la vapeur qu'il contient est un peu plus grande que la tension maximum F' qui correspond à /'. On laisse ensuite réchauffer le vase peu à peu, et bientôt la rosée disparaît à la température /"; à cet instant l'air cesse d'être saturé, puisque Teau condensée reprend l'état gazeux, et conséquemment la force élastique x est inférieure à la tension maximum F'' qui corespond k i"; x se trouve ainsi compris entre F' et F'' et peut
êire pris en moyenne comme égal à — '- — •
Tel est le principe des hygromètres à condensation. Ce principe est simple; aucune cause perturbatrice ne peut intervenir pour le modifier, et la seule chose qui reste à faire est d'ima- Siner une disposition d'appareils qui permette de réaliser aisément ces conditions théoriques.
Daniell (*) plaçait sur un support (yîg*.83) un siphon de verre fermé, purgé d'air et contenant de I*éther en A. Il est terminé par deux -boules : la première D, qui est cou- -"^^te d'une gaze ; la deuxième \ , ^ui est nue, et dans laquelle est fixé ^n thermomètre très-sensible B(].
Quand on veut faire une observation, on verse quelques gouttes d'é- Uiersurla gaze qui recouvre D; elles •^évaporent rapidement, refroidissent ^^ boule D et, d'après le principe de W paroi firoide, il se produit une distillation du liquide intérieur de A "^ers D, une absorption de chaleur en A, un refroidissement du
Fi(î. 83.
(•) Daniell, Annales de Gilbert^ t. LXV, p. 169, et Meteorological Essars OàserwUions, p. i39 et tnirantes. Londres, 1827.
J., Chaleur, — H. i" fasc. 17
kr
258 TIIERMOMÉTRIE. - DILATATIONS.
thermomètre BC et bientôt un dépôt de rosée sur la bouki L'observateur se place à une petite distance, de manière àiôr se réfléchir Tirnage du ciel sur la surface, du verre en B; 1 reconnaît le moment où la rosée se forme, au voile qui s'éiarf sur le point brillant et à une diminution brusque dans rintnsité de la lumière réfléchie; il note alors la température : c'eslf. En cessant de verser de Téther sur I), cette température serflève, et, quand la rosée disparaît, le thermomètre marque /'.
(let appareil laisse subsister quelques causes d'erreur : i^fe refroidissement se fait en A par la surface supérieure du !• quide, qui est toujours plus froide que la masse; cest niveau de cette surface que la rosée se dépose ; c>st ausâi ce niveau qull faudrait mesurer la température, mais le lbe^ momèlre plongé dans rinlérieur marque une température plus élevée que celle de la couche terminale; 'i** la paroi deli boule, qui est en verre, conduisant imparfaitement la chaleur, est plus chaude à l'extérieur qu'à l'intérieur, et le thermomètre n'indique pas la température de la couche d*air quand eh commence à déposer de la rosée; 3" l'observateur, obligé et se tenir au voisinage de l'appareil, introduit de la vapeur daas l'air et modifie, par l'évaporalion dont il est le siège, réw hvgromélrique du lieu ; j** Félher versé sur la boule A, ens'«^ vaporant dans l'air, v amène de nouvelles vapeurs qui doiveol influer sur le résuJlîit, puisque lui-même contient dei'eiuî ■> enlln h\ manipulation n'est pas commode, car il est diffirifc de verser légulièremenl Féiher en I) et de régler la progressa du refroidissement, qui peut être trop rapide ou li*op leni «* qui, dans les temps secs et chauds, devient insuffisant po* produire la condensation.
On voit que l'hygromètre de Daniell laisse à désirer, nonp* au point de vue de la théorie, mais parce qu'il ne réalise p** sans causes d'erreur le principe de la condensation. M. I*: gnault (*) remplace cet instrument par un autre auquel on* peut rien reprocher de semblable.
Un tube de verre E |^/îg". 8î\ terminé par un dé tfirp* très-mince et parfaitement poli, contient de Téther. Le bofr
( *) Recscailt, Annales de Chimie et de Physique^ 3* iérie, t. XV, p. iJ9«
HYGROMÉTRIE. sSg
qoi le ferme donne accès, d'abord à un tube B qui plonge le liquide, ensuite à un autre tube A qui communique un aspirateur, enfin à un thermomèlre qui indique la érature intérïeure. Quand l'aspirateur marche, un courant circule dans l'éther, y produit une évaporatîon et un re~
Fig. 84
issement, et bientôt la rosée se dépose sur le dé d'argent. emarquera : i" que dbtte manipulation tout intérieure ne ge pas l'étal de l'air ambiant; a" que le dé d'argent trèse et très-conducteur est à la même température sur ses faces; 3° que le liquide agité constamment est au même ! dans tous ses points, et que le thermomètre indique isairement la température de l'air qui enveloppe la sui^
26o THERMOMÉTRIE. - DILATATIONS.
face du dé; 4"" enfîn qu'en réglant convenablement le jea de raspirateur, on peut produire un refroidissement rapide ou lent à volonté, et s'arrêter précisément au moment où le voile de rosée se forme.
Avec ces conditions, le nouvel hygromètre possède dqi sur celui de Daniell une supériorité marquée ; mais il bM encore pouvoir saisir avec une précision plus grande que précédemment le moment où la rosée se dépose, et voici comment on y parvient. A côté du dé précédent, on en fixe un second F, qui est tout semblable, qui contient lui-même un thermomètre pour mesurer la température de Tair, mais dans lequel on ne met pas d'éther. L'observateur se place à lo" environ, avec une lunelle G qui vise les deux tubes à la fois et qui, avant l'opération, permet de constater la parfaite égalité de leur poli. La lunette doit grossir assez pour que tous les détails des surfaces soient parfaitement saisis, et posséder un champ assez large pour qu'on puisse lire, sans la déplacer, les températures des deux thermomètres. A cette distance, l'observateur n'exerce aucune influence sur l'air ni sur les thermomètres, et l'aspirateur étant à la portée de sa main, 0 en règle la marche en manœuvrant le robinet, de façon que l'abaissement de température se fasse très-lentement et trèsrégulièrement. Au bout d'un certain temps, la rosée se forme, et, grâce au grossissement de la lunette, on en est averti aussitôt par la difTérence d'cclai des deux dés. On ferme le robinet à l'instant même et on lit la température /'. L'appareil se réchauffe ensuite, et, après un temps très-court, la surface réfléchissante redevenant claire, on note t\ qui est très-sensiblement égal à t' .
Avec un peu d'habileté, avec la précaution de régler convenablement le jeu de l'aspirateur, on voit souvent la rosée se former et disparaître alternativement sans que l'on puisse constater aucune variation de la température ; c'est que les effluves d'air qui arrivent à l'appareil sont alternativement plus ou moins chargées de vapeur et que l'instrument possède toute la sensibilité qu'il faut pour manifester ces variations, et à plus forte raison pour accuser tout changement hygrométrique, si minime qu'il soit. Bien qu'il exige pendant quelques minutes
HYGROMÉTRIE. a6i
rintervention de Tobserviteur, Tappareil condenseur n*offre guère plus de difliculté dans son emploi continu que Thygromètre de Saussure ou le psychromètre ; et il rachète cette légère infériorité par tant de certitude dans les mesures et tant de sensibilité dans les indications, qu'on ne peut hésiter à bisser de côté les méthodes précédentes pour adopter excludvement celle-ci.
TABLE DES MATIÈRES