‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 5)Chapitre 1 sur 185 · PARIS, GAUTHIER-VILLARS ET FILS, IMPRIMEURS-LIBRAIRES · texte numérisé non relu

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DU BUREAU DES LONGITUDES, DE l'ÉGOLE POLYTECHNIQUE,

Quai des Grands-Augustins, 55.

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COURS

DE

Caractères différents des méthodes expérimentales et âes méthodes mathématiques. — Observation. — Expérience. — Lois physiques. — Utilité des lois physiques. — Théories mathématiques. — Systèmes. — But de la Physique. — Ses rapports inlimes avec la Chimie.

CARACTÈRES DIFFÉRENTS DES MÉTHODES EXPÉRIMENTALES ET DES MÉTHODES MATHÉMATiaïïES. — Quand on commence l'étude des sciences malhémaiiques, il suffit d'avoir admis quelques vérités évidentes pour être conduit, par une série de raisonne ments qui s'enchaînent, à une suite continue de conclusions aussi certaines que les principes qui leur servent de base; ces sciences sont des conceptions pures et n'obéissent qu'aux lois nécessaires du raisonnement. Mais, dans l'élude que nous allons faire du monde physique, il n'y a point d'axiomes que la raison nous indique ni de principes que nous puissions tirer de notre esprit; on ne voit dans la nature que des mécanismes complexes, des mouvements, des transformations dont le lien nous échappe. Le seul objet de nos efforts sera d'analyser ces mécanismes et de rechercher ce lien ; le seul moyen que nous ayons pour y réussir est d'observer les phénomènes qui se produisent autour de nous. Dans notre ignorance de la structure intime des corps et des propriétés des éléments qui les constituent, nous ressemblons à ceux qui examinent

J. et B. — I (4« édit., 1888), i" fasc. i

pour la première fois le jeu id"*une machine à vapeur : ils y trouvent des organes nombreux obéissant à l'action d'un moteur caché, et, s'ils veulent se rendre compte du jeu de l'appareily ils sont conduits à le démonter pour étudier la fonction de chaque partie, jusqu'au moment où ils découvrent la vapeur qui met tout en mouvement. Vis-à-vis des phénomènes naturels, nous avons la même ignorance du mécanisme et des causes, et le mémo besoin de les étudier par un travail de décomposition semblable.

OBSEBVATIOHS.— Du moment que nous ne pouvons rien savoir a priori SUT le monde physique, il nous faut renoncer d'une manière absolue à l'habitude que nous prenons trop souvent d'accepter à titre d'explications des hypothèses auxquelles nous ne demandons que d'être possibles, et nous imposer la règle invariable d'étudier les phénomènes tels que nous les voyons se produire sans chercher à rien deviner des causes qui les déterminent : c'est à ce genre particulier d'études, qui n'est rien qu'un examen attentif des faits, que nous donnons le nom d'obseri^ation, et c'est comme pour avouer la nécessité de nous y soumettre que nous appelons les sciences physiques sciences d'observation. Avant tout, il faut que l'on sache bien que l'observation n'est point un examen superficiel et vague des phénomènes; c'est, au contraire, une étude minutieuse et longtemps poursuivie de toutes leurs phases, et surtout une mesure précise de toutes leurs circonstances. Pour en faire comprendre le besoin, la marche et les conséquences, nous prendrons un exemple qui est célèbre dans l'histoire des sciences. Depuis les temps les plus reculés on avait grossièrement suivi le cours des planètes : cela suffisait pour avoir donné une idée sommaire de leur marche, mais ce n'était pas assez pour que l'on en pût calculer exactement le mouvement. Sur ces données vagues, on avait imaginé des systèmes qui n'avalent point de réalité, parce qu'il leur manquait une base expérimentale, et qui disparurent aussitôt queXycho-Brahése fut appliqué à observer les déplacements de ces astres avec une rigoureuse exactitude. Il détermina par des mesures journalières les positions que les planètes occupent à des époqa<es

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