PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES GAZ
Vie. 87.
celle-ci se gonfler, pour revenir à son volume primilif quand on laissera rentrer Tair sous la cloche (*). Cet air agit donc sur les parois de la vessie comme le ferait une pression exercée de Texlérieur, et Ton est en droit de dire qu'un gaz, comme un liquide, exerce des pressions sur les parois des vases qui le renferment ou à la surface des corps qui y sont plongés. Notons aussi que, quand un gaz se détend brusquement, il se refroidit; ainsi, quand dans l'expérience précédente on ouvre le robinet de la machine pneumatique, les premières portions de l'air qui rentrent sous la cloche produisent un brouillard dû à la condensation de la vapeur qui était- contenue dans cet air.
En résumé, le volume d'une masse gazeuse dépend de la pression qu'elle supporte. Quand cette pression augmente le volume diminue, quand elle diminue il augmente, et toute variation de volume est accompagnée d'un dégagement ou d'une absorption de chaleur.
Les gaz sont pesants; prenons {Jig- 87) un ballon de verre de 5"* à 10^'' de capacité, fermé par une garniture à robinet. Commençons par enlever l'air qu'il renferme à l'aide d'une machine pneumatique, fermons le robinet et suspendons l'appareil à une balance sensible en l'équilibrant par une tare opposée. Au moment où nous ouvrirons le robinet, nous entendrons l'air rentrer en sifflant, nous verrons le ballon baisser, et son poids augmenter de 18% 293 environ par litre de capacité. Cette expérience est due à Otto de Guericke (2). On peut la répéter en laissant rentrer dans le ballon un gaz quelconque, et l'on constate ainsi que tous les gaz sont pesants.
(») Cette expérience est due aux académiciens de Florence {Saggi di naliirall sperienze faite nell* Accademia del CimcntOy Firenze, 1667 et 1692; la meilleure édition de cet Ouvrage a été publiée en 184 1, par le grand-duc Léopold 11).
(^) Galilée avait précédemment démontré que l'air est pesant en déterminant le poids d'un ballon dont on avait fait sortir, en le chauffant, une certaine quantité d'air.
iU8 iiVdrostatique.
HESUBE DE LA FBES8I0B D'UI 6AX. — Les particules gazeuses jouissent d'une mobilité au moins égale à celle des particules liquides, et, comme la grande compressibilité particulière aux gaz n'altère en rien les raisonnements par lesquels nous avons établi les lois fondamentales de l'Hydrostatique, nous pouvons appliquer aux gaz le principe de Pascal et le principe d'Archimède, avec toutes leurs conséquences. Nous n'avons à nous inquiéter que des vérifications expérimentales dont elles sont susceptibles.
L'expérience suivante nous montrera comment on mesure la pression d'une masse gazeuse. Prenons une cloche M fermée de toute part ijig. 88) et dans laquelle on peut à volonté puiser ou introduire du gaz au moyen d'une machine pneumatique ('). Un tube recourbé AMBC plonge par le bas dans le vase el, traversant la partie supérieure, s'élève jusqu'en C. Ce lube est fermé au sommet; il contient du mercure, et l'espace BC est enlièremeni purgé d'air. Si l'on fait le vide au plus haut degré possible dans le vase M, le mercure s'établit dans le lube AMB très sensiblement au même niveau AA' dans les deux branches; mais, au moment où l'on fait entrer de l'air dans la cloche, le niveau , monte en B et s'y fixe pendant qu'il descend en A d'une autre part.
Puisque le mercure est maintenant élevé d'une hauteur h au-dessus du niveau A dans la branche fei^ mée, il exerce sur la surface A une pression totale dirigée de bas en haut, et qui est égale au poids d'une colonne de mercure qui aurait A pour base et h pour hauteur; et, comme l'équilibre est établi, il faut que le gaz exerce une pression
(>) Celte «iporience eil due à Pasol, qui l'appeloit erpirience du vaiàt