DEUXIÈME FASCICULE
J. «I b., Phjiique moléculaire. — I. i* fisc.
COURS
DE
On considère habituellement les corps comme formés de molécules susceptibles de s'écarter ou de se rapprocher les «ncs des autres et de faire équilibre par leurs actions réciproques aux forces extérieures qu'on applique à leur ensemble, ^ous ne préjugeons rien de la nature simple ou complexe, de la forme, des dimensions de ces molécules, de leur étal de ^posou de mouvement, enfin de la loi de leurs attractions ^u de leurs répulsions. Ce sont autant d'éléments qui demeurent provisoirement indéterminés. A mesure que Texpé- •ience nous révélera des lois nouvelles, nous serons conduits * préciser en quelques points la conception générale qui nous sert de point de départ.
Quelques-uns des phénomènes qui vont nous occuper, la dif- 'usion des liquides, par exemple, ou leur frottement intérieur, établissent, de manière à ne laisser subsister aucun doute, que les molécules des corps sont douées d'un mouvement d'agi-
J'OlB., Physique moléculaire, — I. a* fasc, i
talion, dont Télude de la chaleur nous révélera plus lard loule la généralité. Toutefois, un grand nombre de phénomènes moléculaires peuvent s'interpréter en considérant les molécules des corps comme des centres de force immobiles agissant à distance les uns sur les autres, comme le Soleil agit sur la Terre, ou comme les corps électrisés entre eux. C'est à ce dernier point de vue que se sont placés les mécaniciens pour faire les théories de la capillarité et de l'élasticité. Peut-être la première conception rend-elle superflue la seconde ; nous verrons, par exemple, comment la théorie des gaz (*) ramène, à l'aide d'hypothèses très-simples, les phénomènes de leur élasticité au choc de leurs molécules entre elles et contre les parois des vases qui les enferment. En tout cas, on n'est pas encore parvenu à faire une bonne théorie mécanique des solides et des liquides, et l'on peut dire que, dans l'état actuel de la Science, il importe plus de recueillir et de coordonner, même provisoirement, des faits nouveaux que d'interpréter les phénomènes par des théories moléculaires plus ou moins contestables et toujours incomplètes. Nous ne demanderons donc aux théories mathématiques ea usage que d'enregistrer les lois auxquelles l'expérience nous aura conduits et de nous en révéler des conséquences éloignées, que nous puissions de nouveau soumettre au contrôle souverain de l'expérimentation.
(') yoir t. II, deuxième- fascicule, le ('.hapitrc relatif à la théorie des Qaz.
PHÉNOMÈNES CAPILLAIRES