INFLUENCE DU POLI
Le poli influe-t-il sur cette propriété? Voici les résultats qui ont été trouvés par M. Leslie. Il a pris un cube dont l’une des faces était formée par une feuille d’étain parfaitement polie; il a cherché, en échauffant le cube, l’effet produit sur la boule focale par la surface d’étain ; il a trouvé que cet effet était exprimé par 12, le noir de fumée produisant un effet égal à 100. M. Leslie a pris ensuite du papier couvert de verre pilé, et il a promené ce papier parallèlement sur la surface d’étain, de manière à rayer cette surface dans un seul sens. Ayant fait cette opération, il a trouvé que l’étain, étant ainsi rayé dans un sens, avait un effet émissif de 19. En le rayant ensuite dans un second sens perpendiculaire au premier, il en est résulté des raies qui se sont croisées à angle droit, et l’effet a été porté alors à 23, c’est-à-dire que le pouvoir émissif était devenu double de ce qu’il était primitivement. Enfin il a rayé la surface dans tous les sens, et il a eu pour maxi-
mum d’effet le nombre 26; de sorte qu’à mesure qu’il a détruit le poli et multiplié, pour ainsi dire, les aspérités, il a augmenté continuellement le pouvoir d’émettre, et réciproquement le pouvoir de recevoir. D’après ce résultat, vous voyez qu’il est essentiel que les corps présentent un poli aussi parfait que possible pour que le pouvoir d’émettre ou de recevoir soit à son maximum.
Qu’a-t-on fait dans l’expérience que je viens de rappeler? On a produit de petites cavités, de sorte que le thermomètre qui est exposé à la surface rayée regarde véritablement beaucoup plus de points que lorsque cette surface était plane. On ne peut cependant pas généraliser ce fait, c’est-à-dire qu’on 11e peut dire qu’en général un corps terminé par des pointes donne plus de calorique qu’un autre corps qui n’est point terminé de cette manière.