‹ Cours de physiqueChapitre 115 sur 173 · CORPS · texte numérisé non relu

CORPS

ïl nous reste encore quelque chose à considérer, relativement aux surfaces, c’est la profondeur à laquelle l’émission peut avoir lieu ; et il s’agit de savoir si cette émission est entièrement superficielle et bornée à la surface mathématique, ou bien si elle s’étend à une certaine profondeur au-dessous

de cette surface mathématique. M. Leslie a trouvé qu'en effet l’émission s’étendait un peu au-dessous de la surface. Pour faire cette expérience, on prend un miroir dont on connaît le pouvoir réflecteur, sur lequel on met une couche très légère d’une substance telle, par exemple, que la colle de poisson, qui forme une espèce de matière gélatineuse quand elle est dissoute dans l’eau. Cette couche s’applique sur le miroir au moyen d’un petit pinceau, et on s’arrange de manière qu’elle soit aussi uniforme que possible : on attend que cette couche soit sèche. Si vous avez pesé la quantité de matière employée, connaissant la surface du miroir, vous pourrez facilement calculer l’épaisseur de la couche.

On met ensuite une deuxième, une troisième couche, de manière qu’on augmente ainsi successivement l’épaisseur, et de quantités qu’on peut regarder comme suffisamment connues.

C’est ainsi que M. Leslie a trouvé qu’en prenant un miroir métallique parfaitement poli, l’effet maximum étant représenté par 100, si on mettait une couche de colle d’un vingtmillième de pouce d’épaisseur, l’effet, au lieu d’être îoo, était réduit à 77, Or, la colle toute seule aurait donné un résultat qui aurait été bien moins considérable. Par conséquent, il faut admettre nécessairement qu’il y a des rayons de calorique qui ont traversé la couche de colle, et sont venus frapper le miroir, et ont été réfléchis par la surface métallique elle-même.

M. Leslie ayant mis successivement des couches de colle de manière à avoir des épaisseurs de —^5 -nrvu*

de pouce; il a trouvé, l’effet sur le miroir parfaitement net étant toujours 100, les résultats suivans :

Ayec-rÜhr 77 i

Avec tfIo 495

Aveo-r^Ç ^7;

Avec 7^- • •• • 27;

Avec TJ-? 19.

Il est donc démontré que l’effet du calorique n’est pas borné à la surface mathématique des corps, mais que le calorique peut pénétrer jusqu’à une certaine profondeur, toujours ex- • trêmement petite, au-dessous de cette surface; et je ferai remarquer que cela est d’autant plus sensible que le corps est plus transparent. Comme nous l’établirons, le calorique traverse assez librement les corps transparens, tandis que les

corps opaques le repoussent entièrement, ou qu’au moins la profondeur à laquelle il pénètre dans ces corps est beaucoup plus petite.

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