‹ Cours de physiqueChapitre 143 sur 173 · LEÇON VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LEÇON VINGT-QUATRIÈME

( Samedi, 2 Février 4828.)

résumé de la vingt-troisième leçon.

Nous nous sommes occupés dans la dernière séance de la détermination du calorique latent que l’eau absorbe en changeant d’état, soit lorsqu’elle passe de l’état de glace à l’état liquide, soit lorsqu’elle passe de l’état liquide à celui de fluide élastique. La quantité de chaleur que l’eau absorbe pour passer à l’état de vapeur est très considérable, puisqu’elle est capable d’élever un poids d’eau égal à celui de la vapeur de 53 1°, ou de porter cinq fois trois dixièmes ce poids de zéro à ioo°, tandis que lorsque la même quantité de glace se fond elle n’absorbe qu’une quantité de chaleur égale à pouvant élever un pareil poids d’eau de la température zéro à celle de ÿ5°.

Nous avons dit que cette chaleur latente pour des vapeurs comprimées à 2, 3, 4 atmosphères, pouvait être considérée comme sensiblement la même , d’après les expériences de MM. Clément et Desormes, qui admettent que la même masse d’eau a des températures différentes, pourvu que l’eau soit près du point où elle entre en ébullition, renferme, pour chaque pression particulière , la même quantité de vapeur.

Cet énoncé, pour être exact, doit être renfermé dans de certaines limites qui sont que l’espace dans lequel la masse de vapeur est censée se former doit être saturé de vapeur. Nous verrons plus tard ce qu’on entend plus particulièrement par saturation de la vapeur.

Les diflérens liquides sont, de même que l’eau, susceptibles de passer à l’état de vapeur et d’absorber, dans ce changement d’état, de la chaleur qu’ils rendent latente. J’ai oublié

dans la dernière séance, de vous citer quelques résultats trouvés par M. Desprets. Nous avons vu que la chaleur latente de l’eau était égale à 55 1°. M. Desprets a trouvé que la chaleur latente de l’alcool n’était que de 552°, c’est-à-dire qu’un poids donné d’alcool à son point d’ébullition , absorbe une quantité de chaleur qui, appliquée à un pareil poids d’alcool, en élèverait la température de 552°. La chaleur latente de l’éther , qui bout à peu près à 55° est égale à 174° è 5 et celle de l’essence, qui bout à i56°, n’est que de 1660 -j%.

Si on veut comparer ces chaleurs latentes, on n’a qu’à supposer que la chaleur latente de chaque vapeur se trouve absorbée par le même liquide , l’eau, par exemple. On trouverait que la chaleur latente de l’eau étant exprimée par

celle de l’alcool serait exprimée par. . . 208,

celle de l’éther 91,

et enfin celle de l’essence 77.

c’est-à-dire que la chaleur latente d’un kilogramme de vapeur, d’alcool, d’éther et d’essence pourrait élever la température d’un kilogramme d’eau de 208°, 910, 770.

Parmi tous les liquides, c’est l’eau dont la chaleur latente est la plus considérable. Les nombres que nous venons de trouver ne paraissent pas avoir de rapport , au moins tels qu’ils ont été obtenus et en les supposant parfaitement exacts, avec les autres propriétés physiques que l’on reconnaît dans ces divers liquides : telles, par exemple, que le degré d’ébullition, la capacité, le volume de vapeur que ces corps peuvent fournir.

Revenons maintenant à la conductibilité dont nous avons commencé à vous entretenir. Nous a vous vu comment on pouvait mesurer la conductibilité dans les corps solides. Nous vous avons présenté un tableau duquel il est résulté que les métaux étaient les meilleurs conducteurs du calorique : cependant si on voulait comparer cette propriété des métaux de transmettre lé calorique à travers leur substance à la propriété qu’ils ont de livrer passage au fluide élastique, on pourrait les regarder comme jouissant de la conductibilité à un faible degré; et en effet, la barre que nous vous avons présentée, sur laquelle M. Biot a fait ses expériences, était un assez mauvais conducteur pour qu’il fallût donner à l’extrémité échauffée une température d’environ 25,ooo° pour

que l’autre extrémité qui était à 2 métrés seulement var iâfc d’un degré ; ce qui montre la faiblesse de cette propriété dans les métaux. Néanmoins en comparant les corps entre eux, nous voyons que les métaux jouissent de la conductibilité à un bien plus haut degré que certaines substances telles que le charbon, les poteries, les terres, le verre, qui sont en général de très mauvais conducteurs. Parmi les corps solides, il en est encore d’autres, comme les tissus, les matières animales comme la laine, la soie, l’édredon, les duvets, qui sont également de très mauvais conducteurs, particulièrement en raison de leur peu de masse sous un volume assez considérable. Nous aurons occasion de parler des applications qu’on peut faire de cette propriété qu’ont certains corps d’être mauvais conducteurs du calorique.

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