VAPEUR. S
Nous avons déjà parlé de la formation de la vapeur d’un corps au degré de son ébullition; et nous savons que les corps exposés à une certaine température sont susceptibles de prendre l’état de fluide élastique , que nous avons désigné par le nom de vapeur, lorsque ce fluide élastique peut ensuite reproduire le corps qui l’avait fourni. Nous n’avons eu besoin de considérer la formation de la vapeur que sous un point de vue particulier; nous allons le faire d’une manière plus générale, et examiner si un corps, qui peut se réduire en vapeur au degré de son ébullition, ne pourrait pas également produire de la vapeur à des températures plus basses.
Vous avez sans doute déjà fixé votre attention sur un phénomène dont nous sommes journellement témoins; c’est que de l’eau qui est librement exposée à l’air disparaît totalement au bout d’un certain temps. Vous avez pu également remarquer qu’un corps humide finit par se dessécher à l’air.
Comment se fait cette dessication des corps P Comment se fait cette disparition de l’eau ? cela pourrait se faire de deux manières : on conçoit très bien que l’air, qui est un corps, pourrait avoir de l’affinité pour l’eau, et pourrait la dissoudre comme l'eau elle-même dissout un sel. On peut concevoir aussi que l’eau se réduit en vapeur à la température à laquelle elle est exposée et loin de celle qui détermine son ébullition.
Lorsque l’eau des rivières ou une surface humide a été un peu échauffée , s’il vient un vent froid, on voit cette eau, qui paraissait froide, produire des brouillards qui ne sont autre chose que de la vapeur. Ce phénomène est analogue à celui de l’ébullition , et nous sommes facilement conduits à conclure que l’eau peut se réduire en vapeur à des températures inférieures à celle de son ébullition.
La vaporisation pouvant être due à deux causes différentes, ainsi que nous venons de le voir, nous ferons ici comme nous avons fait pour la loi du refroidissement, nous isolerons les deux effets. Vous sentez, en effet, que si la vaporisation ou la transformation d’un corps en vapeur dépend à la fois de la chaleur et de Pair, il faut, pour connaître l’effet qui est dû seulement à la chaleur, isoler l’action de Pair, et voir en mettant le corps dans un espace vide , s’il forme une vapeur ou un fluide élastique.
Pour cette expeiience, on prend un tube barométrique que l’on remplit de mercure à l’exception d’un petit espace réservé pour y mettre un liquide qui prend facilement l’état de fluide élastique, comme Péther, ou même simplement de l’eau. On renverse alors le tube en tenant le doigt sur l’extrémité ouverte et on le plonge par la partie inférieure dans un bain de mercure. L’éther ou Peau qui sont des corps plus légers que le mercure s’élèvent aussitôt dans la partie supérieure , et le mercure éprouve une dépression très considérable. Il est évident que ce ne peut être le poids du liquide que nous avons ajouté qui a produit cet abaissement de la colonne de mercure ; car nous n’en avons mis qu’une très petite quantité, et d’ailleurs le liquide que nous avons mis est beaucoup plus léger que le mercure. Il s’est donc développé quelque chose qui fait effort contre la paroi , et par conséquent contre la surface du mercure ; cela ne peut
être qu’un fluide élastique dont le caractère est d’exercer une pression plus grande que son poids. C’est ainsi que nous acquérons la preuve que l’éther et l’eau mis dans un tube barométrique y ont produit de la vapeur dont la force élastique est telle qidajoutée à la pression de la colonne de mercure qui reste suspendue, elle fait équilibre à la colonne extérieure.
En faisant la même expérience sur d’autres liquides, nous verrons que le mercure descendra d’une quantité particulière pour chaque liquide, et nous en déduirons ce résultat général que nous voulions montrer, que les divers liquides introduits dans un espace absolument vide y développeront de la vapeur, dont la force élastique est déterminée directement par la différence entre la colonne du baromètre et la colonne de mercure qui reste.
Il s’agit maintenant de savoir si les vapeurs ainsi formées varieront avec la température. Nous terminerons par cette expérience.
Soit un appareil, fig. 5 , renfermant deux tubes , dont l’un fait baromètre , et l’autre sert à renfermer le liquide que l’on veut réduire en vapeur. Nous voulons savoir ce qui arrivera avec la température; pour cela, nous avons un tube plus large ouvert par le haut, dans lequel on verse de l’eau très chaude. On laisse refroidir cette eau , et on remarque que la force élastique de la vapeur qui s’est formée varie suivant la température. Par conséquent n’ous n’aurons qu’à noter exactement les températures de l’appareil et à observer en même temps la longueur de la colonne de mercure qui mesure la force élastique , c’est-à-dire la différence entre la colonne de mercure qui fait baromètre et la colonne du tube qui contienda vapeur , et nous formerons une table de ce qu’on appelle la force élastique delà vapeur.
IMPRIMERIE DE E. DTJVERGER,
EUE DE VERNKU1L, N. 4.