‹ Cours de physiqueChapitre 170 sur 173 · PHILADELPHIE. PEKIN · texte numérisé non relu

PHILADELPHIE. PEKIN

Hiver. -f- o°, 1 — 5°, 1

Printemps. -j- io°, 8 4- i3°, 4

Été. -f a3°, 3 -f 28°, 1

Automne. T i3°, 6 -p 120, 4

Ainsi voilà deux villes qui diffèrent très peu Tune de l’autre, si l’on ne considère que la température moyenne de l’année, mais qui diffèrent beaucoup, lorsqu’on divise la température suivant les saisons. L’hiver est beaucoup plus froid et le printemps et l’été plus chauds à Pékin qu’à Philadelphie, tandis que, pour l’automne, c’est Philadelphie qui a l’avantage.

Le climat de Londres et celui de Paris diffèrent d’une manière analogue ; la température moyenne est sensiblement la même dans les deux villes. Ainsi à Paris nous avons io°, 6, et à Londres io°, 2. Cependant beaucoup de productions ne peuvent venir à Londres, et viennent très bien à Paris. Ainsi

beaucoup de fruits, comme la pêche, ne mûrissent à Londres que dans des serres chaudes ; le châtaignier Tient très bien dans les environs de Paris, tandis qu’à Londres il ne donne jamais de fruits. En général, tous les fruits qui ne mûrissent qu’au commencement d’octobre ne peuvent mûrir a Londres.

Ainsi , pour avoir une idée exacte des productions d’un lieu relativement au climat, il importe d’avoir, non pas la température moyenne de l’année, mais la température moyenne de l’hiver, du printemps, de l’été et de l’automne.

Dans nos climats, en observant journellement la température , on remarque des variations très grandes dans les vingt-quatre heures. En général, ces variations se iont sentir sur tous les points de la surface de la teiie oui on lait des observations, mais d’autant plus qu’on va plus vers le nord. Si l’on prend Paris pour exemple, on trouve une très grande différence entre les températures maxima et minima qui ont lieu dans le mois. Dans le mois de janvier, les variations sont les moindres ; nous avons pour le maximum moyeu 4 t 7? et pour le minimum moyen — o°, o; la différence est de 4 ?

La différence augmente ensuite en février, en mars, jusqu’en avril, mois de l’année où la différence entre le maximum et le minimum de température est la plus grande. En mai , la différence devient un peu plus faible ; ainsi de suite. Remarquez que nous prenons la moyenne du mois; il y a des jours où la différence est beaucoup plus grande. Ainsi il n’est pas rare de voir tel jour du mois de septembre où, le jour, il y a 2orfsde chaleur, et où il gèle la nuit.

Sous l’équateur, les différences entre les températures maxima et minima sont beaucoup plus petites, particulièrement au niveau de la mer. C’est par une constance clans les phénomènes météorologiques que la zone torride se distingue de la zone tempérée.

Si l’on compare les variations extrêmes qui ont lieu dans le courant de l’année, ces variations croissent aussi d autant plus rapidement qu’on va vers le nord, A Paris, la plus grande chaleur qu’on ait observée a ete de ù8 , 4? plus giand froid a été de 25° au-dessous de zéro. Ainsi, à Paris, nous pourrons avoir dans l’année une variation de 6i degrés, tandis que, sous l’équateur, la variation n’est que de 4 à 5 degrés. A Saint-Pétersbourg , le maximum de chaleur s’élève à 3o° ; mais aussi on y ressent des froids considérables qui vont jusqu’à 3o°, de sorte qu’il y a également 6o° de variation.

Ce sont ces grandes variations qui font que notre climat est souvent malsain a certaines époques de i année , pai

exemple, aux mois d’avril, de septembre, d’octobre, pendant lesquels les jours sont très chauds, tandis que les matinées sont extrêmement fraîches.

La température de chaque mois se développe d’une manière progressive, et diminue également d’une manière progressive, mais de manière que l’augmentation de chaleur qui a lieu est plus lente que la diminution. Ainsi, en représentant par des lignes Aa, B b , etc., fig. 2, les températures moyennes qui ont lieu pendant le cours de l’année , la température suit une courbe ahl, qui monte insensiblement jusqu’au maximum de chaleur, qui se fait apercevoir à la fin de juillet ou au commencement d’août. La chaleur décroît ensuite plus rapidement, de manière que le maximum de température n’est pas à égale distancé des deux mois de janvier. En effet, la température la plus élevée ne correspond pas précisément à la plus grande hauteur du soleil : c’est le 21 juin que le soleil est le plus élevé, et ce n’est jamais à cette époque que la température est à son maximum. La température continue à monter en raison de la chaleur qui existe déjà et de celle qui s’ajoute chaque jour; mais, une fois que le maximum est obtenu , l’obliquité du soleil va toujours en augmentant de plus en plus, et alors la température va en baissant très rapidement.

On a fait des tables météorologiques de 1816 à 1826, dans lesquelles on a, pour Paris, les températures moyennes de chaque mois. L’on voit dans ces tables que c’est le mois d’août qui est le plus chaud de l’année; mais le mois de juillet lui cède de très peu. Ainsi l’on a, pour la température moyenne

de

juillet ,

i8°, 21; de

octobre ,

août,

novembre ,

septembre ,

décembre,

Ainsi ce n’est qu’au huitième mois que l’année atteint son maximum , et elle revient au minimum en quatre mois.

La hauteur des lieux a une très grande influence sur la température. Si l’on prend le niveau des mers sous la zone tempérée et sous l’équateur, on trouve pour température moyenne sous l’équateur, d’après les nombreuses observations de

M. de Humboîdt, .... 27 °, 5,

Et sous la zone tempérée, vers le midi, .... 12e.

Si maintenant on s’élève de 974 mètres, on trouve

sous l’équateur k*. 21 °, 8,

Et à la même hauteur, chez nous, c’est-à-dire sur un endroit qui serait à peu près comme le Puy-de-

A la hauteur d’à peu près 2000 mètres, la tempé-

— 5og —

rature moyenne serait sous le tropique de . . . . . 18% 4 ?

Et sous la zone tempérée de * • • • • a°.

A la hauteur d’à peu près 3ooo mètres, la température moyenne sous l’équateur serait de ..... 9 ^ ?

Et sous la zone tempérée de . . . — - 5°.

En général, l’élévation d’un lieu au-dessus du niveau de la mer influe beaucoup sur la température; de sorte que sur les montagnes qui sont un peu élevées on a bientôt atteint la limite à laquelle toute végétation doit cesser..

La chaleur, considérée sur l’ensemble de la surface de la terre, n’est pas la même aux memes latitudes, quoique la terre soit sphérique et que , par conséquent, aux mêmes latitudes , le soleil verse la même quantité de chaleur. Nous avons fait remarquer qu’en raison de la nature du sol , et suivant que la surface de la terre est liquide ou solide , la différence de température est extrêmement grande. Les continens sont à peu près les deux cinquièmes de la surface totale du globe, et les trois autres cinquièmes de cette surface sont couverts par des eaux. Tel ou tel lieu , en raison qu’il appartient à une masse plus ou moins considérable de terre ou qu il est place au milieu des eaux, aura une température différente.

M. de Humboldt a cherché à comparer les températures moyennes égales qui se trouvent sur la surface de la teire, et il a tracé des lignes qu’il a appelées lignes isothermes s qui passent par ces températures moyennes égales ; en un mot , des lignes indiquant la même température. Il a reconnu , en comparant les observations recueillies en divers points de la terre, qne les courbes , qui passent par les températures moyennes égales ne se conlondent point avec les parallèles à l’équateur. Ainsi, prenons pour exemple Poitiers et Philadelphie. Philadelphie esté la latitude de 3g % 56, et Poitiers est à la latitude de 46% 3g Eh bien ! Quoique Poitiers soit à une latitude plus élevée, la température moyenne y est la même qu’à Philadelphie. Cette température moyenne est exprimée dans l’une et l’autre ville par 12% 1.

En général , le continent d’Amérique est plus froid que l’ancien continent à même latitude ; ce que l’on attribue a la configuration de ces deux continens. Notre continent s arrête vers le yi° ; ensuite il y a une masse d’eau considérable, qui paraît s’étendre fort avant vers les pôles , tandis que le continent d’Amérique s’étend beaucoup plus vers le pôle. Cette différence en amène une très grande dans la température.

J’ai cité Poitiers et Philadelphie qui diffèrent de 70 en latitude , et qui cependant ont la même température moyenne.

Si l’on prend pour exemple la ligne isotherme qui passe par Paris, cette ligne s’abaisse en allant vers l’Amérique et en allant ensuite vers la Chine ; de manière que cette ligne isotherme suit la direction abc indiquée, fig. 3. Les lignes isothermes sont d’autant plus renflées qu’on va vers le nord ; elles s’aplatissent vers les tropiques , et enfin , il y a une ligne isotherme qui se confond avec l’équateur. Le point le plus élevé des courbes est vers le méridien qui passe par Paris.

Relativement à la végétation , on trouve que le sucre , pour se développer, demande une température moyenne qui soit de 23°, 7; que le café demande une température moyenne qui soit au moins de 180, 1; que les oranges emdemandent une de 17°. Elles ne viennent point en plein air dans les endroits où la température n’est point de 17 °; ainsi elles ne mûrissent en France nulle part, si ce n’est dans une localité très petite, à Hyères, où les oranges peuvent se développer dans un endroit d’une centaine d’arpens, qui est défendu par une montagne des vents du nord. Mais au-delà de cette montagne , en passant d’un jardin à un autre , la végétation s’arrête tout à coup.

L’olivier demande une température de i3°, 1 ; le châtaignier demande une température de 9% 3 , et le vin potable en demande une de 8°, 7. On remarque à cet égard que la végétation ne suit point la parallèle d’après les lignes isothermes dont nous venons de parler. L’olivier, par exemple, se cultive beaucoup plus vers le nord, en avançant vers l’est, que sur les bords de la mer. On ne trouve point d’oliviers au-dessous de Bordeaux, à des degrés de latitude semblables. Il en est de même de la vigne. La vigne s’étend tout le long du PJiin ; elle va fort loin vers le nord, tandis que, du côté de la mer, à l’ouest, sur les côtes de Normandie, la vigne 11e vient point, et cela, parce que, dans le voisinage de la mer, les hivers sont tempérés, et en effet le figuier se développe très bien sur les bords de la Bretagne et de la Normandie; mais les autres saisons sont beaucoup plus froides, de sorte que, dans le mois de septembre nécessaire pour mûrir le raisin , il n’y a plus assez de chaleur; tandis que, dans l’est, les automnes étant plus chauds, à égalité de latitude , que vers les bords de la mer, les fruits peuvent y mûrir beaucoup mieux

Nous venons de parler de ce qui est relatif à la température du sol ; la température des mers doit maintenant fixer notre attention. On n’a fait que peu d’observations à cet égard; mais on sait en général que, si l’on prenait de jour

en jour la température de la mer, on trouverait qu’elle a une température moyenne peu différente de la température moyenne du continent ; les variations ne sont que de 2 à 5 degrés en passant de la saison chaude à la saison froide. Cet effet ne se propage pas dans toute la masse ; mais , comme les rayons lumineux et calorifiques sont absorbés à une profondeur de 8 à îo mètres, il en résulte que les variations doivent se faire sentir dans toute la profondeur.

Connaissant la température sur le continent dans le voisinage de la mer, vous pouvez vous former une idée de la température de la mer.

Sous les tropiques, la température est constante et très élevée , puisqu’elle va de 27 à 28 degrés. Elle est la même dans les deux hémisphères ; cependant , à mesure qu’on s’avance davantage vers le pôle sud, il y a bien moins de terre , et il y a une différence entre les températures des mers, à égalité de latitude. En effet, les glaces arrivent plus près vers l’équateur du côté du pôle sud qu’elles n’arrivent de l’autre

côté.

Il y a d’ailleurs des différences de température très grandes entre les mers , en raison de leur position. Ainsi la Méditerranée, qui baigne le sol brûlant de l’Afrique, et qui est resserrée entre les terres, a une température plus élevée que l’Océan. Les mers du nord, qui sont peu profondes, varient beaucoup plus en température.

En général, la température des mers doit être considérée comme constante sous l’équateur, et variable ensuite à mesure qu’on se rapproche des pôles, et d’autant plus variable que les mers ont moins de profondeur.

On distingue dans les mers des bas-fonds , des endroits ors la température est beaucoup plus basse qu’aiîleurs. Là où la mer est très profonde , cette température des bas-fonds est, en général, beaucoup au-dessous de celle qui a lieu en pleine mer. Voici comment on peut en concevoir la raison : la mer a une température qui décroît à mesure que l’on s’enfonce davantage. Les observations n’ont pas été assez multipliées, et d’ailleurs les courans sont trop nombreux, pour qu’on puisse trouver une loi régulière à ce décroissement. Néanmoins, d’après des comparaisons faites par M. de Humboldt, on peut regarder la température des mers comme décroissant suivant une progression cinq à six fois plus rapide que la température de l’air. Ainsi, pour f\o mètres de profondeur, dans la mer ou dans des lacs, on a à peu près un degré d’abaissement, sans que jamais on puisse arriver à avoir une

température zéro. D’après le fait que nous connaissons du maximum de densité de l’eau , le fond des mers et des lacs ne peut avoir une température au-dessous de 4 degrés.

D’ailleurs, dans des mers très profondes, l’eau se trouvant en contact avec le sol qui est ehaud , d’après la loi générale dont nous avons parlé , que la température s’élève à mesure qu’on s’enfonce dans l’intérieur de la terre : c’est une raison pour que le fond des mers ne puisse être gelé.

Le froid qu’on trouve au fond des mers, sous l’équateur, est amené par les courans. Il y a un courant appelé Golf- Stream qui, se dirigeant de l’est à l’ouest, remonte le long des côtes de l’Amérique. Ce courant, qui se fait sentir dans la mer du Sud, déplace les mers du nord, et établit une compensation de chaleur. Ces courans expliquent la température des bas-fonds. Si la mer était tranquille, il est évident qu’on devrait avoir sur ces bas-fonds une température plus élevée que partout ailleurs, parce que la lumière et la chaleur du soleily pénètrent: on eonçoittrèsbien qu’un courantpeut avoir pour effet deforcerlesparties inférieures à s’élever sur les basfonds et à y porter leur température. Cette explication, qu’on a donnée de la température des bas-fonds, nous paraît assez vraisemblable. Il résulte de là qu’on peut se servir du thermomètre pour reconnaître l’existence d’un bas-fond.

En comparant toutes les observations relatives à la température qu’on a pu recueillir sur la surface de la terre, on peut conclure que le thermomètre qui est placé à 3 ou 4 mètres au - dessus du sol n’atteint jamais nulle part 4o degrés centigrades. C’est là ce qu’on peut appeler le maximum de toute température à la surface de la terre. En pleine mer, on n’a jamais vu le thermomètre au-delà de 3i°. En général, sous les tropiques, le thermomètre s’arrête à 27 ou 28 degrés. La surface d’une mer parfaitement tranquille peut s’échauffer par l’action du soleil ; et quelques personnes avaient pensé que la température sur mer pourrait aller jusqu’à 35°; c’est une erreur.

Le plus grand froid qu’on ait observé dans Pair ne va pas au-delà de 5o° au-dessous de zéro. C’est là un froid énorme qui, s’il fait du vent, gèle tous les corps organisés qui y sont exposés.

On a cherché à déterminer la température moyenne des pôles, en suivant la marche des températures décroissant à mesure qu’011 va vers le nord. Cette température peut être fixée à environ 25°.

Pour que les rivières gèlent, il faut plusieurs jours d’une

température qui aille au moins à 90 au-dessus de zéro. Tant que le thermomètre n’est qu’à 70, la rivière ne gèle pas.

Nous venons de parcourir les principaux phénomènes que présente la température à la surface de la terre et dans les mers. Nous allons maintenant dire deux mots du baromètre.

Un baromètre observé dans un lieu quelconque éprouve des variations continuelles dont nous parlerons plus tard. Nous ne voulons, en ce moment, que nous occuper de sa plus grande hauteur dans un lieu déterminé. D’abord, nous nous supposerons placés au niveau des mers, car si nous faisions nos observations à des hauteurs différentes au-dessus de ce niveau , nous n’aurions plus la véritable hauteur de notre atmosphère.

On a trouvé que sous le tropique, au niveeu de la mer, le baromètre se tient à une hauteur moyenne de 28 pouces

I ligne y— , à la température de 25°, ce qui donne 0 mètre, 75858g," en réduisant en mètres, et à la température de o.

II est nécessaire de ramener la température à o, car autrement, en raison de la dilatation du mercure par la chaleur, la hauteur du baromètre ne représenterait pas la véritable hauteur de l’atmosphère.

Sous la zone tempérée , et environ au 45e degré de latitude, la hauteur du baromètre est de 0 mètre, 761 55.

Des observations faites à La Rochelle, portent cette hauteur de o mètre, 76269.

Ces résultats ne sont peut-être pas exacts à quelques dixièmes de millimètres, mais il existerait toujours une différence assez grande. Ainsi le baromètre se tient plus haut dans nos climats que sous l’équateur. Cela s’explique tout naturellement : sous l’équateur, l’atmosphère est plus échauffée qu’à notre latitude; si elle est plus échauffée, elle doit être plus élevée. Concevons, en effet, une température uniformepour toute la terre; le baromètre marquerait partout le même degré. Concevons maintenant que sous l’équateur la température s’élève à 27 ou 28 degrés, la température augmentant, la colonne atmosphérique va s’allonger d’une certaine quantité; si la même température n’a pas lieu dans nos climats, il y aura nécessairement un déversement de la colonne plus élevée qui se trouve à l’équateur, et le baromètre supportera un poids plus considérable , et qui le serait davantage en raison de la température , si le passage de l’air de l’équateur vers les pôles ne se faisait insensiblement. En effet, l’air de l’équateur est retenu par celui des tropiques; celui des tropiques est retenu par celui de la zone tempérée, de

manière que la différence n’est pas aussi grande qu’elle devrait l’être.

Dans le même lieu, le baromètre éprouve des variations de deux espèces; les unes, qui sont irrégulières , et tiennent beaucoup aux saisons ; les autres , qui sont journalières , que pour cette raison on appelle diurnes, et qui sont extrêmement petites.

Les premières variations sont quelquefois très grandes ; elles dépendent en général de la latitude. Sous l’équateur, par exemple , les variations du baromètre sont à peine de 2 à trois millimètres ; le baromètre est pour ainsi dire constant; il n’éprouve qu’une petite variation diurne, dont nous allons parler tout à l’heure.

Dans nos climats , en prenant les plus grandes variations qu’on a observées pendant un cours de 27 années , on a trouvé pour la plus grande hauteur 28 pouces 9 dixièmes, et pour la plus petite hauteur 26 pouces 3 dixièmes; ce qui fait une différence de 2 pouces 6 dixièmes , c’est-à-dire plus que le 14e • C’est là une variation énorme, et si elle avait lieu dans les 24 heures, il en résulterait un bouleversement total dans le pays où une pareille variation aurait lieu : tous les arbres seraient arrachés. Ce n’est qu’à des époques éloignées, comme par exemple, d’une année à l’autre, qu’on peut dire que les variations du baromètre dans nos latitudes vont à 1 pouce 8 lignes, ou en nombre rond, au 14e de la hauteur totale. Vers le nord, à Saint-Pétersbourg, par exemple, les variations sont à peu près les mêmes. Il résulte de là que les variations du baromètre sont liées aux variations de la température.

L’autre espèce de variation à laquelle le baromètre est soumis, est celle qu’on a désignée par le nom de variation diurne , et qui est connue depuis long-temps.

C’est Godin qui a indiqué ce phénomène qui ne pouvait être aperçu que sous l’équateur, parce que les variations irrégulières qui se manifestent dans nos climats peuvent masquer entièrement les variations diurnes. Ce n’est que par des observations très délicates et très bien faites qu’on a pu voiries variations diurnes, sous notre latitude. En observant le baromètre à 9 heures du matin, à midi, à trois heures et à 9 heures du soir, on a trouvé qu’il indiquait,

à 9 heures du matin o,raèt 756,001

midi o, 755,741

5 heures du soir o, 755,225

9 heures du soir o, 755,610

9 heures du matin o, 756,001

Si l’on prend la différence de ces nombres, nous verrons que le baromètre baisse depuis 9 heures du matin jusqu’à 5 heure s du soir de o,milltm776, et qu’il remonte de cette quantité depuis 3 heures du soir jusqu’à 9 heures du matin; il en résulte que les variations sont beaucoup plus rapides de 9 heures du matin à 3 heures du soir, qu’elles ne le sont de 3

heures du soir à 9 heures du matin.

Lorsque le temps est serein et bien assuré, ces variations peuvent s’apercevoir, même tous les jours, en faisant les observations avec exactitude; mais quand on prend des moyennes de dix jours, on voit facilement ces variations.

Sous l’équateur les variations sont plus grandes. L’abaissement va jusqu’à 2 millimètres de 9 heures du matin à 4 heures du soir; ensuite il s’élève depuis 4 heures jusqu’à 11 heures de 1 millim. , et enfin il s’abaisse jusqu’à 4 heures du matin de o millim. 68. C’est cephénomène qu’il importe de remarquer; il n’a pas cependant une grande influence et dépend de causes qui ne peuvent être bien expliquées. Il doit être néanmoins attribué en partie à la chaleur, car vous voyez que ce phénomène est lié à la latitude et à la température moyenne

du lieu.

Après avoir parlé des phénomènes thermométriques et des phénomènes barométriques, nous allons considérer quelques autres phénomènes météorologiques, et particulièrement ceux qui dépendent de l’humidité. Celui qui est le plus commun, et qui nous frappe davantage , est sans doute la pluie, mais l’explication n’en est pas aussi simple que celui de la rosée, phénomène qui est aujourd’hui parfaitement connu. C’est par lui que nous commencerons.

Vous vous rappelez que tous les corps qui diffèrent de température s’envoient mutuellement du calorique; le corps le plus chaud en envoie au corps le plus froid, et réciproquement. Nous avons même étendu ce principe au cas où les corps étaient à la même température, et nous avons admis que l’égalité de température consistait dans des échanges égaux de calorique.

Nous avons reconnu une très grande différence entre les corps relativement au rayonnement; vous vous rappelez que les corps noirs, le papier, les tissus en général, la laine , la soie , le coton , l’herbe , et d’autres corps analogues , renvoient beaucoup de calorique et sont à peu près sur la même ligne pour absorber le calorique ou pour l’émettre; les métaux, an

contraire , qui ont un grand poli émettent très peu de calorique. Il faut bien se pénétrer de cette distinction, pour concevoir avec facilité ce qui se passe dans le phénomène de la rosée.

Cela posé, un corps chaud placé à la surface de la terre, dans un air que nous supposerons parfaitement serein, ce corps va perdre du calorique qu’il envoie dans toutes sortes de directions. Si ce calorique va rencontrer d’autres corps qui sont à la même température, il y aura un échange égal, et la température du corps ne baissera pas; mais s’il n’y a pas de corps placés vis-à-vis de lui, et qu’il regarde un ciel parfaitement serein , alors les échanges ne seront plus égaux; car il fautadmettre que l’atmosphère rayonne bien moins que les autres corps. Nous avons établi que l’air ne s’échauffait pas au foyer de rayons lumineux, ou même à un foyer de chaleur ordinaire. Nous devons donc regarder comme incontestable que le calorique traverse l’air librement, et qu’il n’y en a qu’une très petite partie d’absorbée , et que réciproquement, lorsque l’air est échauffé, il ne rayonne que difficilement. Par conséquent, lecorpsplacé àîa surface de la terre envoyant du calorique et n’en recevant pas, se refroidira nécessairement, et sa température pourra même être portée à plusieurs degrés au-dessous de la température ambiante ; pourvu qu’on entende par température ambiante la température à un mètre environ au-dessus de la surface du sol.

Si donc vous couchez un thermomètre sur de l’herbe, et que vous placiez un autre thermomètre à 3 pieds au-dessus, vous trouverez constamment, la nuit, une différence plus ou moins grande entre les deux thermomètres, et cette différence sera dans ce sens que le thermomètre couché §ur l’herbe sera plus bas que l’autre : la différence peut aller jusqu’à 8°.

Mais si l’air, au lieu d’être parfaitement serein, renfermait des nuages, que le ciel fût couvert, alors le thermomètre placé sur le sol et celui placé à 5 pieds au-dessus, indiqueraient sensiblement la mêmetempérature. On peuts’en rendre facilement raison. Un corps qui se refroidit ne le fait que parce qu’il ne reçoit pas autant qu’il envoie. Un nuage placé au-dessus du corps, sera comme un écran ou comme un corps chaud, il y aura échange entre le nuage et le corps. Le nuage sera plus froid que le corps, de sorte qu’il y aura toujours un abaissement; mais en raison du calorique émis parle corps et réfléchi par le nuage , la différence sera très petite.

On a vu, par exemple, un thermomètre , placé sur l’herbe, par un temps serein, indiquer 6°, 7, de moins que le thermo-

mètre placé à trois pieds au-dessus. Un nuage venant à passer et restant pendant quelque temps , a fait monter le thermomètre de i°, 6, de manière qu’il n’y avait plus qu’une différence de 5°, î. Par conséquent, si au lieu d’un nuage, nous mettons un écran , un corps qui empêche le calorique cîe se perdre dans l’espace, vous concevez que le thermomètre placé sur le sol ne pourra se refroidir. C’est ainsi que le docteur Wells, à qui l’on doit la théorie de la rosée, a reconnu que, si l’on place à une petite distance du sol une planche horizontale en dessus et en dessous de laquelle on attache deux thermomètres enveloppés avec quelques flocons de laine , on remarque une différence extrêmement grande entre le thermomètre supérieur et le thermomètre inférieur. Or, le thermomètre inférieur ne peut pas perdre son calorique dans l’espace, ou bien il reçoit de la planche, tandis que le thermomètre supérieur envoie dans l’espace du calorique qui ne lui est pas rendu.

Les métaux rayonnent beaucoup moins que les autres corps. Par conséquent , le refroidissement d’une substance métallique exposée à un ciel serein ne doit être que très petit , et, en effet, ce refroidissement ne va qu’à un ou deux degrés.

Ces faits étant bien établis, supposons que l’air soit humide, et demandons-nous ce qui va arriver. Vous vous rappelez l’expérience qui consiste à mettre dans l’air un vase rempli d’une eau qu’on refroidit au-dessous de la température ambiante ; vous vous rappelez que l’air dépose aussitôt de 1 eau sur ce vase. Ce phénomène est tout-à-fait analogue a celui de la rosée. Lorsque la surface de la terre s’est refroidie en raison du rayonnement et delanon-compensatiou de calorique , l’air en contact se refroidit, la vapeur qu’il contient se refroidit également; et, par conséquent, l’air est amené plus près du point de saturation. S’il ne dépasse pas ce point, il n’y a pas de rosée; si, au contraire, l’air est amené à être sur-saturé, le phénomène de la rosée a lieu.

Si l’air était parfaitement tranquille, tou tsepassant alors au contact, il n’y aurait que la couche d’air très mince qui toucherait le sol, qui abandonnerait son eau. Dans ce cas, la quantité d’eau déposée serait tellement petite qu elle échapperait à l’observation. Il faut, pour que cette quantité d eau soit un peu notable, que la couche d’air puisse être renouvelée. Vous concevez dès lors qu’un mouvement dans l’air sera très favorable à la production de la rosée. Mais conclurezvous de là qu’il faut un vent considérable? Non. Car alors, la surface de la terre se refroidirait bien réellement , mais la

perte de chaleur se trouverait aussitôt compensée par l’air qui viendrait en contact et échaufferait le sol en raison de sa masse. En effet, on ne voit jamais de rosée par un temps très venteux. Le mouvement de l’air favorable pour augmenter la production de la rosée consiste dans un léger souffle.

L’état hygrométrique de l’air a nécessairement une très grande influence sur la rosée. Car si l’air était très sec, vous auriez beau le refroidir, il ne se déposerait pas d’humidité. Mais si l’air est humide; alors le plus léger abaissement de température à la surface de la terre va produire de la rosée. Aussi sait-on que la rosée est très abondante après un temps de pluie.

Contre l’opinion qu’on avait autrefois que la rosée ne se formait que le matin, il est aujourd’hui reconnu que la rosée se dépose à toutes les heures de la nuit, et on peut dire même qu’il y a des cas où la rosée commence à se déposer quoique le soleil soit encore sur l’horizon. Cela a lieu dans les endroits qui ne sont plus frappés par les rayons du soleil.

Enfin, la position des corps par rapport au ciel a une très grande influence sur la quantité de rosée déposée. En effet, supposons un corps placé entre quatre murs qui aient 5 à 6 mètres de hauteur. Ce corps ne voit le ciel qu’au zénith; latéralement le ciel lui est caché parles murs. Par conséquent, la perte de calorique faite par ce corps sera bien moindre que s’il était en rase campagne ; et par conséquent la rosée sera moins abondante.

Il ne reste plus, pour bien concevoir le phénomène dont nous nous occupons en ce moment, que de |avoir si le froid qui accompagne constamment la rosée est la cause de la rosée, ou s’il en est la suite. Deux mots suffiront pour démontrer que le froid occasionne la rosée et qu’il n’en est point la conséquence. En effet, souvent avec un froid très grand, on ne voit point de rosée, tandis que d’autres fois, avec un abaissement de température bien moins grand, la rosée se fait sentir.

Lorsque le phénomène qui produit la rosée a lieu à des époques de l’année où le froid est près de zéro , alors l’eau qui se dépose, au lieu de donner de la rosée, donne des gelées blanches. Les gelées blanches ne sont autre chose que la rosée qui se dépose dans une circonstance telle que la température est assez basse pour que l’eau puisse se congeler.

IMPRIMERIE DE E. DU VERGER

RTf B DE VERJJBCII., N° 4-

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