IV. — RÉSONNANCE
401. RéBOnnance. — Tout corps élastique est capable de transmettre un son quelconque. Mais quand tes vibrations otTeites au corps sont d'accord avec celles qu'il peut exécuter lui-même, au lieu de subir un simple ébranlement atteignant successivement ses différentes parties, il devient le siège d'un mouvement d'ensemble dont l'amplitude est parfois considérable. Sous l'action
répétée d'impulsions synchrones le corps tout entier vibre à l'unisson des vibrations extérieures : il y a résonnance.
(■) ScHiiNGEL, Pogg. Ann., CL, 3j6; 1873.
(^) G. Qdbsnevillk, De t'inpuenee du mouvement sur lu hauleur-du son. Paris; 1870 (Tbèse, avec un historique délaillc dos travaux antérieurs).
Nous avons déjà constaté la résonnance de Tair d'un tuyau sonore pour les sons de l'embouchure qui correspondent à ses sons propres, la résonnance d'une corde actionnée par une autre corde, par un diapason ou par tout autre instrument, la résonnance d'une membrane sous Tinfluence d'un son extérieur, etc.
Le phénomène se manifeste nettement avec deux diapasons à l'unisson, montés sur leurs caisses renforçantes se faisant face à plusieurs mètres de distance (*). Si en effet on ébranle l'un des diapasons à l'archet, l'autre ne tardera pas à vibrer; et, en éteignant avec la main les vibrations du premier, on entendra clairement le son émis par le deuxième.
L'appareil représenté ci-dessus, et dû à Savart, offre un bel exemple de résonnance : sous l'action du tuyau placé en regard, le son du timbre acquiert une ampleur remarquable (^). Inutile d'ajouter qu'il s'éteint beaucoup plus vile.
Ces expériences accusent d'ailleurs une tolérance très variable selon la nature du corps ébranlé. Un diapason, qui pour entrer en vibration réclame une certaine somme d'énergie, et qui, une fois excité, vibre longtemps, ne pourra cire mis en mouvement que par une suite d'impulsions rigoureusement d'accord avec ses propres vibrations. Au contraire, une membrane mince ou une corde fine, dont les oscillations s'éteignent rapidement, vibrera sous l'influence de sons assez divers.
402. Transmission des vibrations. — Transmission par une suite de milieux élastiques, — En général, le son est transmis au corps résonnant par l'air. Toutefois, la transmission peut aussi s'effectuer par l'intermédiaire de milieux solides ou liquides. On fait ordinairement dans les cours l'expérience suivante : sur la caisse renforçante d'un diapason est placé un verre contenant du
(*) Au cours des expériences de Rcgnault, dans Tégout Saint-Michel, M. Koenig ayant placé deux diapasons ut^ (i^S"^*^) de façon que les ouvertures de leur^ caisses fussent en regard des extrémilés de l'égout, vit cette influence se Tnanifester très nettement à i 590™.
(2) L'effet est tel que, lorsqu'on n'entend plus du tout le timbre seul, on n'a qu'à lui présenter le tuyau pour faire encore jaillir un son intense. D'après certains auteurs, un verre en forme de cloche peut être brisé par une voix juste et puissante (Chladni, loc. cit. y p. 224).