‹ Cours de physique (volume 2)Chapitre 109 sur 113 · TIMBRE. — MÉCANISME DE L'AUDITION · texte numérisé non relu

TIMBRE. — MÉCANISME DE L'AUDITION

coûtant d'air, ne garantit pas suffisamment la simplicité du son ' pour que Ton puisse admettre Tinterprétation qu'il donne de phénomènes intéressants d'ailleurs.

409. Mécanisme de l'audition ('). — Pour terminer ce sujets il nous resle à indiquer comment on peut se rendre compte de la faculté que possède Toreille de décomposer les mouvements de Fair en vibrations pendulaires.

L'organe essentiel de l'audition des sons musicaux parait être la membrane basilaire^ constituée par des fibres parallèles dont la longueur croit dans le rapport de i à 12 depuis la base jusqu'au sommet du limaçoji. Sur ces fibres s'appuient les piliers de Corti, contre lesquels sont placées des cellules ciliées en rapport avec les terminaisons du nerf acoustique.

M. von Helmholtz admet que chaque fibre est accordée pour un son différent; et comme il y en a au moins six mille, le clavier hasilaire est à même de répondre par une corde distincte à chacun des sons simples de l'échelle musicale. 11 faut comprendre d'ail* leurs que chaque fibre n'est pas strictement affectée à une note ; elle est seulement influencée d'une façon particulière par cette note (401). D'après la faculté d'étouffement que doit posséder

Fig. 160

l'oreille pour saisir nettement des trilles de dix notes à la seconde, M. von Helmholtz estime que l'intensité de la vibration excitée dans une fibre auditive par un son distant d'un demi-ton du son propre de celte fibre est encore le i/io de l'intensité relative à l'unisson absolu. La figure 160 donne une idée de la loi sui-

(') Pour Tétude des organes de Touïe et de la voix, consulter Y Acoustique biologique de M. Gavarret (Paris, Masson; 1877), ouvrage auquel nous avons emprunté un grand nombre de nos figures.

* vant laquelle diminue alors Tintensilé de la vibration par influence quand la différence de hauteur augmente : ab et &c désignent chacun l'étendue d'un ton entier; bd est Tintenâité maximum, relative à l'unisson absolu avec le son excitateur. La même courbe montre l'intensité des battements produits dans l'oreille par deux sons différents de la gamme ; seulement alors 3 divisions représentent un ton entier, puisque la distance des deux sons est le double de la distance de chacun d'eux à Ift fibre moyenne : i étant l'intensité correspondant à l'abscisse ainsi déterminée, les deux sons battront avec une intensité qui variera de o à 4*.

410. Voix bumaine voyelles. — L'organe de la voix humaine est une anche membraneuse (364), surmontée dé cavités (pharynx, bouche, nez) constituant un résonnateur de forme et de dimensions variables.

Les sons produits par cet organe se partagent communément en voyelles et consonnes.

Les voyelles peuvent se grouper ainsi, suivant leurs affinités :

EU

OU l

Si on les soumet à l'analyse, on constate en général six ou huit harmoniques perceptibles, mais d'intensités très variables selon la voyelle émise. Pour chaque voyelle, la bouche prend en effet une forme déterminée, et par suite elle renforce certain son. Ce renforcement, que découvrit Donders (*) (en prononçant les voyelles à voix basse), a été vérifié par M. von Helmholtz : la bouche étant disposée pour prononcer une voyelle, il en approchait tour à tour divers diapasons, et remarquait ceux dont le son était particulièrement renforcé (^). 11 a déterminé ainsi les sons propres ou vocables des différentes voyelles :

(*) Donders, i4?'c/iiu fiir die Hôllandische Beitrdge, I, 157. Berlin; 1858. (2) Citons encore le procédé de M. Auerbach, qui frappe avec le doigt sur sa bouche préparée pour la voyelle dont il veut déterminer le vocable.

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