NATURE ET CARACTÈRES DU SON. — NATURE DU SON
une sonnerie i l'iatérieup d'un récipient qu'il réunit à sa machine pneumatique ; il constata que le son allait s' affaiblissant à mesure qu'on enlevait l'air, et finissait par ne plus s'entendre. Papin (*) fitJ'expérîence devant les membres de la Société royale de Londres au moyen d'un sifflet ajusté à l'entrée du réci*
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pient; et Hawksbee la répéta avec un ballon renfermant une clochette (*).
De ce que l'air est le véhicule ordinaire du son, il ne faudrait pas conclure qu'il soit seul capable de le transmettre. Si, à l'exemple de Biot (^), on laisse rentrer dans le ballon d'Hawksbee un gaz quelconque, une vapeur (quelques gouttes d'éther introduites par le robinet et vaporisées immédiatement), on rétablit aussitôt le son avec une intensité d'autant plus marquée que la densité du fluide élastique est elle-même plus grande.
Otto de Guericke, rappelant que les poissons s'enfuient au moindre bruit, comme ils viennent au son delà cloche ou du sifflet
{^) Papin, Procès-verbal de la séance de la Société royale du 23 février 1685, dans BiRCH, History of thc Royal Society, lY. London ; 1757.
(*) IL fil aussi rexpérience inverse en comprimant de Tair dans le ballon et en montrant que le son devient alors plus intense (Hawksbee, Phil, Trans., 1705). Hawksbee, qui succéda à Hooke comme curator of experiments à la Société royale, a réuni ses recherches dans son livre Fhysico-meckanical eosperiments, London; 1709.
(') Biot, Traité de physique^ II, 4. Paris; 1816.
quand ils sont apprivoisés, en concluait que les liquides sont propres à transmettre le son. En effet, la tête dans Teau, on entend parfaitement le roulement lointain des galets ; on distingue même les paroles prononcées dans Tair, mais fort affaiblies, une partie seulement du son franchissant la surface de séparation des deux milieux. Les solides élastiques conduisent également bien le son : l'oreille collée au sol distingue de très loin le bruit du canon, le roulement d'une voiture, le piétinement des chevaux. La conductibilité sonore du bois est remarquable : le léger choc de la tête d'une épingle contre Tune des extrémités d'une longue poutre de sapin se perçoit nettement à l'autre extrémité. Au contraire, les corps dénués d'élasticité, tels que la ouate, le coton, le duvet, la sciure de bois, transmettent mal le son. Les tapisseries étouffent les bruits, et une portière de tissu épais empêche complètement d'entendre ce qui se passe dans la pièce voisine.
Ces faits vulgaires montrent que le son peut être transmis plus ou moins parfaitement par tout milieu pondérable élastique. Mais il ne se propage pas dans le vide. Le vide est absolument muet. Les espaces célestes sont éternellement silencieux, et les cataclysmes les plus effrayants d'un monde ne peuvent être entendus par le reste de l'univers.
325. Qualités du son. — Le son est donc un mouvement vibratoire général de la matière pondérable. Un tel mouvement peut présenter des variétés à l'infini, comme amplitude, comme durée de l'oscillation, comme forme même de la trajectoire parcourue par chaque point du système vibrant. A ces différentes conditions correspondent les diverses qualités du son : Viniensité^ la hauteur^ et le timbre.
326. Intensité. — L'intensité dépend visiblement de l'amplitude des vibrations : plus la corde a été attaquée vivement par l'archet, plus le battant a frappé violemment la cloche, plus le son est intense : en tout cas, à mesure que les oscillations décroissent, il faiblit quoique conservant même hauteur, et il s'éteint avec le mouvement.