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INSTRUMENTS D'OPTIQUE. — HISTOIRE DES INSTRUMENTS D*OPTIQUE

aboutit au même grossissement total avec des dimensions beaucoup moins encombrantes (*). La figure ci-jointe représente un petit appareil que Foucault avait construit pour lui-même. L'observatoire de Paris possède un grand télescope dont le miroir a l'^^no de diamètre.

449. Histoire des instruments d'optique. — Les effets des lentilles sont très anciennement connus. Quatre cents ans avant J.-C, Aristophane (') nous montre un débiteur qui se débarrasse d'un créancier en présentant au soleil la tablette enduite de cire sur laquelle est inscrit son compte et en faisant fondre la cire avec un de ces verres qui sont employés pour allumer le feu. Sénèque (') dit que de petites lettres vues à travers une boule de verre pleine d'eau paraissent grossies. Du reste, les admirables pierres gravées de l'antiquité suffiraient pour attester l'usage de la loupe à ces époques reculées, quand même on n'en aurait pas retrouvé des spécimens parfaitement conservés (lentille de verre dans un très ancien tombeau romain, lentille plan-convexe en quartz dans les ruines de Ninive). Pline {*) rapporte que Néron (qui était myope) se servait d'une émeraude concave pour mieux voir les exercices du cirque. Mais on ne se rendait pas compte de ces faits. Aussi l'invention des besicles ne remonte-t-elle qu'au dernier tiers du treizième siècle (^).

Le microscope (*) fut un fruit prématuré des recherches qui

(*) Le grossissement total d'un télescope, comme d'une lunette, est Fp, p étant la puissance de l'oculaire. Si donc on augmente p, on pourra diminuer F sans changer le produit.

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rà Ypâ(i{x,AT' ixnilstut... ARISTOPHANE, les Nuées^ 766 et seq.

(*) Literœ, quamyis minutœ et obscurœ, per vitream piiam aqua plenam majores clarioresque cernuntur. Sênèque, Quest. naL^ I, 6.

(*) Nero princeps gladiatorum pugnas speclabat in smaragdo. Pline, Hist. nat., XXXVII, 5.

(*) On Tattribue ordinairement à Salvino degli Annati, noble florentin mort en i3i7. (Voir Poggbndorfp, Histoire de la physique [traduction Bibart et de la Quesnerie], 54.)

(*) Sur rbistoire du microscope , consulter Harting , Das Mikroskop, Braunschweig; 1859 etédit. suiv.

conduisirent à la découverte delà longue-vue. D'après Pierre Borel, médecin de Louis Xlll (^), on en serait redevable à un lunettier de Middelbourg, Zacharias Jansen, qui aurait établi vers iSgo le premier microscope composé. D'autre part, Galilée construisit de ses mains en 1612 un microscope composé qu'il envoya au roi de Pologne Sigismond. Ces appareils étaient sans doute fort imparfaits. Même après que Divini (vers 1660) y eut introduit plusieurs verres à Tobjectif et à Toculaire (il formait l'oculaire de deux verres plan-convexes se touchant par leurs convexités), c'étaient encore des instruments « monstrueux, aussi gros que la jambe d'un homme, avec des verres oculaires grands comme la paume de la main (^) ». Aussi usait-on encore plutôt du microscope simple, autrement dit de la loupe; et il est à remarquer que Leuwenhôck ('), à qui Ton doit de si belles découvertes microscopiques, fit toutes ses observations avec des loupes biconvexes qu'il façonnait lui-même et dont les plus puissantes, laissées par lui à la Société royale de Londres, ne comportent pas un grossissement supérieur à 160. Cependant Hooke {*) préférait employer un microscope composé qu'il s'était arrangé avec trois verres, le verre du milieu servant simplement à augmenter le champ et s'enlevant quand on voulait observer quelque partie en détail (*). Mais il fallut la réalisation de rachromatisme et les progrès successifs effectués dans la fabrication et dans la taille des verres pour amener l'instrument au degré de perfection où nous le connaissons.

La première lunette pour voir de loin (^) paraît avoir été construite en i6o8 par Hans Lippershev, lunettier à Middelbourg ("1 :

(*) P. BoHEL, De vero tclescopii inventove. Paris; 1615.

(2) FisciiEu, Geschichte der Physiky II, 08. Gôttingen; 1801.

(') Leuwenhoeck (surnommé l'oracle de Delphes, parce qu'il était né à Delfl) a consigné ses découverles dans une série de mémoires adressés à la Société royale de Londres (le premier est daté de 1673) et réunis depuis eu quatre volumes qui parurent d'abord en hollandais, j)uis en latin à Leyde en 1724. Les Arcana naturas ope microscopiorum détecta furent publiés en 1708.

(*) HooKE, Micrographiaj or philosophkal descnption of minute bodies. London; 1665.

(^) On reconnaît dans cette disposition l'oculaire négatif, imaginé dès 1656 par Huygens pour les longues-vues, et employé également vers la même époque à Rome, par Campani, le rival de Divini dans la construction des instruments d'oplique.

i*^) Voir PoGGENDORFF, loc, cU., p. 103.

(^) Borel en attribue l'invention à Zacharias Jansen, le même qui semble

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