DIVISIBILITÉ. — POROSITÉ
Ces pores s'ouvrent par la chaleur : Tacier est poreux à chaud pour rhydrogène qui, dans les conditions ordinaires, ne peut le pénétrer à froid. Ils sont d'ailleurs plus ou moins facilement accessibles aux divers corps : Thuile s'introduit facilement dans le marbre où Teau ne semble pas entrer.
177. Divisibilité (^). — La fragmentation des solides peut être poussée très loin, comme on en jugera par le tableau suivant où, selon Tusage, la lettre (a représente le micron.
Verre pilé ou soufflé i»*
Fil de platine à la WoUaston 0,8
Feuilles d'or battu <>»* (^)
Feuilles de mica clivé (Haûy) o,o43
Couche d'or recouvrant un fil d'argent 0,004
Ces fils d'argent doré s'obtiennent par l'étirement d'un cylindre d'argent recouvert d'une mince couche d'or; un milligramme d'or peut ainsi donner une surface continue de six millions de petits carrés nettement visibles, de o"",i de côté : il renferme donc certainement beaucoup plus de six millions de molécules.
L'état de division des solides influe particulièrement sur la résistance qu'ils éprouvent de la part des fluides (78) : ainsi s'explique la suspension dans l'air ou dans Teau de corps denses, mais très divisés.
Au repos, ces poussières se déposent d'autant plus lentement qu'elles sont plus fines; de là un moyen de recueillir à part les grains les plus ténus {lévigation).
Pour amener les solides à cet état de division extrême, on peut employer :
i"* Des moyens mécaniques (battage, laminage, tréfilage, pilage);
2* Des moyens physiques, tels que la dissolution et l'évaporation rapide du dissolvant (phosphore dissous dans le sulfure de carbone), ou la condensation brusque d'une vapeur (soufre, calomel) ;
3' Des moyens chimiques (or déposé au mercure, fer pyrophorique, pourpre deCassius).
(*) Voir Gariel, 'Propriétés généi'oles des corps , i4. Paris, Savy ; 4880. (*) l/épaisseur de ces feuilles peut encore ôtre beaucoup réduite par immersion dans le cyanure de potassium (Faraday).
Des poudres très ténues, soumises à des pressions énergiques, se soudent complètement. M. Spring (^) a obtenu ainsi des masses aussi compactes que celles que donne la fusion, offrant même la structure cristalline. Cette structure est très nette dans le bismuth aggloméré à 6000 atmosphères, dans le zinc soudé à 5ooo atmosphères et à iSo"^. Les métaux se soudent d'autant plus facilement qu'ils sont moins durs; à 5ooo atmosphères le plomb s'écoule par tous les joints de Tappareil. Les poudres cristallines s'agglomèrent avec une remarquable facilité. La silice résiste. Le graphite se soude complètement à 5 5oo atmosphères, tandis que le charbon de sucre reste pulvérulent à 10 000 atmosphères.
178. Diffiision des solides. — Tait remarqua qu'une poudre infusible, impalpable, devient très mobile sous l'action de la chaleur et se comporte à maints égards comme un liquide, avec courants de transport manifestes et petites projections à la surface. 11 se demanda en conséquence s'il n'y aurait pas diffusion entre deux poudres infusibles et impalpables de même qu'entre deux liquides, et il entreprit des recherches à ce sujet avec M. Sydney Marsten. Mais l'expérience présenta des difficultés spéciales, tant au point de vue physique qu'au point de vue chimique, et la question, ainsi envisagée, attend encore une solution.
Si l'on chauffe à haute température un creuset de porcelaine entouré de poussière de charbon, ou simplement contenu dans un creuset de plombagine, le carbone pénètre dans la porcelaine à une profondeur d'autant plus grande que l'expérience a été prolongée plus longtemps (^).
Le carbone pénètre également dans le fer (^), et c'est ainsi que se fait la conversion du fer en acier dans la cémentation.
Par des mesures très précises de différence de potentiel, M. Pellat (^) a montré que deux surfaces métalliques placées parallèlement l'une à l'autre et à petite distance (quelques dixièmes de mil-
(^) Spring, Ann. de chim. et de phys, (5), XXII, i70 ; 1881. (•) SiDNGT Mabsten, Proceed. of ihe royal Society of Edinburgh, 712; 1880. — VioLLE, C. R., XCIV, 28; 4882.
(3) C0L8ON, C. R., XCIII, 4074; 4881; et XCIV, 26; 1882. Ô) Pellat, Journal de physique (2), I, 416; 1882.