CHOC DES CORPS. — CHOC DIRECT
tomber, elle vient choquer la deuxième et s'arrête, tandis que la deuxième bille se soulève pour retomber ensuite sur la première, qui remonte à son tour, et ainsi de suite.
En prenaat sept billes suspendues côte à côte, en ligne droite, on a l'appareil à sept billes d'ivoire, qui permet de réaliser une expérience très instructive. Soulevaat la première bilte jusqu'à une certaine hauteur, on la laisse retomber, et l'on voit la septième
Fig. lia
bille partir, pour s'élever à la hauteur d'où on avait lâché la première, bille retombe, son choc fait remonter la première, et ainsi de suite : les billes intermédiaires restent toujours immobiles. Cela se conçoit aisément, puisque la deuxième bille prend la vitesse de la première réduite immédiatement au repos ; le choc de la deuxième bille sur la troisième fait de même passer dans cette troisième toute la vitesse de la deuxième qui est ramenée au repos, et ainsi successivement sur toute la ligne. Ce fait confirme
)a proposition précédente qu^il faut un certain temps pour la communication du mouvement au travers d'un corps; car si, lorsque la première bille choque la deuxième, le mouvement se communiquait instantanément à toute la masse, les choses se passeraient comme si la première bille venait en choquer une six fois plus grosse qu'elle; et il n'en est pas ainsi.
On peut d'ailleurs vérifier cette durée de la communication du mouvement par d'autres expériences :
I* Une carte placée sous une bille et vivement frappée par un ressort sera lancée au loin sans que la bille elle-même bouge.
2*" Une boule un peu lourde, suspendue à un fil et tirée lentement par un fil de même espèce, tombera par la rupture du fil supérieur : ce fil en effet cassera avant le fil inférieur dont la tension est moindre de tout le poids de la boule. Au contraire, un coup brusque sur le fil inférieur rompra celui-ci sans détacher la boule, le mouvement n'ayant pas eu le temps de se communiquer au fil supérieur.
3** Une balle de plomb, chassée par une arme à feu, perce une vilre sans la briser, tandis que, lancée plus mollement, elle la brise infailliblement.
Si la masse rn est très grande par rapport à la masse m et si elle est en repos avant le choc, sa vitesse finale
est à peu près nulle, et la masse m rebondit avec une vitesse
sensiblement égale à — v.
La faiblesse de w' dans ce cas explique pourquoi les cordonniers se mettent une pierre sur les genoux pour battre leur cuir et comment les saltimbanques peuvent se faire casser des cailloux sur une grosse masse posée sur leur ventre : le déplacement de cette masse est en effet presque nul, tandis que le marteau rebondit violemment.