OPTIQUE
De toutes les théories physiques, celle de la lumière est en même temps la plus solide et la plus délicate. Construit par l'effort admirable de Fresnel, le système des ondes règne sans conteste. Cependant, « nous ne nous proposerons pas de partir d'une hypothèse complète, formulée dans une suite de postulata sur la nature des vibrations lumineuses et la constitution du milieu où se propage la lumière, pour en déduire toute la série des phénomènes optiques ( f ) ».
Moins encore aujourd'hui qu'il y a vingt ans une méthode aussi synthétique serait-elle applicable. Si en effet la théorie de Fresnel, avec quelques perfectionnements de détail, rend compte de tous les faits actuellement connus, d'autres idées ont été émises qui ne sauraient être passées sous silence ; et lorsque plusieurs explications également plausibles se trouvent en présence, le choix ne devient possible entre elles que par une discussion supposant la connaissance de l'ensemble des choses, et mieux placée par conséquent à la fin qu'au début de l'optique.
Nous commencerons donc par l'exposé des faits qui peuvent être étudiés sans hypothèse aucune sur la nature de la lumière et à l'aide de simples considérations géométriques : d'où le nom d'optique géométrique sous lequel cette partie de la science est habituellement désignée.
( ! ) Verdet, Optique physique t I, 69. Paris, Masson; 1869.