DISPERSION. — MESURE DES INDICES PAR LA RÉFLEXION TOTALE
on transporte la lampe de l'autre côté de la ligne de visée, et pour faire revenir la courbe limite sous le fil du réticule il faut évidemment tourner la pince de l'angle 2X.
Réfractomètre de Soret ( 1 ). — Soret a établi sur le même principe un réfractomètre où la source de lumière est un collimateur éclairé par le soleil et conséquemment fixe. La lunette est donc mobile et elle entraîne dans son mouvement le cristal qui lui est relié par un mécanisme agencé pour qu'elle reçoive toujours le rayon réfléchi. Cette lunette possède d'ailleurs un prisme à vision directe, de sorte que l'observateur peut faire coïncider la courbe limite successivement avec chacune des raies du spectre.
Observation par transmission. — Si le cristal, transparent, est taillé sous la forme d'une lame à faces parallèles, on peut mettre la source en regard de la lunette, de façon que la lumière traverse la lame. Les rayons qui se trouvent à l'intérieur du cône d'angle au sommet i\ pénètrent seuls dans le cristal : ils ressortent parallèlement à eux-mêmes et sont compris à l'émergence dans un cône de même angle éclairé intérieurement et sombre extérieurement, à l'inverse de ce qui avait lieu dans les appareils précédents. L'observation est facile; mais la méthode ne convient qu'à une lame extrêmement mince, où les rayons qui échappent par la tranche ne provoquent pas de réduction appréciable dans l'angle du cône émergent ( 2 ).
Mesure des indices des liquides: Terquem et Trannin ( 3 ), E. Wie~ demann ( 4 ). . — La même méthode s'adapte aisément à la mesure de l'indice d'un liquide, soit que l'on opère avec une lame solide d'indice connu, soit que, à l'exemple de MM. Terquem et Trannin et E. Wiedemann, on se serve d'une double lame, constituée par deux plaques de verre que sépare une mince couche d'air : les choses se passent alors comme si la réflexion totale s'effectuait à la surface du liquide et de l'air.
(*) Soret, Archives de Genève, (3), IX, 5; 1883.
(*) L'erreur atteint 5 unités de la 4 e décimale quand l'épaisseur est le -r- de la largeur.
( 3 ) Terquem et Trannin, C. R., LXXVIII, 1843; 1874; et Journal de physique, IV, 232; 1875.
(*) E. Wiedemann, Archives de Genève, LI, 340; 1874 ; et Pogg. Ann., CLVIII, 375; 1876.
Totalré/lectomètre de Pulfrich {'). — M. Pulfrich est revenu à la méthode primitive et lui a donné un haut degré de précision. Son appareil, destiné particulièrement aux mesures minéralogiquesfi doivent pouvoir être faites dans tous les azimuths, se compose
d'un cylindre de verre très réfringent (n B =i, 73727), hien poli, sur lequel se met la lame cristalline ou le liquide à étudier : une lunellf mobile en face d'un cercle gradué, et brisée à angle droit pour plus de commodité, sert à déterminer l'angle limite. L'éclairemenl est produit par des rayons ayant suivi un chemin symétrique de celui qu'ils parcourent a la sortie (ce qui nécessite un ajustement convenable de la source), soit, plus simplement, par des rayons arrivant à l'incidence rasante (la lame doit alors être trans-
(«) Pulfrich, Wied. Aiut.,XXX, 193, 317, et 487; 1887; et Journal de ji*j- «911e (2), VI, 343; 1887 (Hacé de Lépinay). M. Pulfrich a décrit en détail sot appareil dans une brochure intitulée Bas Totalrefleclometer, Leipsig ; 1890.