‹ Cours de physique, purement expérimentale, à l'usage des gens du mondeChapitre 131 sur 196 · DISPERSION DE LA LUMIERE · texte numérisé non relu

DISPERSION DE LA LUMIERE

faculté illuminante, on trouve que ce sont les faisceaux moyens, c'est-à-dire le vert et le jaune, qui éclairent le plus fortement. Par exemple, les caractères d'un livre placés dans le faisceau jaune sont vus de plus loin et plus distinctement que dans le rouge ou le violet.

Pour étudier la faculté calorifique des divers faisceaux, on place un thermomètre très -sensible successivement dans les diverses parties du spectre, et on observe que c'est dans le rouge, et même un peu au delà, que la chaleur atteint sa plus grande intensité ; ce qui prouve l'existence de rayons calorifiques invisibles, moins réfrangibles que tous les autres.rayons du spectre.

Si nous passons de l'action calorifique de la lumière à son action chimique, nous remarquons d'abord qu'elle tend à détruire la plupart des couleurs végétales, comme le montrent journellement les étoffes et les papiers peints, qui passent rapidement à la lumière. En chimie, il est des substances qui, blanches naturellement, noircissent par l'action des Tayons lumineux, et certains mélanges gazeux qui font subitement explosion lorsqu'on les expose aux rayons solaires. Ce sont là autant d'effets chimiques, mais qui ne sont pas produits également par tous les faisceaux du spectre; c'est dans le violet et même un peu au delà que s'exerce l'action chimique de la lumière.

En résumant ce qui précède, on voit donc que c'est dans l'extrême rouge que se rencontre la propriété calorifique ; dans le jaune, le pouvoir éclairant; et dans l'extrême violet, l'action chimique.

296. Recomposition de la lumière blanche. — Après avoir décomposé, à l'aide du prisme, la lumière blanche en sept autres lumières diversement colorées, il est curieux de vérifier si réciproquement on peut reproduire de la lumière blanche par la réunion des sept couleurs du spectre. C'est ce que prouvent les nombreuses expériences suivantes :

4 • On fait passer un faisceau de lumière solaire au travers d'un prisme, comme dans la figure 205, puis on reçoit le spectre, non plus sur un écran, mais sur une lentille biconvexe un peu grande (fi g. 206), au foyer de laquelle on place un petit écran en verre dépoli ou en carton. Les sept couleurs du spectre allant alors concourir au foyer, on voit se former sur l'écran une image cir-

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culaire parfailemenl blanche, .ce qui prouve que la réunion des sept lumières du spectre reproduit ia luraièra blanche. •

V On arrive au même résultat en remplaçant la lentille biconvexe de l'expérience ci-dessus par un miroir concave- Les sept

faisceaux colorés se réfléchisaant sur ce miroir, c'est k son foyer que se forme la même image blanche que dans l'expérience précédente.

3* On fait encore voir que la réunion des sept couleurs du spectre donne du blanc par la belle expérience suivante due à Newton. Sur un disque de carton, on colle, à partir du centre, succesaivfrment des bandes de papier rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo et violet, de manière à simuler plusieurs spectres solaires à la suite

lea uns des autres [Gg. î07]; puis, fixant le disque sur un ai horizontal, on lui imprime un mouvement de rotation rapide, ! moyen du mécanisme représenté dans la figure Î08. Or, on vc

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alors, non sans étonnement, ha coulours s'évanouir et le disque paraître entièrement blanc.

Pour expliquer ce phénomène, observons que l'impression que produit sur l'œil la vue d'un corps lumineux se prolonge un instant après la cause qui l'a produite. Par exemple, lorsqu'on fait tourner avec rapidité un charbon incandescent, on voit un cercle complet de feu, ce qui prouve que la sensation produite sur l'œil persiste encore après le passage du charbon devant cet organe. Cela posé,

lorsque dans Texpérience ci-dessus le disque tourne assez vite pour que la sensation des sept couleurs soit simultanée, Toeil est affecté comme s'il les recevait toutes ensemble, et, dès lors, le disque lui paraît blanc.

S197. Théorie de Nei'irton tur la ooloratîon des oorps opaques.

— La décomposition de la lumière blanche par le prisme a conduit Newton à cette conséquence curieuse sur la coloration des corps,, que ceux-ci ne sont point colorés par eux-mêmes, n'ont point de couleur propre, mais qu'ils possèdent seulement la propriété de décomposer la lumière blanche qui les éclaire, en réfléchissant inégalement les diverses espèces de lumières dont elle est formée. Par exemple, le vermillon n'est pas rouge en lui-même, il n'est que doué de la propriété de réfléchir la lumière rouge et d'absorber toutes les autres, ou du moins de ne les réfléchir qu'en proportion beaucoup moindre. De même, les feuilles des plantes ne sont point vertes , elles ont seulement pour la lumière verte un pouvoir réfléchissant beaucoup plus grand que pour les autres lumières. En un mot, les corps ne sont colorés que par la lumière qu'ils réfléchissent. En effet, portez ces mêmes feuilles vertes dans le spectre solaire, au milieu d'une chambre obscure; si vous les placez dans la bande verte, elles paraîtront d'un vert éclatant, beaucoup plus beau que leur couleur naturelle; mais placez-les ,dans la bande rouge, elles paraîtront rouges; dans la bande violette, elles seront violettes. De même, faites passer une rose successivement dans chacune des bandes du spectre, et vous la verrez alternativement rouge, orangée, jaune, verte, bleue, indigo et violette; ce qui prouve bien que la couleur des corps ne leur est pas propre, mais dépend uniquement de l'espèce de lumière que leur constitution moléculaire leur donne la propriété de réfléchir; et encore n'est-ce pas cette lumière réfléchie qui est colorée! Nous disons bien, pour nous conformer au langage ordinaire, le faisceau rouge, le faisceau jaune^... mais ce n'est là qu'une manière de parler. Les différents faisceaux qui composent le spectre ne sont pas plus colorés que ne le sont les corps; seulement, d'après le nombre de vibrations de l'éther correspondant à chacun d'eux, ils possèdent la propriété de faire naître en nous la sensation dn rouge, du jaune, etc. En un mot, l'œil juge des couleurs comme

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