‹ Cours de physique, purement expérimentale, à l'usage des gens du mondeChapitre 176 sur 196 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

387. Effet* phjnalogiqaei. — Les effets des courants électriques i divisent en effets physiologiques, calorifiques, lumineux, chi-

i86 liLBCTBIClTE.

miques et magnétiques. Tous sont dus à la recwnbtnabon des électricités contraires, de même que les effets de la machine électrique; mais ils sont bien plus remarquables et biea plus énergiques à cause de la continuité de leur action.

Les effets physiologiques consistent en secousses et contractimiB violenlAK que le courant imprime aux muscles non -seul entent des

Fig. Î8«. -

de la [41e.

animaux vivants, mais des animaux morts, i dans Texpérience de la grenouille deGalvani. Lorsqu'on ne touche qu'un des pâles de la pile, on ne ressent aucune secousse, mais si l'on touche les deux pôles, ou si l'on prend dans les mains les deux électrodes (Rg. 186), on ressent une commotion comparable à celle de la bouteille de Leyde; toulerois, avec cette différence, que tandis que cette dernière ne donne qu'une secousse, et que si on veut la renouveler, il faut de nouveau charger la bouteille; la pile , au contraire, fournit des commotions qui se répètent sans

efpp:ts de la pile. 487

cesse . Ce phénomène s'explique par la continuité de l'action chimique dans la pile, qui reproduit constammeift de nouvelle électricité libre à chaque pôle pour remplacer celle qui s'est recombinée par les électrodes et le corps de l'expérimentateur.

Jean Aldini, neveu de Galvani, fut le premier à étudier les effets de la pile sur les animaux morts. Étant venu à Paris au commencement de ce siècle, il répéta en grand plusieurs de ses expériences à l'École vétérinaire d'Alfort, près Paris. « Là, on vit la tête d'un bœuf, détachée du corps et placée sur une table d'amphithéâtre, excitée par le courant électrique, ouvrir les yeux et les rouler en fureur, enfler ses naseaux, secouer ses oreilles, comme si l'animal eût été vivant et se fût préparé au combat. Sur une autre table, les ruades d'un cheval tué faillirent blesser les assistants et brisèrent les appareils placés auprès de l'animal mort. Plus tard , en Angleterre , des physiologistes achetèrent d'un criminel condamné à mort son propre cadavre ( marché usité dans ce pays) pour vérifier les théories électro-animales, et aussi dans l'intention charitable de rappeler le pendu à la vie et de le moraliser ensuite. Le résultat fut terrifiant. Le cadavre ne revint pas à la vie, mais une respiration violente et convulsive fut reproduite, les yeux se rouvrirent, les lèvres s'agitèrent , et la face de l'assassin, n'obéissant plus à aucun instinct directeur, présenta des aspects de physionomie si étranges que l'un des assistants s'évanouit d'horreur et resta pendant plusieurs jours frappé d'une véritable obsession morale. » (Babinet, Études et lectures sur les sciences d'observation, )

388. Effets calorifiques. — Les effets calorifiques consistent en une température élevée que communiquent les courants aux conducteurs qu'ils traversent. En faisant passer le courant dans des fils ou des feuilles de métal , on les voit s'échauffer instantanément non-seulement assez pour devenir incandescents, mais pour fondre et se volatiliser lorsque le courant est assez puissant. Les fils de fer brûlent ainsi avec un vif éclat; l'argent avec une lumière verdâtre, en répandant beaucoup de fumée résultant de sa vaporisation ; l'or avec une lumière blanc bleuâtre ; le platine, métal infusible dans les fourneaux les plus intenses, se fond et s'arrondit en globules d'un éclat éblouissant, lorsqu'il est traversé par le courant

488 BLECTRICITB.

électrique. M. Desprotz a pu fondre ainsi, en quelques minutes, 250 grammes de plsffine avec une pile à charbon de 600 couples. Le charbon est le seul corps qui jusqu ici n'ait point été fondu. Cependant, le même physicien, en faisant passer le courant dans dos baguettes de charbon très- pur, est parvenu à les ramollira tel point qu'elles se sont courbées et ont pu se souder ensemble, ce qui indique un commencement de fusion.

389. Effets lumineux. — Les effets calorifiques décrits ci-dessus sont toujours accompagnés d'un dégagement de lumière plus ou moins intense. Mais pour obtenir de la lumière électrique tout l'éclat qu'elle peut donner, on fait usage de baguettes de charbon de coke très-calciné, qu'on met d'abord en contact, et qu'on fiadt communiquer l'une avec le pôle positif, l'autre avec le pôle négatif d'une forte pile (fig. 287]. Aussitôt les deux pointes de diarbon deviennent incandescentes et répandent une lumière éblouissante dont on no peut soutenir l'éclat. Si l'on écarte alors un peu les charbons, les doux éloctricités continuent à se recomposer d'un charbon à l'autre, on donnant naissance à un arc lumineux qu'on a nommé l'arc voltaïqvs^ et dont la longueur peut atteindre jusqu'à 7 contimotros avec une pile de 600 couples. Dans cette expérience, on voit le charbon positif se creuser et diminuer, tandis que le charbon négatif augmente; d'où l'on conclut que le charbon est transporté du premier pôle au second; ce qui explique comment le courant continue à passer, malgré l'intervalle qui sépare les doux cliarbons.

L'intensité de la lumière électrique est considérable. Comparée à la lumière dos bougies, on a trouv que 48 couples à charbon faibles éclairent autant que 572 bougies; et 46 couples plus forts ont donné une lumière équivalant au quart de celle du soleil. La lumière électrique est si vive, qu'avec 400 couples elle occasionne des maux d'yeux très-douloureux , et qu'avec 600, un seul instant suffit pour occasionner des maux de tête et d'yeux violents > et pour brûler la figure comme le ferait un fort coup de soleil.

C'est M. Foucault qui, le premier, en 4844, fit usage de la lumière électrique pour remplacer la lumière du soleil dans le microscope solaire (346). Depuis lors, plusieurs tentatives ont été faites pour appliquer crotte vive lumière à l'éclairage public, soit

EfKKTS ne L* PILE. 489

dans les fêles, daas les grands ateliers, ou dans les théâtres pour des effets de mise en scèae. A l'Opéra, dans le dernier acte du Pro/i/iète, c'est par la lumière électrique que s'illumine le magique tableau de la destruction et de l'incendie du palais. La

Vïg. IST. — Éclairage élsctiiipie.

figure 287 représente un modèle d'éclairage électrique. La pile est disposée dans l'intérieur d'un piédestal en fonte; sur une colonne de même matière sont Gxées deux baguettes de charbon, en communication respectivement avec les deux pôles de la pile par des 61s de cuivre recouverts de gutla-percha qui les isole.

3^0 Effeti ehîmi^uM de U ^le. — Les effets chimiques de la

pile consistent en séparation et en transport des éléments des corps traversés par le courant. Pour se rendre compte de ces décompositions, il importe de rappeler ici ce que c'est qu un oxyde, un acide et un sel.

En chimie, on nomme oxydes des composés d'oxygène et d'un autre corps qui, en général, est un métal. Par exemple, nous avons déjà dit que la rouille qui recouvre les vieilles ferrailles est un oxyde de fer; de même la couleur rouge, connue sous le nom de I vermillon^ est un oxyde de plomb; la potasse, utilisée dans le blanchissage, est un oxyde d'un métal nommé potassium.

Les acides sont aussi des composés d'oxygène et d'un autre corps, qui n'est plus un métal , mais ordinairement le soufre, l'azote ou le carbone; composés qu'on désigne respectivement sous les j noms diacide sulfurique, d'acide azotique^ et à' acide carbo- ' rdque. Ces corps tirent leur nom de la saveur acide qu'ils possè- . | dent. Quelques-uns, comme l'acide azotique et l'acide sulfurique, j sont extrêmement corrosifs et attaquent violemment la plupart des métaux pour les transformer en oxydes d'abord et ensuite en sels.

Enfin , on appelle sels des corps qui résultent de l'union d'un acide avec un oxyde métallique. Par exemple, l'acide sulfurique, en se combinant à la potasse, forme un sel qu'on désigne sous le nom de sulfate de potasse; avec l'oxyde de cuivre, il forme du sulfate de cuivre. En s'unissant aux mêmes oxydes, l'acide azotique donne des azotates de potasse ou de cuivre.

Cela posé, nous revenons aux décompositions opérées. par la pile.

391 . DéoompoMtîon de l'eau. — La première décomposition par les courants a été celle de l'eau, en 1800, par deux Anglais, Carlisle et Nicolson. Pour répéter cette expérience, on dispose l'appareil comme on le voit dans la figure 288. Un vase de verre est mastiqué sur un socle de bois. Du fond du vase s'élèvent deux petits fils de platine qui se prolongent dans l'intérieur du socle, jusqu'à deux tubulures de cuivre a et 6 fixées sur les côtés. Le vase étant rempli d'eau , qu'on a soin d'aciduler un peu pour qu'elle conduise mieux l'électricité, on recouvre les fils de platine de deux cloches de verre 0 et H remplies d'eau , puis on fait arriver l'une des électrodes d'une pile de trois ou quatre couples dans la tubulure a , et l'autre dans la tubulure b. Le courant passe aussitôt

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