‹ Cours de physique, purement expérimentale, à l'usage des gens du mondeChapitre 184 sur 196 · ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

ÉLECTRIQUES

403. Éleotro- aimants. — Les électro- aimants sont des aimants extrêmement puissants qu'on obtient, comme leur nom l'indique, au moyen de l'électricité. Us se composent d'un barreau cylindrique de fer doux, recourbé en fer à cheval (fig. 299). Sur chaque

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branche s'enroule un grand nombre de fois un SI de cuivre recouvert de soie, de manière a former deux fortes bobines sur lesquelles l'enroulemenl a lieu en sens contraire. Aussitôt qu'un courant un peu énergique passe dans le fil , le fer s'aimante et devient un aimant très-puissant; mais dès que le courant est interrompu, tout signe d'aimantation disparaît (40!).

La force des électro- aimants dépend de leurs dimensions, du nombre de tours du fil et de l'énergie du courant. Il ne faut pas un électro- aimant extrêmement puissant pourporter une personne, comme on le voit dans la figure :)00. On en construit qui portent jusqu'à quatorze ou quinze perrig. î9». — Kiectco-iimint. sonnes, et on pourrait en con-

struire qui porteraient bien davantage. Ces appareils ont reçu d'importantes applications dans les télégraphes, les horloges et les moteurs électro-magnétiques.

404, Télégraphe* éleotrîqoM. — Les télégraphes éleciriqnes sont des appareils dans lesquels on applique les courants voltaïques à la transmission des signaux, non-seulement à des distances considérables, mais avec une prodigieuse vitesse.

Dès le siècle dernier, on avait pensé à utiliser la vitesse de propagation du fluide électrique pour correspondre d'une extrémité à l'autre d'un fil conducteur. Lorsque CErsIed eut fait connaître l'action directrice des courants sur l'aiguille aimantée, Ampère proposa, en 1830, de transmettre des signaux au moyen de, courants qu'on ferait passer dans des fils métalliques au-dessus d'aiguilles aimantées, en faisant usage d'autant d'aiguilles et de fils qu'il y a de lettres. M. Steinheil, à Munich, construisit, en 1837, un télégraphe de ce genre; mais les télégraphes électriques ne purent acquérir la précision et la simplicité qu'ils ont aujourd'hui que lorsqu'on les fit marcher à l'aide d'électro- aimants, application dont l'initiative est due à M. Wheatstene, à Londres, en 1840. Depuis lors, on a beaucoup varié le mécanisme des télégraphes

BLKVTKIGITE.

électriques, et il faudrait des volumes pour décrire tous lee apf»reib qui ont été coDStruils. Cepeudant, on peut les rapporter à trois ^nres priocipaux : les télégraphes à lettres, à signaux, et enre' gistraurs. Tous sont fondés sur le même principe, qui est fort

Kg. 3'

- Peisouue portée pu un ilectro-aimant.

simple : à la station qui envoie la dépêche est une pile, à colle qui la reçoit est un élcctro- aimant, et ces deux appareils sont i^iés l'un à l'autre par un ûl métallique qui va de la première station à la seconde. Lorsque le courant passe dans le fil, l'éleclro -aimant Tonctionne et attire une armature de fer doux qui transmet son mouvement à d'autres pièces servant de signaux. Dès que le courant ne passe plus, un ressort ramène l'arpiature à sa première position; en sorte que c'est en établissant et en interrompant suo-

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cessivement le courant à la station de départ que la dépêche est transmise.

Dans le télégraphe à lettres, Télectro-aimant fait marcher une aiguille sur un cadran portant les vingt-quatre lettres; celle devant laquelle s'arrête l'aiguille est la lettre transmise; c'est-à-dire que chaque mot exige autant de signaux qu'il contient de lettres.

Dans le télégraphe à signaux, il y a deux électro-aimants faisant marcher, sur un cadran blanc, deux indicateurs mobiles aux extrémités d'un trait noir horizontal et fixe. Ce sont les positions relatives de ces indicateurs, par rapport à la ligne fixe, qui servent de signaux conventionnels, à peu près comme dans les anciens télégraphes en usage aVant les télégraphes électriques.

Le télégraphe à lettres, construit par M. Bréguet, est celui qui fonctionne sur toutes nos lignes de chemins de fer. Quant au télégraphe à signaux , il a d'abord été employé par l'État, mais on lui substitue partout aujourd'hui celui de Morse.

405. Télégraphe enregistreur de Morse. — Ce télégraphe, inventé

en 1837, en Amérique, offre, sur les précédents, le précieux avantage de conserver sur papier la trace des dépêches, ce qui en permet le contrôle. La figure 301 représente un poste télégraphique envoyant une dépêche à l'aide de cet appareil , et la figure 302 le poste qui la reçoit. Dans chaque poste l'appareil est identique; mais il est double, se composant de deux pièces distinctes : le manipulateur qui transmet les signaux, et le récepteur qm les enregistre. Ces deux pièces sont représentées plus en grand dans les figures 303 et 304.

Pour faire comprendre comment fonctionnent ces appareils, commençons par la figure 301. Au-dessous de la table portant le télégraphe est la pile qui fournit le courant; celui-ci, conduit par le fil P, entre dans le manipulateur que nous décrirons ci-après; de là il se rend dans un petit galvanomètre gr , qui indique par l'orientation de son aiguille si le courant est transmis. Enfin , le courant arrive à une pièce M, qui sert de paratonnerre, ainsi qu'on le verra ci -dessous, et de là gagne le fil L, qui est \q fil de ligne j c'est-à-dire celui qui est établi sur des poteaux le long des lignes des chemins de fer.

On voit ce fil reparaître au haut de la figure 302, où le courant

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qui arrive passe de nouveau dans un paraUmnerre , puis dans un galvanomètre, et enGn dans le manipulateur, d'où il se rend dans l'élt^tro-aimant faisant partie du récepteur. En soiiaat de celui-«i, il va Be perdre dans le sol par un fil T, qui le conduit ordioairement dans un puits.

- La dispositioe

générale de l'appareil une fois connue, voici comment fonctionBeat le manipulateur et le récepteur : le premier se compose d'un sodé de bois sur lequel est un levier métallique Irh, mobile sur un aie horizontal (fig. 303). D'un bout, ce levier est soulevé par nn« lame élastique r; de l'autre, il est traversé par une tige a, qui s'appuie sur un bouton de cuivre en communication, à l'intérieur

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du socle, avec ie fil A La figure 303 représenie le manipulateur au moment où il reçoit la dépêche, c'est-à-dire tel qu'l fonclionne dans la ligure 303. Le courant arrive alors par ie lil L qui est le fil do ligne, monte dans le levier kh, ol; redescend par la tige a dans le fil A, qui le conduit au récepteur. Si au contraire

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Fig 30Ï — Télégraphe âleclrii|iie (poite nceiiDt].

on veut que le manipulateur transmette le courant pour envoyer une depèdie, comme cela a lieu dans la figure 301, il faut que le courant qui virait de la pile par le fil P, puisse entrer dans le manipulateur ; or, c'est ce qui ne se produit pas lorsqu'il est disposé comme dans la figure 303, où l'on voit que le levier kh ne touche pas le boulon métallique auquel aboutit le fil P. Hais si, appuyant le doigt sur le bouton B, on abaisse le levier AA, le contact s'éta blit

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et le courant P passe aussitàl dans le fil L, qui le conduit au poste auquel on écrit; car c'est le même fil qui iransmet le courant et ie reçoit d'un poste à l'autre.

Quant au récepteur (flg. 304), il se compose d'un électro-aimant E, qui, toutes les fois que le courant est transmis, agit par altrac-

Fig. 303. — Maolpnlateqt dn télégraphe di

' une armature de Ter doux m, fixée h l'extrémité d'un levier mn mobile sur un axe. A son extrémité n, ce levier porte un poinçon s, qui appuie sur une bande do papier ab. Quand le courant ne passe pas dans l'électro- aimant, lo poinçon ne porte pas sur le papier; mais dès que l' électro-aimant fonctionne, Var-

Fig. 304. — RécepUnr du lélégrapbe de Horse.

mature m est attirée, le levier bascule, et le poinçon presse le papier, sur lequel il trace un trait allongé, ou simplement un point, selon que le courant passe pendant un temps plus ou moins long.

Afin que les signaux ainsi marqués par le poinçon ne se confondent pas, la bande de papier est entraînée leolement par un cylindre z, qui est mû par un mouvement d'horlogerie V (fig. 301).

TBI,éGÎlA.PHES ÉLECTRIQUES.

Quant aux traits et aux points tracés sur la bande de papier pendant son mouvement progressif, ils dépendent de l'employé qui fait marcher le manipulateur ( fig. 301 ), car il n'a qu'à presser un peu plus ou un peu moins longtemps sur le bouton B.

Il restait à donner une signification .conventionnelle aux combinaisons qu'on peut former avec des traits et des points. C'est ce qu'on a fait de la manière suivante :

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