Alcoomètre oentétimal de Gay-Lustao. — Les eaux -de -vie
et les esprits-de-vin employés dans le commerce et dans l'économie domestique sont formés d'alcool pur et d'eau; moins ils contiennent d'eau, plus ils sont forts; plus ils en contiennent, plus ils
sonl faibles et moins ils ont de valeur. Il importe donc, dans le commerce, de pouvoir déterminer exactement la quantité d'eau contenue dans une eau-de-vie donnée. C'est à quoi on parvient très-simplement à l'aide de l'alcoomètre de Gay-Lussac. Ce petit instrument, représenté dans la figure 68, plongeant dans
une éprouvette pleine d'esprit-de-vin, a tout à fait la forme de l'aréomètre de Baume, dont il ne diffère que par la graduation, qui est telle que cet alcoomètre n'indique pas seulement si un alcool donné contient plus ou moins d'eau, mais marque juste combien il en contient. Pour opérer cette graduation, Gay-Lussac plongeait d'abord l'instrument dans de l'alcool complètement privé d'eau, et au point d'affleurement, qui doit correspondre à l'extrémité supérieure de la tige, il marquait 4 00. Puis, ayant formé un mélange, en volume, de 99 parties d'alcool avec 4 partie d'eau, il y plongeait l'instrument, qui s'enfonçait un peu moins qu'auparavant, puisque l'eau ajoutée à l'alcool en augmentait la densité. Au point où avait alors lieu l'affleurement, on marquait 99, c'est-àdire le volume d'alcool contenu dans le mélange. Faisant ensuite des mélanges composés, sur 400 parties, de 98 d'alcool et 2 d'eau, de 97 d'alcool et 3 d'eau, de 96 d'alcool et 4 d'eau, et ainsi de suite, on plongeait successivement l'instrument dans chacun d'eux, et aux différents points d'affleurement, on marquait 98, 97, 96, etc.
L'alcoomètre une fois gradué de la sorte, il est facile d'en concevoir l'usage. En effet, une eau-de-vie étant donnée, on y plonge l'instrument, et si le point d'affleurement correspond, par exemple, au numéro 85 de la tige, cela indique que l'eau -de -vie contient 85 pour 400 d'alcool et 45 d'eau, c'est-à-dire que dans 400 litres de cette eau-de-vie, il entre en réalité 85 litres d'alcool et 45 litres d'eau. On peut donc en apprécier exactement la valeur; toutefois, pour que les indications de l'alcoomètre soient précises, on doit tenir compte, en le graduant, de la contraction que subissent l'eau et l'alcool lorsqu'on les mélange (8), et de la
Fig. 68— Alcoomètre de Gay>Liissac.
AREOMETRES.
température du liquide au moment où on y plonge l'alcoomètre. 99. Laotomètre. — Le lactotnètre est un petit instrument qui sert à reconnaître la qualité du lait, et qui a beaucoup de rapport avec Taréomètre de Baume, dont il a entièrement la forme, comme on le voit en  (fig. 69); mais sa graduation est différente. Pour la former, on plonge l'instrument dans une terrine pleine de lait pur et de très-bonne qualité, puis, au point d'affleurement, on marque
zéro sur une bande de papier contenue dans la tige du lactomètre.
Formant ensuite des mélanges de •^ de lait pur et 7^ d'eau, de -^ de lait et -^ d'eau, et ainsi de suite jusqu'à ^ de lait et -^ d'eau, on y plonge successivement l'instrument, qui s'enfonce de plus en plus, le lait mélangé d'eau étant moins dense que le lait pur. Marquant alors sur la bande de papier, à chaque point d'affleurement, les nombres ^, ^, ir? iV et -^ ou -^, on a une échelle destinée à faire connaître la quantité d'eau contenue dans le lait. Toutefois, de ce que le lactomètre marquerait, dans un lait donné, ^, -^ O" À» on ne pourrait en conclure d'une manière certaine que ce lait aurait été fraudé par une addition d'eau, parce qu'il peut être de mauvaise qualité par luimême. On serait seulement certain qu'on a un lait pauvre en principes constituants du lait, qui sont le beurre, le sucre de lait, et le caséum. •
Fig. 69. - Pèse-lait.