THERMOMÈTRES
entièrement semblables aux thermomètres à mercure; la seule difiTérence est que la boule et la tige, au lieu de contenir du mercure, contiennent de Talcool coloré en rouge avec une matière végétale nommée orseille, ce qui rend le liquide plus apparent. On gradue ces thermomètres en comparant leur marche, de degré en degré, à celle d'un thermomètre à mercure, afin de corriger Terreur qui, autrement, résulterait de la dilatation irrégulière de l'alcool. Quant à leur remplissage, il n'est pas nécessaire de souder un entonnoir à l'extrémité du tube; il suffit de chauffer légèrement la boule de manière à chasser une certaine quantité d'air, puis de renverser le tube en en plongeant l'extrémité ouverte dans l'alcool. L'air intérieur se contracte en se refroidissant et la pression atmosphérique fait monter l'alcool dans le tube et dans la boule. Celle-ci ne se remplit pas d'abord complètement, parce qu'il y est resté de Tair; mais en faisant bouillir l'alcool qui vient d'être introduit, ce liquide, qui est très - volatil , donne d'abondantes vapeurs, et celles-ci en se dégageant entraînent rapidement tout l'air qui est encore dans la boule; c'est alors que retournant le tube et plongeant de nouveau son extrémité dans l'alcool, l'instrument se remplit tout à fait. La construction s'achève ensuite absolument comme pour le thermomètre à mercure.
4 83 . CShoîx à faire entre le thermomètre à mercure et le thermomètre à alcool. — C'est au thermomètre à» mercure qu'on doit en général donner la préférence, parce que de tous les liquides c'est le mercure qui se dilate le plus régulièrement, c'est-à-dire dont les accroissements de volume correspondent mieux aux accroissements de chaleur. Toutefois, il est un cas où l'on est forcé de faire usage du thermomètre à alcool, c'est pour mesurer les trèsbasses températures. Eu effet, à 40 degrés au-dessous de zéro, le mercure se solidifie en une masse comparable à du^^plomb; par suite, à celte température et aux températures inférieures, le thermomètre à mercure ne peut plus fonctionner. Mais on peut alors avoir recours au thermomètre à alcool, car ce liquide ne se solidifie point par les plus grands froids connus, même à 80 degrés audessous de zéro.
Pour les hautes températures, le thermomètre à mercure est bien préférable, parce que ce liquide ne bout qu'à 350», tandis que
t^S CALORIQUE.
l'alcool bout à 79". En résumé, le thermomètre à mercure peut être employé de — 36" jusqu'à + 350" ; nous disons — 36" seulement, parce qiron a reconnu que de — 36° à — 40 le mercure se contracte irrégulièrement. Pour des températures supérieures k 360«, le thermomètre à mercure ne peut plus donner d'indications exactes, et d'ailleurs le verre ne tarderait pas à se ramollir.