RAYONNEMENT
2** L'intensité du calorique rayonnant est en raison inverse du carré de la distance; c'est-à-dire que placés à un mètre d'un 'foyer, nous en recevons une certaine quantité de chaleur; mais placés à deux mètres, nous en recevons quatre fois moins ; à troia mètres, neuf fois moins, et ainsi de suite. Cette relation entre l'intensité du calorique et la distance est facile à vérifier par l'expérience à l'aide du thermomètre différentiel.
Toutefois, ce n'est que dans le vide que les deux lois ci-dessus sont rigoureuses; dans l'air, elles ne peuvent se vérifier qu'approximativement, parce que les molécules de ce fluide arrêtent toujours une certaine portion de la chaleur rayonnante et affaiblissent ainsi son intensité. Cette perte de chaleur serait encore plus sensible dans des milieux moins transparents que l'air, comme le verre, l'eau, l'alcool.
i89. ISohange mutuel de calorique entre tous les corps. —
D'après le rayonnement qui se produit constamment dans toutes les directions autour des corps, il y a entre eux un échange continuel de calorique. Si les corps en présence sont tous à la même température, chacun envoie à ceux qui l'environnent une quantité de chaleur égale à celle qu'il en reçoit, et leurs températures restent stationnai res. Mais s'ils sont à des températures inégales, les plus chauds émettant plus de calorique qu'ils n'en reçoivent, leur température baisse ; tandis que les moins chauds recevant plus qu'ils n'émettent, leur température s'élève; en sorte qu'il arrive un moment où la température de ces corps finit par être la même pour tous. Or, à cette époque, le rayonnement ne s'arrête pas; il continue, mais sans perte ni gain pour chaque corps, état qu'on désigne sous le nom particulier d'équilibre mobile de température.
D'après ce qui précède, on conçoit que les corps placés dans nos appartements tendent tous à prendre uniformément la même température; mais en général il n'en est pas tout à fait ainsi, parce que plusieurs causes concourent à refroidir les uns et à échauffer les autres. Par exemple, les corps placés près d'un mur refroidi par l'air extérieur trouvent là une cause de refroidissement. Au contraire, ceux qui occupent la partie supérieure d'une pièce chauffée tendent par cela même à acquérir une température plus
élevée, parce que Tair chaud tendanl toujours à monter, comme moins dense, les couches d'air voisines du plafond sont constamment plus chaudes que les couches inférieures.
D'après l'échange continuel de calorique qui se produit entre les corps, il y a nécessairement une limite à leur refroidissement, puisqu'ils tendent toujours à reprendre d'un côté ce qu'ils perdent de l'autre. Pour qu'un corps pût se refroidir indéfiniment, il faudrait qu'il fût seul dans l'espace, ne fecevant de chaleur d'aucun autre corps. Perdant alors son calorique sans en recevoir, on ne peut dire jusqu'où irait son abaissement de température. Arriverait-il à ne plus contenir aucune quantité de chaleur? On l'ignore; mais ce qu'on peut affirmer, c'est qu'il descendrait à un degré de froid beaucoup plus considérable que tous ceux qu'on a pu observer à la surface du globe.