‹ Cours de physique, purement expérimentale, à l'usage des gens du mondeChapitre 78 sur 196 · RIQUE · texte numérisé non relu

RIQUE

par l'effet de la réflexion, viennent conconrir en un point unique auquel on donne le nom de foyer^ pour exprimer la grande quantité de chaleur qui vient s'y concentrer.

En traitant de la lumière, nous reviendrons avec détail sur les propriétés des foyers dans les miroirs concaves; pour le moment, il suffira de Taire connaître les expériences qui servent à démontrer la grande intensité qu'acquiert en ces points la chaleur réilé-

Fig. laa. — Eipériencc des

chie. La figure 138 représente une expérience remarquable qu'on fait ordinairement dans tes cours de physique. En regard Tua de l'autre sont deux miroirs concaves, distants de trois à quatre mètres. Au foyer de l'un est un boulet de fer n, chauffé à la température rouge; au foyer de l'autre est un corps inflammable m, par exemple un morceau d'amadou. Or, les rayons de chaleur émis par le boulot dans la direction du miroir A, se réfléchissant sur ce dernier, sont renvoyés vers le miroir B, comme le montrent les deux traits figurés de l'un à l'autre. Arrivés sur le second miroir, les rayons se réfléchissent de nouveau et viennent se concentrer sur le corps m qu'ils enflamment.

On peut encore produire la même efTet avec les rayons solaires.

lIOtlE.

Pour cela on recoil un faisceau de ces rayons sur un réflecteur concave comme le montre la figure 139 et en ma ntenant au foyer pendant quelques instants un corps inflammable comme du papier du boiB blanc un bouchon de liege en ayant som de

Fig iïB

les tenir avec une pince pour ne pas se briller les doigts on voit ce corps prendre feu L eflet produit dépend ici de la grandeur des miroirs Avec un miroir ajantl- 74 dowcerittre cestàdire d'un bord à l'autre, on a fondu le cuivre et l'argent en quelques minutes; l'ardoise s'est transformée en un verre noir qu'on a pu étirer en fil ; les pierres siliceuses et les cailloux ont été ramollis et fondus.

La facilité avec laquelle on peut enflammer les corps è l'aide desmiroirsconcavesleura fait donner le nom àe miroirs ardents. On rapporte qu'Archimède embrasa par ce moyen les vaisseaux des Romains devant la ville de Syracuse. Depuis, le fait a été

révoqué en cloute par quelques auteurs ; mais Buffon a fait voir qu'il était possible. En effet, ce célèbre naturaliste parvint, par un soleil ardent d'été, à embraser une planche de bois goudronnée à 68 mètres de distance, en se servant d'un immense réflecteur con-r cave, composé de i28 miroirs de verre, chacun d'une surface de trois décimètres carrés et demi; ils étaient montés à charnière sur un châssis commun, de manière à recevoir l'inclinaison convenable pour renvoyer toute la chaleur vers un même point.

i92. Pouvoir réfléohîasant des dîvertes lubstanoe*. -^ Nous ,

avons déjà fait observer (490) que la chaleur qui tombe sur un corps se partage toujours en deux parties. Tune réfléchie à la surface, l'autre absorbée, c'est-à-dire pénétrant dans la masse du corps et élevant sa température. Or, les quantités de chaleur ainsi absorbées ou réfléchies sont très-variables d'une substance à une autre; les unes réfléchissent beaucoup et absorbent peu, ce qu'on exprime en disant qu'elles ont un grand potwoir réfléchissant; d'autres, au contraire, réfléchissent peu la chaleur, mais l'absorbent beaucoup, c'est-à-dire qu'elles ont un grand pouvoir absorbant. Il est évident d'ailleurs que ces deux pFopriétés doivent être en raison inverse l'une de l'autre, car tout corps qui absorbe beaucoup de chaleur ne peut en réfléchir que très-peu , et réciproquement.

Afin de comparer entre eux les pouvoirs réflecteurs des différentes substances, Leslie prenait pour source de chaleur un cube de fer-blanc plein d'eau à 100 degrés, qu'il plaçait devant un réflecteur concave (fig. i40 ). Les rayons émis par cette source de chaleur dans la direction du réflecteur, tendaient à aller concourir au foyer F. Mais en avant de celui-ci étaient placées successivement de petites plaques carrées de papier, de verre, de métal , en un mot, des différentes substances dont on cherchait le pouvoir réflecteur. Gela posé, les rayons réfléchis une première fois sur le miroir concave, se réfléchissaient une seconde fois, mais en sens contraire, sur les plaques, et venaient enfin tomber sur la boule d'un thermomètre différentiel, comme le montre le dessin ci-après. Or, dans cette expérience, la source de chaleur restant la même, ainsi que sa distance au réflecteur, le thermomètre indique des degrés de chaleur très -différents, suivant la substance dont les

POUVOIR REFLECTEUR. 229

petites plaques aont Tonnées. C'est quand elles sont en cuivre jaune poli que le thermomètre accuse la plus haute température, ce qui prouve que c'est ce métal qui a le plus grand pouvoir réflecteur. Celui de l'argent n'est que les f„ de celui du cuivre jaune; celui de l'étaio ^*; c«lui du verre ■^. Enfin, pour l'eau el le noir de fumée, le pouvoir réflecleur est nul; ce qu'on reconnaît, parce

qu'en recouvrant de noir de Tumée ou en mouillant les plaques devant lesquelles est placé le thermomètre diiTérentiel, celui-ci n'indique aucune élévation de température ; ce qui prouve qu'il ne reçoit plus de chaleur.

193. Pouvoir aliuTbant. — Pour Comparer entre eux les pouvoirs absorbants des différentes substances, Leslie a disposé see expériences comme dans la Bgure 141. La source de chaleur et le réflecteur étant les mêmes que dans l'expérience précédente, la boule du thermomètre différentiel est placée au foyerméme, où elle reçoit directement toute la chaleur réfléchie par le miroir. Mais ici, au lieu de conserver la boule focale, celle qui est au foyer, . constamment identique à elle-même, on modifie sa surface et, par suite, son pouvoir absorbant, en la recouvrant successivement de

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papier, de Teuilles minces d'étain, d'or, d'argent, de cuivre, etc. ; enrin, on fait aussi déposer dessus une légère couche de noir de fumée, on la mouille, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on ait expérimenté successivement sur toutes les substances dont on veut connaître le pouvoir absorbant. Or, on observe que c'est lorsque la boule focale est recouverte de noir de fumée, ou mouillée, que le

Fig. Ul. - Fonvoi

thermomètre accuse la plus haute température; d'où l'on conclut que ce sont ces substances qui ont le plus grand pouvoir absor~ banl. Au contraire, c'est quand la boule est recouverte de feuilles de métal, et surtout de cuivre jaune, que le thermomètre marque le plus petit accroissement de température, ce qui montre que ce sont les métaux, et particulièrement le cuivre jaune, qui laissait le moins pénétrer la chaleur, qui ont le plus faible pouvoir absorbant. En un mot, on arrive à ce résultat, qu'il était facile de prévoir, que ce sont les corps qui réfléchissent le mieux la chaleur qui l'absorbent plus difficilement, et réciproquement, que ce sont les moins bons réflecteurs qui l'absorbent davantage.

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