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CONDUCTIBILITÉ DES CORPS POUR LA CHALEUR

197. CSonduotîbîlité des oorpt solides. — Dans tous les phénomènes qu'on vient de considérer sous le nom de rayonnement^ le calorique se transmet constamment d'un corps à un autre à travers l'espace; or, il peut aussi se propager dans la masse même des corps par un véritable rayonnement interne de molécule à molécule. C'est cette propagation intérieure dans la masse des corps qu'on désigne sous le nom de conductibilité; et on appelle bons conducteurs les corps qui transmettent facilement le calorique

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dans leur masse, landis que ceux dans lesquels celle propagalion s'opère difficilement sont dits mauvais conducteurs.

Pour montrer l'inégale conductibilité des sorps solides, Ingenhousz, médecin hollandais, mort à la Gn du siècle dernier, faisait usage du petit appareil représenta dans la figure 14Î. C'est une petite caisse de fer-blanc, a laquelle sont adaptés, à l'aide de tubulures et de bouchons, des baguettes de diverses substances, par exemple, de fer, de cuivre, de marbre, de bois, de verre. Ces ba-

dlD^eDhonBZ.

guettes, qui pénètrent de quelques millimètres dans la caisse, 'sont recouvertes d'une couche de cire jaune ordinaire qui fond à 61 degrés. Cela posé, si l'on remplit la caisse d'eau à 100 degrés, on remarque que sur les baguettes métalliques la cire fond rapidement jusqu'à une certaine distance des tubulures; landis que sur les autres baguettes on n'observe aucune trace de fusion, ce qui montre que la cbaleur de la caisse se propage plus facilement dans les premières baguettes que dans les secondes. En effet, non-seulement l'expérience ci-dessus, mais d'autres plus précises, font voir que de tous les corps les meilleurs conducteurs sont les métaux. Après eux viennent le marbre, la porcelaine, les briques, le bois, le verre, la résine.

de «'tokanffement. — Les

liquides sont tous très-mauvais conducteurs du calorique, excepté

U>ut«rois le mercure, qui est un métal. Ils conduisent même si peu que Rumford avait admis que l'eau ne conduisait pas du tout. Mais sa conductibilité, quoique très-faible, a été mise hors de doute, ainsi que celle aes autres liquides, par des expériences précises.

D'après leur faible conductibilité, les liquides ne s'échauffent pas il la manière des solides. En effet, qu'on chauffé un corps solide par le haut, par le bas ou par l'une quelconque de ses faces latérales, dans tous les cas la chaleur se transmet de proche en proche et toute la masse s'échauffe. Or, il n'en est plusainsi d'un liquide; si on le chauffe par le haut, la chaleur ne se propage qu'avec une extrême lenteur, et on ne peut parvenir ainsi à l'échauffer complètement. Si on l'échauffé par le bas, la température du liquide s'élève rapidement; toutefois, ce n'est point par conductibilité, mais par des courants as- Fig. 143— Mode d'écLauffement condanls et descendants qui,

des iiquidfs. yu ig uiQbilite dcs molécuIes,

se produisent dans teute la masse liquide.

Pour démontrer l'existence de ces courants, on dispose l'expérience comme on le voit dans la Sgure H3. Dans un vase de veire un peu profond, on met de l'eau dans laquelle on projette une poussière ayant à peu près la même densité qu'elle, par exemple de la sciure de chêne; puis on chauffe doucement ce vase à sa partie inférieure. Or, à mesure que les couches les plus basses s'échauffent, elles se dilatent, deviennent moins denses et s'élèvent dans le liquide, tandis que les couches supérieures, plus froides et plus denses, descendent pour prendre la place des premières, s'échauffer à leur tour, puis remonter, et ainsi de suite jusqu'à ce que toute la masse soit échauffée. En effet, ces courants deviennent sensibles par la sciure de chêne qu'on voit s'élever lentement au centre du liquide, et redescendre près des bords.

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