‹ Cours de physique, purement expérimentale, à l'usage des gens du mondeChapitre 95 sur 196 · ÉLASTIQUE · texte numérisé non relu

ÉLASTIQUE

214. Vapeur», liquides volatils et liquides fixes. — On a déjà VU

(174) qu'on nomme vapeurs des fluides aériformes, dans lesquels se transforment les liquides par l'action du calorique. Elles sont incolores et invisibles comme l'air, et douées d'une force eœpansite ou tension qui, par une élévation de température suffisante, peut devenir considérable et bien supérieure à celle des gaz. Dans la nature, le nombre des vapeurs est fort limité; on ne rencontre même en grande masse que la vapeur d'eau, toujours abondamment répandue dans l'atmosphère, et la seule que les physiciens aient étudiée complètement, à cause du rôle important qu'elle joue dans un grand nombre de phénomènes.

Quant à la propriété de dégager des vapeurs, les liquides se divisent en deux classes : les liquides volatils et les liquides ^xe.v. Les premiers sont ceux qui possèdent une tendance naturelle à se réduire en vapeur, même à la température ordinaire ou à des températures plus basses, ainsi que chacun a pu l'observer à l'égard de l'eau , de l'esprit-de-vin, de l'éther, du chloroforme, liquides qui disparaissent promptement lorsqu'on les laisse exposés à l'air dans des vases ouverts. C'est encore ce qui a lieu pour une famille nombreuse de liquides connus sous les noms d'essences, d* huiles essentielles, d'huiles volatiles, au nombre desquelles sont les essences de térébenthine, de lavande, de gérofle, de rose, de fleur d'oranger.

Les liquides fixes, au contraire, sont ceux qui ne donnent de vapeur à aucune température ; ce sont les huiles grasses, comme celles d'olive, de poisson, etc. Fortement chauffées, ces huiles sont décomposées en donnant naissance à des produits gazeux qui se dégagent, mais elles n'émettent pas de vapeurs de même nature qu'elles. Il en est bien quelques-unes, connues sous le nom d'huiles

siccatives, qui s'épaississent à l'air, mais c'est en absorbant de l'oiiygène et non par un effet de vaporisation. Quelques substances donnent des vapeurs mènie à l'élat solide.

L'eau congelée nous en donne i dans les hivers secs et froids,

exemple, comme on le remarque il la glace et la neige répandues dans les campagnes finissent par disparaître complètement sans qu'il y ait eu fusion. Le camphre et les corps odorants, en général, présentent le même phénomène, car les udeurs doivent sans doute Être attribuées i des émanations matérielles comparables à des vapeurs extrêmement subtiles.

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■nésh — Les vapeurs qui se forment à la surface d'un liquide s'en dégagent en vertu de leur force élastique; mais cette force, à la température ordinaire, est en général de beaucoup inférieure à la pression de l'atmosphère, et c'est pour cela que ces liquides exposés à l'air ne se vaporisent que fort lentement.

L'expérience suivante rend sessiblela force élastiquedes vapeurs et en même temps leur formation lenle lorsqu'elles sont comprimées. On a un tube de verre recourbé en siphon dont la petite branche est fermée (fig. 145). Celle branche et une partie de la grande sont remplies de mercure; et dans la petite on fait passer d'avance une goutte d'éther, qui. en vertu de sa moindre densité, se rejid à la partie la plus haute, en B. Le tube ainsi disposé, on le plonge dans un vase plein d'eau chauffée à 45 degrés environ. Aussitôt on voit le mercure s'abaisser graduellement dans la courte

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branche et monter dans la grande, et cela par T effet de la force expansive d'un gaz qui apparaît dans la partie AB, et qui a tout à fait l'apparence de l'air. Or, ce gaz, ce fluide aériforme, n'est autre chose que de la vapeur d'éther, dont la force élastique fait équilibre non-seulement à la pression atmosphérique qui s'exerce en C, mais, à la pression exercée par la colonne de mercure qui remplit la grande branche, du sommet C jusqu'au niveau A.

Si l'on refroidit l'eau du vase, ou si l'on en retire le tube, ce qui revient au même, le mercure remonte progressivement dans la petite branche, la vapeur disparaît peu à peu, et la gouttelette d'éther, qui était en partie disparue, se reforme. Au contraire, si Ton chauffe davantage l'eau dans laquelle plonge le tube, le mercure descend davantage dans la petite branche, ce qui indique que la tension de la vapeur augmente avec la température, augmentation qui se manifeste indéfiniment tant qu'il reste du liquide à vaporiser.

C'est cette tension, qu'acquièrent les vapeurs à une haute température, qui souvent fait éclater les chaudières des machines à vapeur et occasionnent des sinistres redoutables. Si le bois pétille au feu, c'est par suite de la tension des vapeurs et des gaz qui se forment dans les pores du bois pendant la combustion. Quand on fend des marrons pour les faire cuire sous la cendre ou dans une poêle percée de trous, c'est afin de laisser dégager la vapeur produite par l'eau contenue dans le fruit. Sans cette précaution, la vapeur retenue par l'enveloppe acquiert une tension capable de faire éclater le marron, et d'en projeter au loin les morceaux.

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