ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE, FOUDRE ET PARATONNERRE
372. Identité de la foudre et de l'électricité. — Dès l'origine des découvertes électriques, plusieurs expérimentateurs s’empressèrent de comparer le mouvement en zigzag de l’étincelle électrique à l’éclair des nuées orageuses, et le craquement qu’elle fait entendre au bruit de la foudre. Mais le rapprochement devint bien plus complet quand on connut les effets énergiques des batteries. Celles-ci, comme la foudre, faisaient entendre une forte explosion, fondaient les métaux, tuaient les animaux, déchiraient les corps qu’elles frappaient, allumaient les substances inflammables, répandaient une forte odeur de soufre; enfin, l’analogie était frappante. C’est Franklin qui, le premier, dans un mémoire publié à Philadelphie, le 7 novembre 1749, établit un parallélisme complet entre la foudre et l’électricité des machines électriques. « Le fluide électrique, dit-il en terminant son Mémoire, est attiré par les pointes; nous ignorons si la foudre est douée de la même propriété ; mais puisque l’électricité et la foudre s’accordent par tous les autres points, il est probable qu’elles s’accordent de môme en celui-ci : il faut en faire l'expérience. »
Le Mémoire de Franklin parvint d’abord à Londres où on n’en comprit point la portée ; mais notre illustre naturaliste Buffon l’ayant lu , le fit traduire et imprimer à Paris, où le succès fut complet. Cependant, ce n’est que le 10 mai 1732 que le premier essai