METEORES AUXQUELS ON ATTRIBUE UNE ORIGINE ÉLECTRIQUE
378. Grêle. — On donne le nom de météores, d’un mot grec qui veut dire élevé, aux phénomènes qui se produisent dans l’atmosphère. Le vent, la pluie, la neige, la foudre sont des météores. Quelques-uns paraissent avoir pour cause l’électricité : outre la foudre, ce sont la grêle, les trombes et les aurores boréales.
La grêle est un amas de petits globules de glace qui tombent de l’atmosphère. Ces globules, qu’on nomme grêlons, sont ordinairement formés d’une couche transparente autour d’un noyau opaque, qui n’est autre chose qu’un petit flocon de neige compacte. Les grêlons atteignent quelquefois une grosseur considérable, celle d’un œuf de pigeon , et on en a observé dont le poids allait jusqu’à 300 grammes.
La chute de la grêle est souvent précédée d’un bruit particulier qu’on attribue au choc des grêlons entre eux, et qu’on a comparé à celui d’un sac de noix qu’on agite. La grêle est toujours accompagnée d’effets électriques, et le tonnerre précède ou accompagne ordinairement sa chute, ce qui fait penser que l’électricité joue un rôle dans la production de ce phénomène. Mais on n’a point encore expliqué d’une manière satisfaisante la formation des grêlons et comment ils peuvent atteindre, avant de tomber, une grosseur aussi considérable que celle qu’ils ont quelquefois. Volta admettait que placés entre deux nuages chargés d’électricités contraires, ils étaient successivement attirés de l’un à l’autre, absolument comme dans
la danse des pantins, et que c’est pendant ce va-et-vient que la vapeur se condensait et se congelait à la surface des grêlons, et leur faisait atteindre un volume considérable. Cette théorie n’est plus admise aujourd’hui.
379. Trombe». — Les trombes sont des tourbillons de vent et de vapeurs épaisses qui se forment dans l’atmosphère, renversant et déracinant tout ce qui se rencontre sur leur passage. Elles parcourent souvent une étendue de pays considérable, faisant entendre un bruit assez semblable à celui d’une charrette pesamment chargée qui court sur un chemin rocailleux.
Les éclairs et les globes de feu que lancent souvent les trombes, le bruit du tonnerre qui les accompagne, montrent que l’électricité n’est pas étrangère à la cause de ces redoutables météores.
On distingue deux espèces de trombes : les unes terrestres et les autres marines, suivant qu’elles se manifestent sur les continents ou sur les mers. Les dernières présentent souvent un aspect remarquable : les eaux de la mer s’agitent et s’élèvent en forme de cône, tandis que les nuages s’abaissant eux-mêmes sous la forme d’un cône renversé, les deux cônes se réunissent par leur sommet, en formant un immense pilier qui unit la mer aux nuages.
380. Aurore boréale. — Les aurores boréales sont des phénomènes lumineux de l’aspect le plus imposant, qui apparaissent, dans l'atmosphère aux pôles de la terre, mais surtout au pôle boréal. Là, à la chute du jour, on voit une lueur vague apparaître à l’horizon dans la direction du méridien magnétique. Puis cette lueur se dessine en arc régulier d’un jaune pôle, tournant sa concavité vers la terre; enfin, des rayons de lumière jaillissent do l’horizon, passant successivement du jaune au vert foncé et au pourpre le plus éclatant. Tous ces rayons convergent vers un même point du ciel, indiqué par le prolongement de l’extrémité sud de l'aiguille d’inclinaison ( 335 ), et ils figurent alors le fragment d’une immense coupole lumineuse (fig. 282).
Quand l’arc lumineux est formé, il reste souvent visible pendant plusieurs heures; puis l’éclat diminue, les couleurs disparaissent , et ce brillant phénomène s’affaiblit peu à peu ou s’éteint subitement.
Les aurores boréales ont une action perturbatrice sur l’aiguille
ÉLECTRICITÉ
des boussoles, et se forment constamment dans la direction du méridien magnétique; or, l’électricité dégagée dans les actions chimiques présentant exactement les mêmes phénomènes, ainsi qu’on
Fig. îiï — Aurore boréale.
le verra bientôt, on ne peut mettre en doute que la lumière des aurores boréales ne soit un phénomène électrique.