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EFFETS GENERAUX DU CALORIQUE, THERMOMETRES

171 Hypothèses sur la cause de la chaleur, calorique. — Les

sensations de chaleur et de froid nous sont familières, et chacun a observé que le même principe qui fait naître en nous, ces sensations exerce aussi son action sur les corps inertes. Par exemple, un corps quelconque, placé devant un foyer, s’échauffe de plus en plus ; écarté de ce même foyer, il se refroidit. Or, ce n'est pas seulement sa surface qui s’échauffe et se refroidit ainsi, mais toute sa masse, quelqué dur que soit le corps. Le principe de la chaleur peut donc se transmettre à distance, pénétrer dans la matière des corps, s’y accumuler, puis s’en dégager ensuite pour aller échauffer d’autres corps.

C’est ici que, pour remonter à la cause des phénomènes dépendant de la chaleur, les physiciens ont admis l’existence des fluides impondérables et incoercibles dont, nous avons eu déjà occasion de parler (6), et que, divisés d’opinion, les uns ont adopté \’ hypothèse de l'émission, les autres celle des ondulations ; hypothèses qu’on verra reparaître dans l’étude de la lumière.

Dans l’hypothèse de l’émission, soutenue par Newton et par les physiciens de son école, on attribue la cause de la chaleur à un lluide éminemment subtil, impondérable et incoercible, émis dans toutes les directions par les corps chauds; en sorte que c’est ce fluide qui, tantôt s’accumulant dans les corps, tantôt les abandonnant, donne naissance à tous les phénomènes de chaleur et de froid. Cette matière invisible, impalpable, qui fait rougir le fer,

CA LO K ly CK.

fond les métaux, met les corps en ignition, a d'abord reçu les noms de matière ignée , de matière du, feu; mais lors de la réforme du langage scientifique, Lavoisier, célèbre chimiste et physicien de la fin du siècle dernier, lui a donné le nom de calorique, d’un mot latin qui veut diro chaleur.

Dans l’hypothèse des ondulations, soutenue par Descartes, Huyghens et leurs disciples, on suppose aussi un fluide invisible, insaisissable, extrêmement subtil et élastique, qu’on nomme éther ; mais ce fluide, au lieu d’ètre émis par les corps et de se transmettre de l’un à l’autre, est répandu dans tout l’univers, dans toutes les substances et même dans le vide le plus parfait. Cela posé, on admet que tous les phénomènes qui dépendent de la chaleur ont pour cause un mouvement vibratoire particulier des molécules des corps chauds, lequel mouvement se transmet à l’éther, qui le propage ensuite, avec une vitesse presque infinie, sous forme d’ondulations, de la même manière que l’air propage le son : en sorte que c'est à l’intensité plus ou moins grande des vibrations de l’éther que sont dus tous les degrés de chaleur et de froid.

Ces deux théories ont longtemps divisé les physiciens; mais aujourd’hui, vu l’analogie qui existe entre les phénomènes de la chaleur et ceux de la lumière, la théorie des ondulations étant celle qui a prévalu pour ce dernier agent physique, c’est aussi celle qui est généralement adoptée dans la chaleur. Toutefois, l’exposition des phénomènes se présentant sous une forme plus saisissable dans la théorie de l'émission, et la transmission ou l’accumulation d’un fluide calorifique étant plus facile à se représenter que ses ondulations, on s’exprime, en général, conformément à l’hypothèse de l’émission. Nous continuerons donc à donner à la cause de la chaleur, quelle qu’elle soit, le nom de calorique , et nous dirons d’un corps qui s’échauffe ou se refroidit, qu’il absorbe ou perd du calorique. .

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