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Condition* à obierver pour consulter le thermomètre

Pour être exactes, les observations thermométriques doivent être faites dans de certaines conditions. Par exemple, pour prendre la température d’un bain, certaines personnes y plongent un instant un thermomètre, le retirent, puis le consultent ensuite. Mais en s’y prenant ainsi, le thermomètre se refroidit et accuse une température inférieure à celle du bain. C’est pendant qu’il est dans l’eau qu’on doit le consulter, et encore faut-il l’y laisser plonger assez longtemps pour qu’il en prenne exactement la température.

La bonne température d’un bain, en degrés centigrades, est de 32 à 33"; en degrés Réaumur, de 27”. Or, dans les établissements de bains de Paris, on fait encore usage de thermomètres de Réaumur; il en résulte que si l’on demande un bain à 33”, on vous en sert un à cette température, mais en degrés Réaumur; et comme 33“ degrés Réaumur équivalent à un peu plus de 41 degrés centigrades, il en résulte que votre bain est beaucoup trop chaud. Du reste, il n’est pas rare que dos médecins ordonnent un bain à une température déterminée, sans dire si elle est mesurée en degrés Réaumur ou en degrés centigrades; cependant, comme on vient de le voir, cette indication est nécessaire.

Lorsqu’il s’agit d’apprécier la température d’un appartement, on se contente ordinairement de suspendre un thermomètre à l’un des murs. Or, on peut avoir ainsi une erreur de plusieurs degrés. Si le mur communique avec l’extérieur, et surtout s’il regarde le nord, il sera, en général, plus froid que l’air de l’appartement et communiquera une température trop basse. Il peut encore arriver que ce mur se trouve chauffé par des tuyaux de cheminée et que, par suite, le thermomètre donne une température trop élevée. C’est pourquoi le seul moyen d’obtenir réellement le degré do chaleur de l’air dans un appartement, est de suspendre le thermomètre par un fil au milieu môme de la pièce, loin de tout corps

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qui puisse contribuer à l'échauffer ou à le refroidir. Il en est de même lorsqu’on veut avoir la température de l’atmosphère; le thermomètre doit être suspendu en plein air, à l’ombre, et non posé sur un objet quelconque ou suspendu contre un mur, comme le font ceux qui n’ont pas l’habitude de ces sortes d’observations.

<84. Thermomètre! différentiels. — On appelle thetmomètres différentiels des thermomètres destinés à faire connaître non pas

Fig. t35. — Thermomètre différentiel de Rumford.

la température du lieu où ils sont placés, mais la différence de température entre deux lieux voisins. On en distingue deux : l’un, qu’on nomme thermoscope, est dû à Rumford, physicien américain, mort en France en 1814; l’autre, connu spécialement sous le nom de thermomètre différentiel, a été inventé par Leslie, physicien écossais, mort en 1832.

La figure 135 représente le thermoscope de Rumford; il se compose de deux boules de verre pleines d’air, et réunies l’une à l’autre par un tube de verre deux fois recourbé. Dans la partie horizontale de ce tube est un petit index liquide n, qu’on y introduit avant que l’instrument soit fermé. Cet index est très-mobile, et

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dès qu’une des boules s'échauffe plus que l'autre, l’air s’y dilate et refoule l’index vers la boule la moins chaude. Ce thermomètre est même tellement sensible, qu’il suffit d’approcher la main d’une des boules, comme le montre la ligure ci-dessus, pour voir aussitôt l’index se déplacer.

Pour connaître la différence de température entre les deux boules,

on place le- long de la branche horizontale du tube une double échelle, dont la graduation s’obtient de la manière suivante : à la partie coudée du tube est soudé un petit appendice, dans lequel on fait arriver l’index à volonté, de manière à pouvoir ensuite faire passer une certaine quantité d’air de la boule A dans la boule B, ou réciproquement de celle-ci dans la première. Après quelques tâtonnements et après avoir fait rentrer l’index dans le tube horizontal, on parvient à obtenir que l’index s’arrête juste au milieu de ce tube lorsque les deux boules sont exactement à la même Fig. 136.- Therm. différentiel température. On marque alors zéro de Leslie- sur l’échelle, à chaque extrémité de

l’index; puis portant l’une des boules, la boule B, par exemple, à une température supérieure à celle de l’autre boule d’une quantité connue, soit de 10 degrés centigrades, l’index avance et on marque 10 au point correspondant à son extrémité antérieure, comme le montre la figure. On partage enfin l’intervalle de 0 à 10 en dix parties égales, que l’on continue jusqu’à l’extrémité de l’échelle, dont une moitié se trouve ainsi graduée. On opère ensuite de la même manière pour graduer l’autre moitié.

La figure 130 représente le thermomètre différentiel de Leslie. Il est le même que le précédent, seulement ses boules sont plus petites, et les échelles sont appliquées le long des branches verticales, les deux zéros étant au milieu de chaque branche; en sorte qu’il y a réellement ici quatre échelles, dont une au-dessus et

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