‹ Cours de physique purement expérimentaleChapitre 70 sur 199 · Echange mutuel de calorique entre tou* le* corp · texte numérisé non relu

Echange mutuel de calorique entre tou* le* corp

D’après le rayonnement qui se produit constamment dans toutes * les directions autour des corps, il y a entre eux un échange continuel de calorique. Si les corps en présence sont tous à la même température, chacun envoie à ceux qui l’environnent une quantité de chaleur égale à celle qu’il en reçoit, et leurs températures restent stationnaires. Mais s’ils sont à des températures inégales, les plus chauds émettant plus de calorique qu’ils n’en reçoivent, leur température baisse; tandis que les moins chauds recevant plus qu’ils n’émettent, leur température s’élève; en sorte qu’il arrive un moment où la température de ces corps finit par être la même pour tous.. Or, à cette époque, le rayonnement ne s’arrête pas; il continue, mais sans perte ni gain pour chaque corps, état qu’on désigne sous le nom particulier A' équilibre mobile de température.

D’après ce qui précède, on conçoit que les corps placés dans nos appartements tendent tous à prendre uniformément la même température; mais en général il n’en est pas tout à fait ainsi, parce que plusieurs causes concourent à refroidir les uns et à échauffer les autres. Par exemple, les corps placés près d’un mur refroidi par l'air extérieur trouvent là une cause de refroidissement. Au contraire, ceux qui occupent la partie supérieure d’une pièce chauffée tendent par cela même à acquérir une température plus

CALORIQUE

élevée, parce que l’air chaud tendant toujours à monter, comme moins dense, les couches d'air voisines du plafond sont constamment plus chaudes que les couches inférieures.

D'après l’échangé continuel de calorique qui se produit entre les corps, il y a nécessairement une limite à leur refroidissement, puisqu’ils tendent toujours à reprendre d’un côté ce qu’ils perdent de l’autre. Pour qu’un corps put se refroidir indéfiniment, il faudrait qu'il fût seul dans l’espace, ne recevant de chaleur d’aucun autre corps. Perdant alors son calorique sans en recevoir, on ne peut dire jusqu’où irait son abaissement de température. Arriverait-il à ne plus contenir aucune quantité de chaleur? On l’ignore; mais ce qu’on peut affirmer, c’est qu’il descendrait à un degré de froid beaucoup plus considérable que tous ceux qu’on a pu observer à la surface du globe.

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