‹ Cours de physiqueChapitre 29 sur 158 · at , . h . (^-ha't · texte numérisé non relu

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laquelle formule ,x' csl enfin la véritable hauteur de la colonne baromé-

lriq«e à 0».

1 49. Pour mesurer exactement les hauteurs barométriques , il faul tenir compte de la dépression qu'éprouve la colonne de mercure par effet de la capillarité. Cavendish a déterminé comme il suit la dépression qu'éprouve le mercure dans les tubes de différents diamètres.

Diamètre, du tube. Dépression.

g millimètres. ^ ^7 mlUiniélres-

Les baromètres à siphon , dont les branches sont d'égal diamètre, n'éprouvent aucune influence capillaire, car il se produit dans les deux branches des effets égaux et contraires.

150. Variations barométriques. La hauteur de la colonne barométrique au niveau des mers est de 0",760 , ou 28 pouces environ. A Paris la hauteur moyenne est de 0"',756. Les variations continuelles auxquelles l'atmosphère est soumise dans nos climats, font changer continuellement la hauteur du baromètre : à Paris le baromètre descendit en 1821 à 0",719, et en 1825 11 s'éleva à 0'",781. La moyenne des hauteurs minima est à Paris de 0'",750, et celle des hauteurs maxima est de 0™,773.

L'observation de ces variations de hauteur, a constaté qu'en général la colonne barométrique s'élève quand le temps devient beau, et qu'elle s'abaisse au contraire quand il survient de la pluie; qu'elle baisse par les vents chauds , et qu'elle monte par les vents froids. Ces indications sont toujours incertaines. Pour en expliquer la nature, supposons un temps serein, et que le baromètre vienne abaisser. Cet abaissement prouve qu'une partie de l'air s'est déplacée et portée ailleurs. Si ce mouvement est assez rapide, il produira, comme toute dilatation de gaz , un refroidissement suffisant pour que les vapeurs contenues dans l'atmosphère puissent se condenser en nuage ou même se résoudre en pluie. .151. Variations horaires. Outre les variations que font subir à

la baulcur baromélrique Jcscliangemenis d'élal qui surviennent dans l'atmosphère, celte liauleur éprouve encore ce qu'on appelle les variations horaires.

On appelle ainsi des variations de hauteurs, qui se fout pendant le cours d'une journée d'une manière régulière. C'est ainsi que, d'après les nombreuses expériences de M. de Humbolt , sous l'équaleur le baromètre atteint son maximum à 9 heures du malin; puis il descend et arrive à son minimum à 4 '/l' heures de l'aprèsmidi ; remontant ensuite, il atteint son second maximum à 11 heures du soir, après quoi il redescend de nouveau pour atteindre à 4 heures du malin, son second minimum.

Dans nos climats les variations atmosphériques continuelles rendent pour ainsi dire insensibles les variations horaires ; cependant M. Ramond est parvenu à les apprécier. II a reconnu que les heures critiques ne sont pas les mêmes pour toutes les saisons. Il a démontré qu'en hiver les deux maxima sont à 9 heures du matin et 9 heures du soir, et les deux minima à 3 heures aprèsmidi et 4 heures du malin; tandis qu'en été les deux maxima sont à 8 heures du matin et à 1 1 heures du soir, et les deux minima à 4 heures de l'après-midi et du matin.

M. Ramond a prouvé également que dans nos climats la hauteur moyenne de la journée est à midi et demie; ainsi, au lieu de faire d'heure en heure une observation et de tirer la moyenne de ces vingt-quatre observations, pour avoir la hauteur moyenne de la journée , il suffit d'examiner la hauteur du baromètre à midi et demie. Peur avoir la hauteur moyenne du mois, on additionne les moyennes des jours , et on divise cette somme par le nombre des jours. Pour celle de l'année on additionne les douze moyennes mensuelles, et on les divise par douze.

Les variations horaires ont fort peu d'amplitude; elles s'accomplissent dans une longueur évaluée à 2"", 5 depuis le maximum du matin jusqu'au minimum du soir, intervalle qu'on appelle la grande période , parce qu'entre le maximum du soir et le minimum du malin la différence est moindre que 1°"°.

Les variations horaires résultent des changements de température qu'éprouvent quotidiennement les diverses parties des continents , que l'on peut considérer comme formés par une série de plateaux diversement élevés. En effet , si en un lieu pris à

une hauteur moyenne dans l'intérieur des terres, la température s'élève , Tair en se dilatant va couler de bas en haut vers les lieux plus élevés ; si au contraire la température s'abaisse , l'air augmentant de densité , coulera de haut en bas vers les lieux inférieurs. Dans les deux cas il y aura diminution de pression : donc au moment le plus chaud et au moment le plus froid de la journée, c'est-à-dire vers 3 heures du soir et du matin , le baromètre atteindra ses minima , tandis que vers 9 heures du malin et du soir, époques des températures moyennes, il atteindra ses deux maxima. D'après cela aussi , la pression barométrique est plus grande en été qu'en hiver, sur les montagnes , et dans les lieux bas , au contraire, plus grande en hiver qu'en été. De même, dans les lieux bas, le baromètre montera par un vent froid et baissera par un vent chaud. II éprouvera des effets contraires dans les régions hautes.

lo2. PRESSION. D'après ce que nous venons de voir, toute surface placée au niveau des mers supporte habituellement pour pression atmosphérique le poids d'une colonne de mercure de même base que celte surface et qui aurait pour hauteur 0",76. Le mercure étant 15,59 fois plus pesant que l'eau , celle colonne de 0™,76 de mercure équivaut à une colonne d'eau de même base et qui aurait pour hauteur 0"j76 X 13,59 = 10", 5284 ou 52 pieds environ.

Connaissant la hauteur de cette colonne d'eau, il nous est facile d'évaluer le poids supporté par une surface de grandeur quelconque. La pression exercée sur un décimètre carré , par exemple, sera égale au poids d'une colonne d'eau dont le volume serait 10'°'^'"%528 X 1 décimètre carré ou 105''"-,28 X P = 105,280 décimètres cubes. Or, 1 décimètre cube ou 1 litre d'eau pèse 1 kilogramme; donc le poids que supporte celle surface d'un décimètre carré est de 105'''H'"^j280. Un mètre carré de surface, contenant 100 décimètre carrés, supporterait un poids cent fois plus grand qu'un décimètre carré j c'est-à-dire un poids de 10528 kilogrammes. C'est ce poids énorme que supporte un homme de taille ordinaire , dont le corps présente environ cent décimètres carrés de surface. On serait porté à croire que ce poids si considérable devrait écraser le corps , si l'on ne faisait attention que les gaz qui se trouvent dans l'intérieur du corps, font équilibre par leur

élaslicilé à la pression c-xlérieure. Une mouche commune, dont le corps a à peu près un centimètre carré de surface, supporte

IQ5i.il. 280 par conséquent un poids de , ou l'"'-,052. Un éléphant

de taille moyenne a environ 9 mètres carrés de surface; la pression qu'il supporte est donc de lOS'^SSSO X 900 = 929S2 kilogrammes.

La circonférence de la terre est de 40000000 •"'■'ffs, et par con-

sequent sa surface :=: -^ — rr^o"* Ithaque meire carre compris

dans celle énorme surface supporte le poids de 10528 '*''■ , donc

le poids de l'atmosphère entière = 10328^''- ( -- — ; — - — ). Ce *^ N. 3,14139 y

poids est d''environ cent mille millions de millions de fois mille

kilogrammes , et ne forme pas la T^-^rrrr partie de la masse du

globe terrestre.

155. EQUILIBRE. Si les gaz n'étaient point pesants , obéissant à la force répulsive de leurs molécules , ils exerceraient des pressions égales sur tous les points des parois des vases qui les renferment. C'est ce qui arrive en effet datis les vases de peude capacité , dont la quantité de gaz qu'ils contiennent a si peu de poids, qu'on peut le considérer comme nul.

Lorsque le volume des gaz devient considérable, les pressions qu'ils exercent dans tous les sens ne sont plus égales et dépendent des profondeurs du point pressé , au-dessous de la surface supérieure ; c'esl-â-dire , qtie les pressions exercées par le gaz sont d'autant plus grandes que la hauteur du gaz au-dessus de ce point est plus considérable. Tout ce qui a été dit des pressions exercées par les liquides sur les parois des vases qui les renferment est applicable aux pressions exercées par les gaz.

Le principe d'Archimède établi pour les liquides doit évidemment être aussi appliqué aux gaz ; donc tout corps plongé dans un gaz y perd une partie de son poids égale au poids du volume égal du gaz. Tout corps plus léger qu'un égal volume d'air s'élèvera dans l'atmosphère , et tout corps plus pesant qu'un égal volume d'air, tombera. C'est sur ce principe qu'est fondée la coqslruclion des aérostats.

154. Les aérostats consistent en un globe creux en taffetas ou en papier vernis , dans lequel on introduit un gaz plus le'ger que l'air. Le globe rempli de ce gaz sera, par conséquent , plus léger qu'un volume égal d'air, et devra s'élever dans TatraospLère. Inventés en 1782 parles frères Montgolfîer, sous le nom de Montgolfières, les ballons étaient d'abord remplis seulement avec de l'air échauffé; cet air chaud étant plus léger qu'un même volume d'air froid, produisait Teffet voulu. Pour remplir le ballon d'air chaud on ménage dans sa partie inférieure une ouverture au-dessous de laquelle est suspendu un vase en tissu métallique dans lequel brûle de la paille hachée, de la laine, du papier, ou un autre corps combustible. On emploie aussi quelquefois un vase contenant de l'esprit de vin allumé. L'air échauffé par la combustion de ces corps , pénètre dans le ballon et le remplit. Un physicien célèbre, Charles, imagina de remplir les ballons, non avec de l'air chaud, mais avec un corps gazeux beaucoup plus léger que l'air, avec de l'hydrogène. .Ce gaz ne pesant que les "/loo environ de ce que pèse un égal volume d'air offre des résultats extrêmement avantageux ; en effet 100 mètres cubes d'air pesant 129*=, 907, tandis que 100 mètres cubes d'hydrogène pèsent seulement 8ji,976, il est évident qu'un ballon de 100 mètres de capacité , rempli d'hydrogène, pourra s'élever encore, en entraînant même un poids de près de 120i.,969 , différence du poids des deux volumes d'air et d'hydrogène ; un ballon de 1000 mètres cubes rempli d'hydrogène pourrait enlever un poids de près de 1209^,69.

15d. Le pouvoir des ballons d'enlever des poids aussi considérables permet d'y suspendre des nacelles dans lesquelles de hardis navigateurs s'élèvent dans les airs. Le physicien Charles, accompagné de Robert, fut le premier qui entreprit un pareil voyage, exécuté depuis par plusieurs personnes. Beaucoup de physiciens, poussés par l'amour de la science, se sont élevés en ballon dans les hautes régions de l'atmosphère, pour y faire leurs observations. Dans un second voyage aérostatique que fit M. Gay- Lussac, cet illustre physicien s'éleva à la hauteur de 7000 mètres, c'est-à-dire, au-delà du point le plus élevé auquel aucun homme soit jamais parvenu avant lui. Parti de Paris, M. Gay-Lussac arriva en 6 heures à Rouen, riche d'un grand nombre d'observations scientifiques.

A la bataille de Fleurus , on se servit d'un ballon captif pour observer les positions de renncmi. En 1804, un ballon lancé à Paris, arriva en 24 heures à Rome, et y annonça le couronnement de l'empereur Napoléon par le pape.

Il ne faut pas remplir complètement le ballon de gaz hydrogène; en effet , si le ballon était plein de gaz au moment de son départ, comme la pression atmosphérique diminue à mesure qu'on s'éloigne plus de la surface de la terre , en s'élevant il se gonflerait et finirait par crever. Les aéronautes forcent leurs ballons à s'élever ou à s'abaisser selon leur volonté. Ils emportent uo lest consistant en im assemblage de petits sacs remplis de sable : lorsqu'ils veulent s'abaisser ils rendent le ballon plus pesant en laissant échapper «lu gaz au moyen d'une soupape dont il est muni, et qui porte une corde dont l'extrémité pend dans la nacelle. Si le ballon ainsi alourdi, vient à prendre une trop grande vitesse, on ralentit son mouvement , en jetant une partie du sable servant de lesf. C'est également ce que l'on fait lorsque , étant près de terre, on voit que le lieu n'est pas favorable pour y aborder; on jette alors assez de lest pour pouvoir s'élever de nouveau et aller descendre ailleurs. Quelquefois pour descendre, on se conCe au parachute, grand appareil de la forme du parapluie , inventé par Garnerin , et dont la forme ralentit la chute par la grande résistance que lui oppose l'air. 156. LOI DE COMPRESSIBILITÉ. Celte loi qui porte le nom de Mariotle qui la découvrit, a pour objet de déterminer les volumes des gaz , aux différentes pressions qu'ils supportent.

Ayant un tube ab (f. 163) fermé en a , versez du mercure en m, de manière qu'il y ait de l'air renfermé en a : le mercure étant de niveau en a et en 6 , cet air est soumis à la pression de l'atmosphère : en versant du mercure en plus grande quantité , de sorte que la colonne du liquide dans h dépasse le niveau du liquide dans a de toute la hauteur barométrique actuelle, il est évident que le gaz supportera actuellement une pression de deux atmosphères. On remarque que, soumis à cette pression double de la première, il n'occupe plus que l'espace as, c'est-à-dire, qu'il a diminué de moitié. Si on le soumettait à une pression triple, en versant du mercure en quantité telle que le niveau dans b soit de deux hauteurs barométriques au-dessus du niveau dans a , on verrait le volume du gaz se réduire au tiers seulement du volume primitif. Le

tube amb doul on se sert pour faire ces expériences est fixé sur une planrhelle portant des divisions linéaires. On voit par ces expériences que , quelles que soient les pressions auxquelles on peat soumettre des gaz de nature quelconque , les vol urnes de ceux-ci sont toujours en raison inverse de ces pressions. D'après cela, pour des volumes égaux de gaz, les poids ou les densités de ceux-ci sont entre eux comme les pressions supportées. La loi de Marioltc s'énonce ainsi : les volumes des gaz sont toujours en raison inverse des pressions supportées. Cette loi est vraie pour tous les gaz, entre des limites très-étendues.

137. Comme les volumes des gaz dépendent des pressions auxquelles ils sont soumis , et que la pression atmosphérique varie sans cesse , il est évident que les quantités des gaz en poids contenues dans le même volume varieront continuellement. On ne saurait donc comparer entre elles les expériences faites sur les gaz aux différentes pressions atmosphériques (car les quantités de gaz n'étant pas les mêmes, les résultats différeraient aussi) à moins de ramener les volumes de ces gaz sous différentes pressions , à ceux qu'ils auraient eus sous une seule et même pression. Cette pression unique à laquelle on ramène toutes les autres, est celle de 0°',76, et c'est par l'application de la loi de Mariotte qu'on parvient à ce résultat voulu.

Soit V le volume d'un gaz soumis à une certaine pression p: on veut savoir quel sera le volume du gaz à la pression de 0",76. Les volumes étant en raison inverse des pressions, il est évident que pour résoudre la question , il suffit de poser la proportion indirecte 0™,76 ' p ' ' V ' X. De cette proportion l'on tire a; =

qui sera le volume du gaz à 0'",76.

On pourra donc toujours , étant connu le volume d'un gaza une pression quelconque, connaître le volume qu'aurait ce gaz sous la pression de 0'",76. Soit pris pour exempje la question suivante. On a 17 volumes d'un gaz à la pression de 0°,78, quel sera le volume du gaz à 0™,76. On aura la proportion indirecte 0'",76 *

0",78 [\ \7 ' x: d'où l'on tirera x =■ — — ^ — =17,43. Sous

la pression de 0™,76 le gaz occupera 17 volumes et -— .

158. Lorsque la force qui comprime un gaz diminue, ce gaz augmente de volume. C'est celte tendance continuelle à augmenter de volume que l'on appelle force élastique des gaz. L'effort que font les molécules gazeuses pour s'éloigner les unes des autres, est égal à la pression qu'elles ont endurée précédemment. C'est ainsi que , en bouchant la petite branche d'un baromètre à siphon , l'air qu'acné contient soutient par sa force élastique la colonne barométrique à la même hauteur que celle à laquelle l'avait élevée la pression atmosphérique. La force élastique de cet air est donc égale à la pression de l'atmosphère qu'il supportait précédemment , lorsque le tube n'avait pas encore été bouché.

Un gaz est en équilibre, chiique fois que sa force élastique est égale à la pression qu'il supporte.

D'après la loi de Mariotte et d'après ce que nous venons de dire, les forces élastiques des gaz sont donc en raison inverse de leurs volumes, pour une même masse de gaz. Si donc cette masse est ramenée à n'occuper que la moitié de son volume primitif, elle possède une force élastique double de la première. Il résulte de là que, pour des volumes égaux , les poids des gaz sont entre eux comme les pressions qu'ils supportent; car, pour une pression double, le même volume de gaz contiendra une masse double, c'est-à-dire qu'il aura une densité double. Etant donc/? dp' deux pressions différentes successives que supporte un gaz, feXf ses forces élastiques , *> et *>' ses volumes , et </ et d' ses densités , ou a les rapports indiqués ci-après :

!''/'!/''!!/•/'•* 2*» /? ; /s' ; >' : r . 5° /;/';; v' ! v. '*''' p'.p' '.\d\d'. ^o f -j' \\d\d'. e^did'y^v'-v.

139. Manomètre. On donne ce nom à un instrument dont la construction est fondée sur la loi de 3Iariotte, et qui a pour but de faire connaître la force élastique que possède une masse aériforme renfermée dans un espace clos. Soit a cet espace (f. 164) et faisons communiquer avec lui l'extrémité ouverte dda manomètre bcd dont l'extrémité 6 est fermée et dont le coude c contient du mercure. Soit bo l'espace qu'occupe dans cet appareil de l'air pris sous la pression de 0'",76j si le volume de cet air se réduit à '/a ^^ , 'jibo, l'on saura que la force élastique du gaz a s'est élevée à 2, à 4 atmosphères. 11 faut tenir compte des changements de niveau que peut

cprouver le mercure el des changements de volume que le gaz éprouve

lui-même de la part des températures qu'il subit.

160. ATMOSPHÈRE. Un volume de mercure pèse 10462 fois autant que le même volume d'air pris à la surface de la terre. Si donc l'air avait partout la même densité que sur la surface du globe (c'est-à-dire , si le même volume d'air avait le même poids, dans toutes les parties de l'atmosphère) , il est évident que la hauteur de l'atmosphère serait 10462 fois aussi grande que celle de la hauteur barométrique qui lui fait équilibre. Or celle-ci est de0™76. L'atmosphère aurait donc pour hauteur 0'°,76 X 10462 = 7951 mètres, c'est à-dire, environ deux lieues. Mais l'air étant pesant et compressible, il est évidemment impossible qu'il ait partout la même densité; car les parties inférieures supportant le poids de toutes les parties supérieures, doivent êlre beaucoup plus comprimées que celles-ci 5 qui supportent des pressions d'autant moindres qu'elles sont plus élevées. Donc l'air devient moins dense à mesure qu'on s'éloigne d'avantage de la surface de la terre ; c'està-dire, que le même volume d'air pris à des hauteurs diflférenles de l'atmosphère, pèse d'autant moins qu'il a été prisa des élévations plus considérables. Puisque les parties supérieures de l'atmosphère sont plus légères que la partie qui louche la surface de la terre, il est évident que la hauteur de l'atmosphère est beaucoup plus grande que celle de deux lieues, que nous avions calculée d'abord: elle est d'environ 11 lieues. Au-delà est le vide, dans l'immensité duquel nage la multitude des globes^

161. Soit ab (f. 163) la hauteur de l'atmosphère: concevons celle-ci partagée en couches égales et assez étroites pour que la densité de l'air soit la même dans toute l'épaisseur d'une couche, et ne puisse varier que de Tune à l'autre. La couche inférieure, supportant le poids de toute l'atmosphère, devra être beaucoup plus pesante, plus dense qu'une autre couche quelconque qui ne supporte que le poids de celles placées au-dessus. Il est facile de démontrer que, tandis que les hauteurs de ces couches suivent une progression arithmétique croissante, leurs densités suivent une progression géométrique décroissante.

En effet, soit p le poids de toute l'atmosphère que supporte la surface de la terre; soit ^' le poids de toute la colonne d'air qui pèse sur la première couche inférieure, p^' celui de la coloune

d'air que supporte la deuxième couche etc. ; il est évident que le poids propre de la première couche sera exprimé par p — /a', celui de la seconde par p' — p" , celui de la troisième par p" — p"[^ et ainsi de suite ; soit dla densité de la première couche, J' celle de la seconde, et d" celle de la troisième, etc. D'après la loi de Mariette, nous savons que les densités des gaz sont proportionnelles aux pressions qu'ils supportent, de sorte que nous pouvons poser la proportion d\ d' \'p' !^"; d'ailleurs les densités des couches sont évidemment entre elles comme leurs poids puisqu'elles ont toutes le mêraq volume , et l'on a la proportion directe p — p' \ p' — p" W d\ d' ; en comparant ces deux proportions on voit qu'elles ont un rapport commun que l'on peut par conséquent supprimer , et il en résulte la nouvelle proportion p — p' * p' — p" W p' \ p"; faisant dans cette proportion le produit des extrêmes égal au produit des moyens , l'on obtient l'équation pp" — p'p" = p'^ — p'p" 1 *t supprimant le terme commun — p' p'' l'on obtient enfin pp" = p'^ ; mettant cette équation sous la forme de proportion, elle devient p \ pi ' \ pi \ p*' ; en opérant sur les seconde et troisième couches comme nous venons d'opérer sur les première et seconde, on obtiendrait yo^ \ pi' \\ pH \plll \ les troisième et quatrième couches donneraient pour résultat de leur comparaison pH \ pin \ \ pii' \ pim .

En comparant entre elles ces diverses proportions , on voit que les termes forment entre eux une progression géométrique décroissante ~\p'.pi ■ pli I pin etc.

Les termes de cette progression expriment les diverses pressions exercées sur les différentes couches atmosphériques, et nous savons d'ailleurs que les densités des gaz sont entre elles comme les pressions supportées : les densités suivent donc aussi une progression géométrique décroissante et l'on a ^ d \ dl [ du [ dm. D'ailleurs les couches atmosphériques étant toutes égales , leurs élévations suivent évidemment une progression arithmétique. Donc, pour des hauteurs dans l'atmosphère qui suivent une progression arithmétique, les densités de Tair suivent une progression géométrique décroissante. Or les densités des diverses couches de l'atmosphère sont indiquées par les hauteurs auxquelles la colonne barométrique s'élève dans chacune d'elles. De là le moyen de déterminer les hau-teurs dans l'atmosphère , par le baromètre.

162. Mesure des hauteurs par le baromètre. Le mercure étant 10462 fois aussi lourd que l'air pris à la surface de la terre, en admettant que l'air ait partout la même densité , il est évident que, pour chaque millimètre dont la colonne barométrique s'abaisserait, il faudrait une élévation dans l'air de 10462 X i°"°ou de 10", 5 environ. Ainsi une tour., ku sommet de laquelle la colonne barométriqiie serait de 2™™ moindre qu'elle n'était au pied de la tour, devrait nécessairement avoir 21™ de hauteur.

Mais l'air diminue de densité à mesure qu'on s'élève, et nous avons vu que ces densités suivent une progression géométrique décroissante pour des hauteurs eu progression arithmétique. Or l'on sait que les logarithmes sont dés nombres en progression arithmétique qui correspondent à des nombres en progression géométrique. Donc les hauteurs dans l'atmosphère peuvent être considérées comme les logarithmes des hauteurs baromélriques correspondantes. On prend ces logarithmes dans les tables ordinaires, mais en les muliipliant par un coefficient constant dépendant du rapport des densités de l'air et du mercure , rapport qui pour de l'air pris à la surface de la terre, est 10462 | 1. Ce coefficient corrigé de la décroissance de la densité de l'air et de la diminution de la pesanteur est , pour la latitude de 43°, de 18393. Ainsi, pour déterminer l'élévation d'un lieu au-dessus d'un autre, il faut observer sous des conditions aussi égales que possible, la hauteur H du baromètre au lieu inférieur, celle h du baromètre au lieu supérieur, et résoudre la formule x = 1 SôQô"" (log. H — log. h) =

18393" (log. -- ). Dans cette formule on introduit encore les corn'

rections qu'exigent les changements de température qu'éprouvenl

l'air et le mercure, aux diverses hauteurs, et les variations delà

pesanteur aux diverses latitudes. D'après ces corrections , on a

dressé des tables qui donnent facilement la hauteur d'un lieu ,

par l'observation barométrique.

Cherchons maintenant quelle est , à peu près, la hauteur de la

couche d'air dont la densité esl réduite à Yôô'o de ce qu'elle est à la surface de la terre. Au niveau de la mer , pour la densité

de 1 , on a H = 0°',76 : donc pour la densité de 7373 on aura h = O'»,00076. On aura ainsi x = iSSgS" (log. ~^^) =

laSDâ" (log. 1000) — 18395™ X 5 = 55179'" ou environ 11 lieues et demie.

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