‹ Cours de physiqueChapitre 67 sur 158 · FUSIBILITÉ · texte numérisé non relu

FUSIBILITÉ

556. La fusibilité est la propriété qu'ont les corps solides de devenir liquides quand ils sont soumis à une température suffisamment élevée. Cette propriété est due à ce que le calorique, s'interposant aux molécules des corps , les éloigne les unes des autres, et diminue ainsi la cohésion des solides au point qu'ils deviennent alors liquides. La fusion des corps solides s'opère à des températur<;s très-diverses , mais constantes pour chaque espèce de corps. C'est ainsi que :

Le mercure fond à — 59° centigrades.

L'huile de térébenthine ... — 10° *

La glace 0° »

Le suif 33° »

Le phosphore 45° »

Le potassium 58° *

La cire blanche 68° »

Le sodium 90° »

L'iode 107° »

Le soufre 109° »

L'étain 228° »

Le plomb 522° »

Le ziac 574° »

L'antimoine 452° »

L'argent 999° »

Le cuivre 2350° »

L'or 2894° »

Le fer 11400° »

557. Il n'y a aucun doute que, si l'on pouvait produire des températures assez élevées , on parviendrait à fondre tout corps solide. Ceux sur lesquels on n'a pas encore pu produire cet effet sont appelés fixes, infusibles ou réfractaires.

Le platine, le palladium, quelques autres métaux, la silice et l'alumine ne fondent pas à la chaleur si considérable de nos feux de forge ; mais ces substances se fondent sous l'action du gaz oxi-hydrique , c'est-à-dire , lorsqu'on dirige sur eux un courant enflammé de gaz formé d'un mélange de 1 volume d'oxigène et 2 volumes d'hydrogène.

La température à laquelle un corps se fond est précisément celle à laquelle il peut se solidiOer quand il est liquide. La différence entre les points de fusion et de congélation d'une même substance n'est pas appréciable. De même que quelques solides échappent à la fusion , il est quelques liquides que nous ne pouvons refroidir assez pour les congeler ; tels sont l'alcool et l'éther.

Chaque fois qu'un corps se liquéfie, il. absorbe, sans s'échauffer, une quantité considérable de calorique, que nous déterminerons plus loin sous le nom de calorique latent. En se solidifiant, le liquide abandonne ce calorique qu'il contenait comme élément de son état liquide.

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