ÉBULLITION
343. On appelle ainsi le phénomène qui se manifeste lorsque do
la yapeor se formaDt au seia d'une masse liquide , s'échappe à travers celle-ci sous forme de bulles gazeuzes. Pour que les bulles puissent se former , il faut évidemment que la force élastique de la vapeur qui les compose soit égale à la pression supportée. C'est de cette égalité, essentiellement nécessaire, entre la tension de la vapeur qui se forme et la pression supportée , que dépend le point d'ébullition des divers liquides ; un liquide entrera en ébullitioD chaque fois que la tension de sa vapeur sera égale à la pression qu'il supporte.
344. D'après cela, le point d'ébullition d'un liquide, c'est-àdire le degré thermométrique auquel il bouillira, varie avec la pression qu'il supporte. Ainsi, la pression atmosphérique étant moins considérable à mesure qu'on s'élève davantage , l'eau bouillira plus rapidement sur une haute montagne qu'au niveau de la mer. Ce n'est pas seulement selon les lieux que variera le point d'ébullition d'un liquide; car la pression atmosj)hérique changeant sans cesse , le degré d'ébullition variera aussi dans un même lieu, mais très-légèrement. Le tableau suivant indique les degrés du thermomètre auxquels l'eau devient bouillante en différents lieux de la terre, étant 100° le point d'ébullition au niveau de la mer, (c'est-à-dire à 0" , 76 de pression).
Lieux. Haut, au-dessus du niv.
delà mer.
Points d'ëbuU,
Berlin.
40 mètres
Rome. (Capi
îtole)
Paris. (Observât.)
Milan.
Vienne.
Lyon.
Prague.
Moscou.
Plombières.
Madrid.
Hosp. du St.<
Golhard.
Mexico.
Quito.
Micuipampa
Mont-Blanc.
345. Ea faisant plus ou moins parfaitement le vide dans un yase où se trouve de l'eau , celle-ci peut entrer en ëbullitiun même à une température très-basse , puisque la pression qu'elle supporte devient nulle ou très-faible. En effet , qu'on fasse bouillir de l'eau dans un ballon de verre , qui en est rempli à moitié j par Tébullition de l'eau , tout l'air contenu dans le ballon en est chassé , el celui-ci ne contient plus que de la vapeur dans sa partie supérieure : qu'on renverse alors le ballon , après en avoir bouché le col, de manière que celui-ci plonge dans l'eau froide, et que par conséquent il ne puisse rentrer d'air dans le ballon ainsi renversé; par le refroidissement du ballon , il se condense une partie de la vapeur qui en remplit la partie supérieure, en sorte qu'il s'y fait un vide imparfait : l'eau qui se trouve dans le partie inférieure du ballon entre alors en ébullilion par suite de la faiblesse de la pression qu'elle supporte.
On peut, d'après le même principe, faire bouillir de l'eau même à 0° au moyen de l'expérience suivante. Soit placé dans le récipient de la machine pneumatique un petit vase à large surface, rempli d'eau, et au-dessous duquel se trouve une cuvette contenant de l'acide sulfurique : en faisant le vide dans le récipient , Teau ne supporte plus de pression , et entre par conséquent en ébullition. C'est afin qu'il existe toujours sous le récipient un vide parfait , qu'on y place de l'acide sulfurique , destiné à absorber la vapeur d'eau à mesure qu'elle se forme. Il se produit dans cette expérience un effet secondaire qui la rend très-remarquable : c'est qu'en même temps que l'eau bout, elle se congèle à sa partie inférieure , et qu'on obtient ainsi sous l'eau bouillante un petit culot de glace. Cela est dû à ce que l'eau qui se vaporise absorbe aux parties voisines une quantité considérable de calorique latent, et les refroidit assez pour qu'elles se convertissent en glace.
On peut échauffer à des températures bien élevées de l'eau soumise à une forte pression , sans qu'elle puisse bouillir. C'est ce qu'on fait dans la marmite de Papin , qui consiste en un vase à parois métalliques , épaisses et fort résistantes , dont l'ouverture est fermée par une soupape chargée de poids. C'est sur ce principe que repose l'emploi des chaudières fermées , appelées autoclaves : elles doivent toujours être munies de soupapes.