VARIATIONS DIURNES
443. Outre les variations annuelles dont nous venons de parler , l'aiguille de déclinaison subit encore des variations diurnes; pour observer ces variations , qui sont très-faibles, on se sert d'une longue aiguille, suspendue par un fil de soie plate à des montants en cuivre très-pur, au-dessus d'un bloc de marbre blanc et recouvert d'une cage de verre ; aux deux extrémités du bloc de marbre s'élèvent des montants en cuivre rouge supportant des lunettes, au moyen desquelles on observe les mouvements de l'aiguille. On a observé ainsi qu'à Paris, au lever du soleil, le pôle austral (c'est-à-dire la pointe nord) de l'aiguille marcbe vers l'ouest jusque vers midi ; c'est entre midi et trois heures que la déclinaison atteint son maximum; puis le pôle austral revient vers sa position première (vers Test) jusque vers dix heures du soir. L'aiguille reste alors stationnaire jusqu'au lendemain matin. On peut exprimer ce mouvement diurne de l'aiguille en disant que le pôle austral semble fuir le soleil.
On appelle amplitude de la variation diurne l'angle que l'aiguille parcourt depuis sa position du matin jusqu'à son maximum de déclinaison occidentale. Cet angle varie chaque jour. La valeur moyenne paraît être de 14' pendant les six mois d'été, et de 9' seulement pour les six mois d'hiver. Dans les régions plus septentrionales que Paris, les déviations diurnes sont plus fortes et moins régulières. Dans l'hémisphère méridionale du globe, la variation diurne se fait dans le sens inverse de celui qu'elle suit dans notre hémisphère. En effet, pendant la matinée le pôle austral marche vers l'est , puis retourne vers sa position première jusqu'à la nuit, pendant laquelle l'aiguille reste stationnaire. Les déviations diurnes sont d'autant plus faibles qu'on s'éloigne davantage des pôles de la terre. A l'équateur elles sont presque nulles.