DK LA LIBERTE DE LA PRESSE. I
de proclamations dirigées contre lui serait suivi d'une punition sévère. Cette réserve que les lois commandent, est motivée sur une considération d'une haute importance.
La neutralité du pouvoir royal, cette condition indispensable de toute monarchie constitutionnelle, à laquelle je reviens sans cesse, parce que toute la stabilité de l'édifice repose sur cette base, exige également que ce pouvoir n'agisse pas contre les citoyens et que les citoyens n'agissent pas contre lui. Le roi en Angleterre, l'empereur en France, le dépositaire de l'autorité monarchique chez tous les peuples, sont hors de la sphère des agitations politiques. Ce ne sont pas des hommes, ce sont des pouvoirs. Mais de même qu'il ne faut pas qu'il redeviennent des hommes, sans quoi leur fonction serait dénaturée, il ne faut pas non plus qu'ils puissent être attaqués comme d'autres hommes. La loi garantit les citoyens de toute agression de leur part : elle doit aussi les garantir de toute agression de la part des citoyens. Outragé dans sa personne, le chef de l'État redevient un homme. Si vous attaquez l'homme, l'homme se défendra, la constitution sera détruite l.
• Comme je ne veux pas être accusé d'avoir abjuré mes opinions, je rappellerai ici, ([n'en défendant la liberté de la presse, j'ai toujours demandé la punition des libelles et des écrits incendiaires, et je transcris mes propres paroles.
Les principes qui doivent diriger un gouvernement sur cette question, sont simples et clairs. Que les auteurs soient responsables de leurs écrits, quand its sont publiés, comme tout homme l'est de ses paroles, quand elles sont prononcées; de ses actions, quand elles sont commises. L'orateur i/ui prêcherait le vol, le meurtre ou le pillage, serait puni de ses discours. Donc l'écrivain qui prêche le meurtre, le pillage, ou le vol, doit être puni. — De la liberté des brochures, des pamphlets et des journaux, 2° édit.. p. 72. Paris, 1814. — Je disais ailleurs : Le long parlement invoqua les principes de la liberté de la presse, en leur donnant une latitude exagérée et une direction absolument fausse, puisqu'il s'en servit pour faire mettre en liberté des libellules condamnés par les tribunaux, ce qui est absolument contraire à ce que nous entendons par liberté de la presse ; car tout le monde désire que les tribunaux exercent une action sévère contre les libiilistes. — Observ. sur le discours de M. de Montesquiou, p. 45. Paris, 1814. — Dans ce cas-ci. comme dans les autres, ce que je pensais, je le pense, et je ne demande que ce que je demandais.