‹ Cours de politique constitutionnelleChapitre 35 sur 128 · PRÉFACE DE I-A PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE I-A PREMIÈRE ÉDITION

n'ayant cessé de l'être qu'illégalement, sa voix, de quelque peu d'importance qu'elle fût d'ailleurs, aurait l'avantage de rompre cette unanimité prétendue qui fait l'étonnement et le blâme de l'Europe, et qui n'est que l'effet de la terreur des Français. Il ose affirmer, avec une conviction profonde, qu'il n'y a pas dans ce livre une ligne que la presque totalité de la France, si elle était libre, ne s'empressât de signer.

Il a, du reste, reti'anché toutes les discussions de pure théorie, pour extraire seulement ce qui lui a paru d'un intérêt immédiat. D aurait pu accroître cet intérêt par des personnalités plus directes ; mais il a voulu conserver* avec scrupule ce qu'un profond sentiment lui avait dicté, quand la terre était sous le joug. Il a éprouvé de la répugnance à se montrer plus amer, ou plus hardi contre l'adversité méritée, que contre la prospérité coupable. Si les calamités publiques laissaient à son âme la faculté de s'ouvrir à des considérations personnelles, il lui serait doux de penser que lorsqu'on a voulu travailler sans contradicteurs à l'asservissement général, on a trouvé nécessaire d'étouffer sa voix.

Hanovre, ce 31 décembre 1813.

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